MinesStellar AfricaGold creuse son sillon à Tichka Est, malgré une situation financière préoccupante
Dans les contreforts du Haut Atlas occidental, à quelque 90 kilomètres au sud de Marrakech, la société canadienne Stellar AfricaGold poursuit sa quête aurifère sur le site prometteur de Tichka Est. Ce projet d’exploration, mené en partenariat avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), qui y détient une participation gratuite de 15 % et une redevance de 3 % sur la future production, couvre une superficie de 82 km2 répartie sur sept permis. Il constitue actuellement le principal levier opérationnel de la société, cotée au TSX Venture Exchange et en proie à de sévères difficultés financières.
Stellar AfricaGold vient d’annoncer l’achèvement de onze nouvelles tranchées sur la zone B, foyer principal de minéralisation identifié à ce jour. Cette campagne de tranchées, dirigée par le géologue marocain Ali Saquaque, vise à affiner la compréhension de la géométrie des structures aurifères en surface et à préparer le terrain à un programme de forages au diamant prévu pour le troisième trimestre 2025. L’objectif affiché est double : confirmer la continuité latérale des minéralisations et valider leur teneur sur l’ensemble de la zone prospectée.
Les résultats obtenus lors des précédentes phases d’exploration ont conforté l’intérêt géologique du site. Des teneurs allant jusqu’à 3,5 g/t d’or sur 155,7 mètres, 1,52 g/t sur 39,7 mètres, 1,27 g/t sur 80 mètres, ou encore 4,56 g/t sur 15 mètres, ont été enregistrées sur un périmètre d’environ un kilomètre carré, laissant entrevoir un potentiel significatif encore largement sous-évalué. Si la zone B concentre actuellement les efforts, de vastes portions du périmètre demeurent encore inexplorées ou simplement survolées.
Parallèlement à l’ouverture de ces nouvelles tranchées, Stellar AfricaGold a lancé d’importantes opérations logistiques. Une route d’accès de 8,5 km est en cours de réhabilitation pour desservir directement la structure B à une altitude de 2 500 mètres. Des tracés supplémentaires sont également en préparation pour atteindre d’autres cibles sur le permis. Un levé topographique haute résolution est mené en parallèle, de même qu’un programme élargi de cartographie, d’échantillonnage et de prospection destiné à optimiser l’implantation des futurs forages.
Pour appuyer cette montée en puissance, la société a sollicité l’expertise du géologue structural David Selley, de la firme Base Instinct Geological Consultants. Depuis début mai, ce dernier s’emploie à produire un modèle géologique actualisé de Tichka Est, basé sur une lecture structurale fine du terrain. Ce modèle servira de base au prochain programme de forage au diamant, qui testera à la fois la profondeur et la continuité des structures aurifères identifiées en surface.
Mais cette intensification des efforts sur le terrain intervient dans un contexte financier délicat pour la junior canadienne. Stellar AfricaGold affiche une santé économique fragilisée, avec des indicateurs techniques globalement baissiers, une valorisation boursière atone (3,28 millions de dollars canadiens à la dernière mise à jour) et une structure financière négative marquée par des pertes cumulées. Ces fragilités limitent les marges de manœuvre de la société sur les marchés et alimentent la prudence des investisseurs malgré la richesse potentielle du projet marocain.
Le pari de Stellar repose sur plusieurs leviers : une direction expérimentée, la qualité géologique du site, l’appui institutionnel de l’ONHYM et la relative stabilité du cadre juridique minier marocain. À terme, la société espère faire émerger une ressource économiquement exploitable qui lui permettrait de rehausser sa crédibilité et d’attirer de nouveaux financements.
D’ici là, la campagne estivale de forages constituera un tournant déterminant pour l’avenir du projet Tichka Est, qui incarne à ce jour l’espoir de redressement d’une société en quête de résilience sur le marché difficile des juniors aurifères.
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