S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
En continu

Modèle hydrique
Le Maroc vise à couvrir 60 % de ses besoins en eau potable grâce au dessalement d’ici 2030

05.12.2025 à 14 H 56 • Mis à jour le 05.12.2025 à 14 H 56 • Temps de lecture : 2 minutes
Par
Laâyoune : réalisation d'une station de dessalement.

Le Maroc reconfigure en profondeur son modèle hydrique afin de sécuriser son approvisionnement en eau potable et préserver son potentiel agricole, mis à rude épreuve par la baisse persistante des niveaux de barrages et l’épuisement des nappes souterraines. Lors du World Water Congress à Marrakech, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé que le Royaume vise une production annuelle de 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée d’ici 2030. Cette montée en puissance s’appuiera sur les unités déjà en construction et sur une nouvelle génération d’usines dont les appels d’offres seront lancés à partir de l’année prochaine. Face à sept années de sécheresse, le Maroc accélère ainsi la désalinisation de l’eau de mer pour couvrir 60 % de ses besoins en eau potable d’ici 2030, contre 25 % aujourd’hui, avec des usines alimentées exclusivement par des énergies renouvelables.


Un des projets phares sera implanté près de Tiznit, avec un investissement d’environ 10 milliards de dirhams et une capacité annuelle de 350 millions de mètres cubes destinée à alimenter les centres urbains et les zones agricoles du sud. Parallèlement, de nouveaux projets verront le jour à Rabat – en partenariat avec Veolia – ainsi qu’à Tan Tan, où le gouvernement envisage un port dédié aux exportations d’hydrogène et d’ammoniac verts. Le Maroc exploite actuellement 17 usines de dessalement produisant 345 millions de mètres cubes par an. Quatre nouvelles installations, pour une capacité totale de 540 millions de mètres cubes, sont en cours de construction et devraient être opérationnelles d’ici 2027, notamment à Casablanca.


Le ministère affirme que toutes les nouvelles usines de dessalement fonctionneront à partir d’énergies renouvelables, afin de réduire les coûts d’exploitation et l’empreinte carbone du secteur. Dans le même esprit, des panneaux solaires flottants ont été installés sur un barrage près de Tanger afin de réduire l’évaporation, qui fait perdre jusqu’à 30 % de l’eau de surface du pays. Cette nouvelle architecture hydrique vise à sécuriser durablement l’alimentation des villes et la continuité de l’agriculture irriguée, tout en renforçant la résilience du Maroc face au changement climatique.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.

Par
Le Desk En continu