Moyen-OrientIsraël élargit son offensive au Liban, la crise d’Ormuz divise les alliés de Washington
Le conflit opposant Israël, les États-Unis et l’Iran continue de s’intensifier au Moyen-Orient, entrant dans sa troisième semaine avec un bilan humain déjà supérieur à 2 000 morts et des répercussions économiques mondiales croissantes. Lundi, Israël a annoncé l’élargissement de son offensive terrestre dans le sud du Liban, faisant craindre une escalade militaire plus large dans la région.
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a confirmé le lancement d’une « manœuvre terrestre » par les forces israéliennes, dans un contexte où les initiatives de désescalade proposées par le Liban et la France ont été rejetées par Israël.
Parallèlement aux opérations terrestres au Liban, l’armée israélienne a indiqué avoir mené une « large vague » de frappes aériennes sur plusieurs sites en Iran. Parmi les cibles touchées figure à nouveau l’aéroport de Mehrabad à Téhéran, où des habitants ont signalé une importante colonne de fumée s’élevant au-dessus de la zone après les bombardements.
Cette intensification militaire intervient alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz aggravent l’inquiétude sur les marchés énergétiques. Ce passage maritime stratégique, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, est quasiment paralysé par les attaques visant les navires et les menaces iraniennes contre les bâtiments des pays jugés hostiles. Dans ce contexte, le prix du Brent, référence mondiale du pétrole, a brièvement atteint 106 dollars le baril ce lundi.
Face à cette situation, le président américain Donald Trump a appelé plusieurs puissances internationales à envoyer des navires de guerre afin de sécuriser la navigation dans le détroit et rouvrir la route pétrolière. Mais cet appel a suscité une réaction pour le moins prudente, voire négative, de la part de nombreux partenaires. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a clairement rejeté l’idée. « Ce n’est pas notre guerre », a-t-il affirmé. Le Japon et l’Australie ont également indiqué qu’ils ne prévoyaient pas de déployer de bâtiments militaires dans la zone, tandis que le Royaume-Uni, la France, l’Union européenne et la Corée du Sud se sont contentés de réponses évasives.
Dans le même temps, l’Iran maintient sa pression sur le détroit d’Ormuz tout en laissant transiter certains flux énergétiques jugés stratégiques pour ses partenaires. Des navires transportant du pétrole à destination de la Chine ont ainsi été autorisés à passer, alors que d’autres pétroliers ont été visés par des projectiles ces derniers jours.
Washington tente de mobiliser davantage de soutien international, Donald Trump ayant également appelé les pays membres de l’OTAN à contribuer à la sécurisation du détroit. Le président américain a averti que l’absence de réponse positive pourrait avoir des conséquences pour l’avenir de l’alliance atlantique.
Téhéran, de son côté, affirme se préparer à une confrontation prolongée. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que son pays était « prêt à se défendre aussi longtemps qu’il le faudra », rejetant l’idée d’un cessez-le-feu ou de négociations évoquée par Washington. Cette posture reflète la détermination de la République islamique à poursuivre l’affrontement malgré l’intensification des frappes israéliennes et américaines.
Les tensions régionales ont également atteint les Émirats arabes unis, où les autorités ont signalé un incident lié à un drone près de l’aéroport international de Dubaï. L’explosion a provoqué un incendie ayant endommagé un réservoir de carburant et entraîné la fermeture temporaire de l’aéroport, l’un des plus fréquentés au monde. Depuis plusieurs semaines, les infrastructures aériennes de la région sont régulièrement perturbées par des attaques de drones.
Le coût humain du conflit continue parallèlement de s’alourdir. Selon le représentant de l’Iran auprès des Nations unies, au moins 1 348 civils iraniens ont été tués depuis le début des hostilités. Au Liban, les autorités font état de 850 morts, tandis qu’en Israël, le bilan s’élève à 12 victimes. Le Pentagone a également annoncé la mort de 13 militaires américains depuis le déclenchement de la guerre, signe que le conflit s’est progressivement transformé en confrontation régionale aux ramifications militaires et économiques de plus en plus larges.
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