CultureLa numérisation du patrimoine culturel marocain au centre d’un colloque à l’Université Al Akhawayn
Un colloque consacré à l’importance de la numérisation du patrimoine culturel marocain pour la sauvegarde de la mémoire nationale s’est tenu, vendredi 19 décembre, à l’Université Al Akhawayn d'Ifrane. Les intervenants ont mis en avant le patrimoine culturel comme « un pilier fondamental de l’identité nationale et un vecteur de développement durable, riche en connaissances, valeurs et symboles », indique un communiqué.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du lancement de la plateforme numérique « Aswat Al Atlas » (Les voix de l’Atlas) sur le thème « Approches modernes de la gestion et de la numérisation du patrimoine culturel au Maroc : préserver la mémoire et construire l’avenir ». La plateforme rassemble une trentaine d’entretiens avec des professeurs, agriculteurs et artistes de la région de l’Atlas. Meriem Sahli, professeure à l’Université Al Akhawayn, a expliqué qu’elle servait de base de connaissances sur la littérature orale, la poésie, les contes et l’histoire locale.
Ces échanges ont permis d’explorer les liens entre l’humain, l’eau, la forêt et la terre tels qu’ils se manifestent dans les traditions locales, tout en revenant sur la mémoire collective de la période coloniale. Dans ce cadre, El Haj Araba, symbole de la résistance dans la région, a été honoré pour son parcours.
Le colloque prend aussi place dans un contexte marqué par les transformations que connaît le secteur de la gestion du patrimoine au Maroc, qui rendent nécessaire une réflexion sur les dispositifs de sauvegarde et de transmission des dimensions matérielles et immatérielles de la mémoire collective. Dans ce sens, le chercheur Abdessalam Amarir a insisté sur la place de plus en plus importante du patrimoine immatériel dans les sociétés contemporaines, en lien avec les enjeux du développement durable et du soft power, tout en appelant à sa documentation et à sa valorisation à travers des plateformes dédiées.
De son côté, Mohamed Joudat, professeur à l’Université Mohammed V et président de l’Organisation internationale pour la protection du patrimoine, a alerté sur les risques d’effacement culturel liés à la domination des grandes cultures mondiales, en particulier dans l’espace numérique. Le professeur a appelé à des stratégies académiques et numériques pour préserver l’identité culturelle.
Laila El Majid, directrice de l’espace de mémoire de la résistance à Azrou, a, pour sa part, insisté sur l’importance de la mémoire spatiale et de la restauration des lieux historiques du Moyen Atlas, soulignant le rôle des récits locaux et de la mémoire orale. Il a enfin été rappelé par le professeur Mohamed Adiouane, la nécessité de reconstituer le patrimoine populaire, comme les proverbes et les contes, à travers une méthodologie scientifique rigoureuse. Objectif : préserver l’identité culturelle et transmettre ce patrimoine aux générations futures.
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