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Comptes nationaux
HCP : le pouvoir d’achat des ménages a progressé de 5,1 points en 2024

08.12.2025 à 08 H 38 • Mis à jour le 08.12.2025 à 17 H 23 • Temps de lecture : 5 minutes
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Dans un supermarché à Casablanca. Crédit : Le Desk

Le pouvoir d’achat des ménages a connu une amélioration notable en 2024, avec une progression de 5,1 points, contre seulement 1,8 point en 2023. Cette évolution est liée à une inflation faible, limitée à 0,9 % sur l’année, permettant au revenu réel des familles de retrouver une dynamique positive après deux années de tensions sur les prix. Selon la note officielle des comptes nationaux des secteurs institutionnels du Haut-Commissariat au Plan (HCP), cette amélioration du pouvoir d’achat confirme un retour progressif à la normale après la séquence inflationniste de 2022-2023.


Le revenu disponible brut (RDB) des ménages a augmenté de 6,7 % en 2024 pour atteindre 1 059,7 milliards de dirhams (MMDH), un niveau inédit. La rémunération des salariés représente 45,3 % de ce revenu, avec une progression équivalente, et le revenu mixte – qui inclut l’excédent brut du service de logement – pèse 39,4 % et progresse de 4 %. Les revenus de la propriété ont enregistré une forte hausse de 10,6 %, tandis que les prestations sociales et transferts ont renforcé la structure du revenu disponible. Ces composantes ont exercé un effet positif sur le pouvoir d’achat global des ménages, malgré la pression exercée par les impôts sur le revenu et les cotisations sociales, qui ont pesé négativement à hauteur de 17,6 % sur le revenu disponible net.


La consommation des ménages a absorbé 89,2 % du revenu disponible brut, confirmant une reprise des dépenses de biens et services. Le taux d’épargne s’est hissé à 11,3 % contre 10,5 % en 2023, traduisant une amélioration des marges financières des familles. Par habitant, le revenu disponible a atteint 28 808 dirhams, soit une hausse de 6 % sur un an, renforcée mécaniquement par la modération des prix. La consommation finale effective des ménages, intégrant les transferts sociaux en nature, a atteint 1 080 MMDH, en nette progression par rapport à l’année précédente.


Les sociétés financières et non financières demeurent les premiers producteurs de richesse au Maroc, avec une contribution de 45,7 % au PIB. Elles concentrent également 59,2 % de l’investissement national ainsi que 60,3 % de l’épargne, confirmant leur rôle central dans le financement, l’accumulation du capital et la dynamique productive du pays. À l’inverse, la contribution des administrations publiques au PIB s’est fixée à 14,8 %, tandis que celle des ménages et institutions sans but lucratif oscille autour de 28,4 %. Le revenu national brut disponible (RNBD) a atteint 1 709,1 MMDH, en hausse de 7,7 %, dont 63,1 % reviennent aux ménages et ISBLSM, 20,3 % aux administrations publiques et 16,6 % aux sociétés.


L’épargne nationale s’est élevée à 461,7 MMDH en 2024, en progression de 11,6 % sur une année. La formation brute du capital fixe (FBCF) a augmenté de 13,9 % pour atteindre 422,5 MMDH, reflétant une nette reprise des investissements productifs, dominés par les sociétés à hauteur de 59,2 %. Les ménages contribuent à 26,1 % de l’investissement et les administrations publiques à 14,7 %. Cette configuration confirme une accélération de l’effort d’accumulation et une amélioration du climat d’investissement en 2024.


Le besoin de financement de la nation s’est établi à 18,5 MMDH, soit 1,2 % du PIB, en légère dégradation par rapport à 2023. Cette situation provient du basculement des sociétés non financières, qui passent d’une capacité de financement positive à un besoin net de financement d’environ 8,2 MMDH. Les administrations publiques ont réduit leur besoin de financement, tandis que les ménages ont vu leur capacité de financement s’améliorer de manière significative.


Le Trésor a eu recours à un endettement intérieur en nette progression, avec un flux net de 48,8 MMDH, tandis que l’endettement extérieur a augmenté de 19 MMDH. Les sociétés financières ont, pour leur part, enregistré une forte hausse des dépôts et une baisse des crédits, témoignant d’une meilleure liquidité à l’échelle du système financier. Les ménages ont bénéficié d’une légère hausse des crédits bancaires, mais surtout d’une augmentation massive des dépôts, évaluée à 86,8 MMDH, confirmant à la fois une amélioration du revenu et une préférence accrue pour la sécurisation de liquidités.


Dans sa lecture globale, l’année 2024 a marqué une désinflation nette, une amélioration de la capacité de dépense et une stabilisation du revenu disponible, permettant de reconstituer progressivement le pouvoir d’achat. Les ménages profitent d’un environnement plus favorable, mais demeurent exposés à des charges fiscales et sociales qui réduisent la portée de ce rebond. Le moteur principal de la dynamique économique reste le secteur des sociétés, qui porte la majorité de l’épargne, des investissements et de la création de richesse. Les conditions de financement, combinées à la reprise de l’investissement productif, constituent un signal positif pour 2025, sous réserve de consolidation de la stabilité macro-financière.

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