Moyen-OrientGuerre contre l’Iran : Mojtaba Khamenei « sain et sauf », affirme Téhéran
Le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, est « sain et sauf », ont assuré des responsables proches du pouvoir à Téhéran. L’information a été relayée par Yousef Pezeshkian, fils du président iranien et conseiller du gouvernement, qui affirme avoir vérifié l’état de santé du dirigeant auprès de contacts disposant de liens directs avec l’entourage du régime. Mojtaba Khamenei, qui n’est pas apparu en public depuis sa désignation, aurait été blessé lors du raid qui a tué son père, Ali Khamenei, au premier jour de l’offensive israélo-américaine, le 28 février. Les détails sur la gravité de ses blessures restent inconnus, mais plusieurs sources indiquent qu’il serait conscient et placé dans un lieu hautement sécurisé avec des communications limitées.
Cette mise au point intervient alors que la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël continue de s’intensifier dans toute la région. Durant la nuit, Téhéran a affirmé avoir lancé « l’attaque la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre », tirant une salve de missiles visant notamment le sud de Tel-Aviv, l’ouest de Jérusalem et Haïfa. Des installations militaires américaines ont également été visées au Kurdistan irakien, ainsi qu’à Bahreïn et au Koweït, dans le cadre d’une riposte régionale aux frappes américano-israéliennes.
Israël a répliqué par de nouvelles frappes sur l’Iran. Des explosions ont été entendues durant la nuit à Téhéran, notamment dans le nord et l’ouest de la capitale, déjà secouée par des bombardements les jours précédents. L’armée israélienne affirme viser des infrastructures du régime iranien. Parallèlement, de nouveaux raids ont frappé la banlieue sud de Beyrouth, où Israël dit cibler des installations du Hezbollah. Ces bombardements aggravent la crise humanitaire au Liban, où près de 700 000 personnes ont été déplacées selon les Nations unies.
Le conflit s’étend également aux États du Golfe. L’Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté deux drones visant le champ pétrolier de Shaybah et neutralisé sept missiles balistiques, dont six dirigés vers la base aérienne Prince Sultan qui abrite des militaires américains. Les Émirats arabes unis, le Koweït et le Qatar ont également signalé l’interception de missiles et de drones dans leur espace aérien.
La tension se concentre particulièrement autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Les États-Unis ont annoncé avoir détruit seize navires iraniens capables de poser des mines à proximité de cette voie maritime. Washington affirme que Téhéran se préparait à miner le détroit pour perturber le commerce mondial d’énergie, ce qui a conduit la Maison Blanche à ordonner des frappes préventives contre ces capacités. Donald Trump a averti que toute tentative iranienne de bloquer la voie maritime entraînerait des « conséquences militaires sans précédent ».
Dans les faits, le trafic maritime est déjà fortement perturbé. Le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz est largement ralenti par crainte d’attaques de drones ou de missiles. Deux cargos ont signalé avoir été touchés par des projectiles dans la région, dont l’un directement dans le détroit, provoquant un incendie et l’évacuation de l’équipage.
Face à la flambée des prix de l’énergie provoquée par ces tensions, l’Agence internationale de l’énergie prépare un déblocage exceptionnel de réserves stratégiques. Selon plusieurs sources, cette opération pourrait dépasser les 182 millions de barils libérés en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, afin de stabiliser les marchés.
Le bilan humain continue de s’alourdir. Les frappes américaines et israéliennes auraient fait environ 1 300 morts en Iran, tandis que les attaques iraniennes dans la région ont causé au moins une trentaine de morts. Au Liban, les bombardements israéliens ont fait plus de 500 victimes. Le Pentagone a également confirmé la mort de sept militaires américains et 140 blessés, dont huit dans un état grave.
Au total, le conflit aurait déjà fait plus de 1 800 morts et provoque une instabilité croissante au Moyen-Orient, avec un élargissement des frappes à plusieurs pays du Golfe, une perturbation du trafic maritime mondial et une forte volatilité des marchés énergétiques, tandis que les déclarations contradictoires à Washington sur la durée et les objectifs de la guerre entretiennent une grande incertitude stratégique.
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