ConflitGuerre au Moyen-Orient : frappes généralisées, marchés en chute et pétrole à 90 dollars
Cette huitième journée de conflit a confirmé ce que beaucoup redoutaient : la guerre dépasse désormais largement le cadre israélo-iranien. Les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté neuf missiles balistiques et 109 drones sur 112 détectés — mais trois appareils ont tout de même atteint le territoire national. L'Arabie saoudite a intercepté trois missiles balistiques au-dessus d'un complexe militaire au sud de Riyad. Au Qatar, des bâtiments abritant des membres de la marine qatarienne à Bahreïn ont été visés. À Bagdad, deux drones se sont écrasés dans l'enceinte d'une base militaire de l'aéroport.
Les Gardiens de la révolution iraniens revendiquent cette 23e vague de frappes depuis le samedi précédent, affirmant cibler en représailles une base aérienne américaine aux Émirats — qu'ils accusent d'avoir servi au bombardement d'une école primaire de filles à Minab, en Iran, faisant au moins 175 morts dont de nombreux enfants selon le Croissant-Rouge iranien. Chaque camp justifie ses frappes par celles de l'autre, dans une spirale qui s'alimente elle-même.
Pendant que les regards se tournent vers l'Iran, le Liban subit une dévastation méthodique. L'armée israélienne dit avoir bombardé dans la banlieue sud de Beyrouth un centre de commandement des Gardiens de la révolution et trois autres appartenant au Hezbollah. Depuis lundi, 217 personnes ont été tuées et 798 blessées selon le ministère de la santé libanais — un bilan alourdi dans la soirée par neuf nouveaux morts dans la plaine de la Bekaa.
L'ONG Norwegian Refugee Council estime à 300 000 le nombre de déplacés au Liban depuis le début des frappes. Deux Casques bleus ghanéens ont été grièvement blessés dans l'attaque à la roquette de leur quartier général dans le sud du pays, l'origine des tirs n'ayant pas été précisée.
La guerre ne restera pas cantonnée au Moyen-Orient. Les marchés financiers l'ont intégré dès l'ouverture de Wall Street vendredi, avec une chute marquée des indices. Le baril de brut américain, qui s'échangeait autour de 67 dollars il y a une semaine, a franchi 90 dollars pour la première fois en plus de deux ans — une hausse de plus de 30 %. L'essence sans plomb aux États-Unis atteint 3,32 dollars le gallon, en progression de 11 % depuis le début du conflit.
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, reste en pratique fermé en raison des attaques. Un haut responsable qatari a averti dans le Financial Times de perturbations durables de la production énergétique. Pour les économies déjà fragilisées, la flambée des prix de l'énergie menace d'être le deuxième choc de ce conflit — après le choc humain.
Alors que les bombes tombent, des fils diplomatiques semblent se tisser discrètement. Le président iranien Masoud Pezeshkian a évoqué des « efforts de médiation » entamés par certains pays sans les nommer. Selon des responsables américains, le ministère du renseignement iranien aurait contacté la CIA par des intermédiaires pour discuter de conditions possibles d'une sortie de crise.
Ces signaux restent fragiles, et la rhétorique guerrière les écrase à peine nés. La porte-parole de la Maison Blanche a dû clarifier les déclarations du président américain en affirmant que ses conditions — la fin de toute menace iranienne perçue et l'accomplissement des objectifs de l'opération — seraient remplies « que l'Iran le reconnaisse ou non ».
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LE POINT A 13 H

