InternationalNicolas Maduro inculpé aux États-Unis pour « narcoterrorisme » : Washington annonce un procès sur le sol américain
Dans un message publié sur le réseau social X, la procureure générale des États-Unis, Pamela Bondi, affirme que Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, ont été formellement inculpés par la justice fédérale américaine dans le district sud de New York. Selon elle, le chef de l’État vénézuélien devra répondre devant les tribunaux américains d’accusations liées au « narcoterrorisme », une qualification juridique qui associe activités de trafic de stupéfiants et soutien ou recours à des méthodes terroristes.
Pamela Bondi énumère plusieurs chefs d’inculpation particulièrement graves, parmi lesquels figurent le complot en vue de commettre des actes de narcoterrorisme, le complot en vue d’importer de la cocaïne sur le territoire américain, la possession d’armes automatiques et d’engins destructeurs, ainsi que le complot en vue de posséder et d’utiliser de telles armes contre les États-Unis. La procureure générale qualifie le couple présidentiel de « trafiquants de drogue internationaux présumés » et assure qu’ils devront « bientôt faire face à toute la rigueur de la justice américaine sur le sol américain, devant les tribunaux américains ».
Cette annonce marque une escalade judiciaire sans précédent dans le bras de fer entre Washington et Caracas, en inscrivant formellement le président vénézuélien en exercice dans une procédure pénale fédérale américaine, avec des accusations relevant du terrorisme et du crime organisé transnational.
L’annonce de cette inculpation intervient dans un contexte extrêmement tendu. Quelques heures plus tôt, le président américain Donald Trump avait déclaré que les forces américaines avaient mené une « attaque de grande envergure » contre le Venezuela et que cette opération avait abouti à l’enlèvement du président Nicolas Maduro. Une conférence de presse est annoncée à 11h00 dans sa résidence de Floride, afin de préciser les contours et les objectifs de cette opération.
De son côté, le gouvernement vénézuélien dénonce une « très grave agression militaire » et affirme que des zones civiles et militaires ont été touchées à Caracas, ainsi que dans les États de Miranda, d’Aragua et de La Guaira. À ce stade, aucun bilan humain officiel n’a été communiqué, les autorités évoquant une situation encore évolutive.
De puissantes explosions ont été entendues à Caracas et dans ses environs peu avant 2h00 du matin, heure locale, et jusqu’à 3h15. Le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du pays, situé au sud de la capitale, aurait été visé, tout comme la base aérienne de La Carlota, au nord de Caracas, ce qui suggère des frappes ciblant des infrastructures stratégiques clés du dispositif militaire vénézuélien.
La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, a déclaré ignorer où se trouve le président de 63 ans et a exigé des États-Unis une « preuve de vie » de Nicolas Maduro et de son épouse. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie d’acte de piraterie internationale et a appelé la communauté internationale à réagir.
Dans le même temps, le gouvernement vénézuélien a appelé « toutes les forces sociales et politiques du pays » à se mobiliser face à ce qu’il considère comme une tentative de renversement du pouvoir par la force. Il a également annoncé que Nicolas Maduro avait ordonné la mise en place de l’état d’urgence, renforçant les pouvoirs de l’exécutif dans un contexte de crise majeure.
La réaction des pays de la région ne s’est pas fait attendre. Le président colombien Gustavo Petro a dénoncé une « agression contre la souveraineté » de l’Amérique latine et annoncé avoir ordonné le déploiement de forces militaires à la frontière avec le Venezuela, invoquant la nécessité de prévenir toute déstabilisation régionale.
Sur le plan international, l’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, a appelé à la retenue et à la désescalade, tandis que l’Espagne s’est dite disposée à jouer un rôle de médiateur. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a insisté sur la nécessité de respecter le droit international, soulignant les risques d’un précédent grave. Le Mexique, Cuba et le Brésil ont, pour leur part, condamné l’opération américaine, qualifiée de violation de la souveraineté d’un État.
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