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Le Britannique Critical Mineral Resources décroche son permis cuprifère à Agadir Melloul

27.02.2026 à 17 H 44 • Mis à jour le 28.02.2026 à 11 H 08 • Temps de lecture : 4 minutes
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Une foreuse dans une mine de cuivre (photo d'illustration).

Il aura fallu deux ans, une levée de fonds, une coentreprise, des dizaines de foreuses et plusieurs campagnes de sondage pour en arriver là. Critical Mineral Resources (CMR) a annoncé le 26 février l'attribution d'un permis minier sur le site d'Agadir Melloul, dans la province de Taroudant, couvrant une superficie de 14,6 km2 et valable pour une durée initiale renouvelable de 10 ans. Une nouvelle qui marque une inflexion décisive pour cette junior londonienne.


Le chemin jusqu'à ce permis s’est fait par étapes. C'est en mai 2025 que CMR a signé un accord de coentreprise définitif avec Coppernicus Mining Company (CMC), un partenaire marocain, lui permettant d'acquérir à terme 60 % du projet Agadir Melloul, un gisement de cuivre sédimentaire situé à environ 240 km à l'est d'Agadir, dans un district géologiquement analogue au projet Tizert de Managem, à 55 km à l'ouest qui affiche 130 millions de tonnes de ressources. Charlie Long, directeur général de CMR, avait alors qualifié l'opération de « game changing transaction  », une transaction qui change la donne.


Dès le lancement du forage en septembre 2025, les résultats se sont avérés encourageants. Les travaux ont confirmé une découverte de cuivre, posant les bases d'un potentiel gisement sédimentaire de cuivre-argent à l'échelle du district. En octobre, la société signalait de la minéralisation visible dans plus de 60 % des trous de forage réalisés. En novembre 2025, les forages ont pu détecter des structures minières riches en cuivre et argent plus profondes, capables de renforcer la viabilité économique du projet.


Le permis obtenu englobe la Zone 1 Nord et la Zone 2, deux secteurs qui concentrent l'essentiel des forages récents et en cours, et qui forment précisément l'empreinte de l'Initial Mine – la mine initiale – dont l'exploitation est envisagée en mode carrière à ciel ouvert. Dans une première phase, celle-ci permettra de produire entre 650 et 1 000 tonnes de minerai par jour. La minière britannique estime la présence entre 2,5 et 3 millions de tonnes de minerais permettant une durée de vie de mine de dix ans.


Pour obtenir cette licence, le partenaire de coentreprise avait soumis au cours du deuxième trimestre 2025 une évaluation d'impact environnemental et une étude de faisabilité conformément au droit minier marocain. Un préalable réglementaire désormais levé.


La direction ne cache pas son ambition pour les prochains mois, qualifiant le permis minier de premier jalon d'une année qui s'annonce chargée. Le suivant, et sans doute le plus attendu par les investisseurs, sera la publication d'une première estimation certifiée des ressources (Maiden Resource Estimate), ciblée pour la fin du deuxième trimestre ou le début du troisième trimestre 2026. La société va intensifier les opérations de forage dans les prochaines semaines, avec deux foreuses mobilisées dans le cadre d'une campagne accélérée de sondages au diamant. La construction de la mine est, elle, envisagée pour 2027.


Pour Charlie Long, la transaction opérée sur Agadir Melloul représente une véritable inflexion stratégique : l'entreprise passe ainsi du statut d'explorateur à celui de développeur, avec l'ambition de bâtir un cas d'investissement à haut potentiel de rendement.


L'obtention de ce permis illustre aussi l'attractivité croissante du Maroc comme destination minière. CMR avait choisi le royaume dès 2023 en raison de sa géologie prospective, de ses infrastructures et de son régime fiscal compétitif pour alimenter l'Europe en matières premières stratégiques. Charlie Long avait alors déclaré que le Maroc s'inscrivait dans la stratégie de CMR de cibler des actifs ayant le potentiel de produire des matières premières pour les énergies propres.


Depuis, la société a méthodiquement musclé son portefeuille : acquisition de 26 permis d'exploration dans le centre du Maroc pour le cuivre, l'antimoine, le tungstène, le plomb-zinc et l'or via Hesperis Resources, quatre nouveaux permis dans les régions de Rabat et Béni Mellal, et une levée de 2,5 millions de livres sterling (M£) auprès de Gilini Holdings pour financer acquisitions et activités de négoce de matières premières. Un contexte géopolitique également favorable : début février, le Maroc a signé un accord-cadre sur les minéraux critiques avec les États-Unis lors du premier Critical Minerals Ministerial de Washington, renforçant encore son image de destination minière fiable aux yeux des investisseurs occidentaux.


CMR a par ailleurs annoncé ce 27 février l'émission de 2 243 778 nouvelles actions ordinaires dans le cadre d'un double règlement hors liquidités, confirmant ainsi, malgré le caractère modeste de l’opération en volume – moins de 0,7 % du capital dilué –, sa stratégie de préservation de trésorerie, classique dans l'univers des juniors minières.

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