ProtestationPharmaciens en colère : la réforme du prix du médicament rallume la contestation
Ce lundi 18 août, les pharmaciens d’officine ont entamé un mouvement de protestation marqué par le port de brassards noirs. L’action, appelée à durer jusqu’au 9 septembre, culminera par un sit-in devant le ministère de la Santé. À l’origine de cette mobilisation se trouve la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM), l’une des quatre centrales représentatives de la profession, qui a décidé lors de son conseil national du 14 août d’engager un bras de fer avec la tutelle.
Les revendications exprimées par les pharmaciens portent sur des points jugés essentiels pour la survie du réseau national. Ils dénoncent des mesures qu’ils estiment menaçantes pour la stabilité économique des officines et mettent en garde contre un risque accru de pénurie ou d’accès difficile aux traitements pour les patients. La CSPM reproche également aux autorités d’avoir systématiquement rejeté leurs propositions visant à développer un service pharmaceutique avancé, pourtant présenté comme un levier indispensable de modernisation du secteur.
Dans leur résolution, les représentants de la profession accusent le ministère de la Santé d’avoir gelé toutes les conclusions issues du dialogue mené depuis des années et de s’être renié en ne respectant pas ses engagements antérieurs. Selon eux, cette attitude revient à ignorer les revendications légitimes des pharmaciens et à adopter de nouvelles dispositions qui fragilisent encore davantage un secteur déjà en difficulté. Le sentiment largement partagé au sein de la profession est celui d’un désengagement de l’État qui menace directement l’équilibre du réseau d’officines et compromet sa mission de service public.
Le point de crispation le plus fort reste la réforme du prix du médicament. Le gouvernement a présenté un projet de décret encadrant la procédure de fixation des prix, qu’il justifie par la volonté de renforcer la transparence et de réduire le coût supporté par le consommateur final. Pour les pharmaciens, cette approche est inacceptable. Ils y voient une mesure imposée unilatéralement, qui réduit leurs marges, perturbe la rentabilité des officines et risque d’affaiblir la disponibilité des médicaments sur le marché. En s’attaquant à la structure même de leur modèle économique, la réforme est perçue comme une menace existentielle et alimente un climat de défiance généralisée.
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