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Santé
Subventions aux cliniques privées : les acteurs du secteur réagissent aux déclarations de Tehraoui

06.10.2025 à 13 H 28 • Mis à jour le 06.10.2025 à 13 H 48 • Temps de lecture : 4 minutes
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Intervenant devant la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a indiqué avoir bloqué les subventions à l’investissement accordées aux cliniques privées. « J'ai mon avis concernant ce secteur et les pratiques dans ce secteur. C'est ce qui m'a poussé à mettre fin aux subventions d'investissement accordées aux cliniques privées, en demandant leur arrêt lors d'une réunion de la Commission nationale des investissements  », a affirmé le ministre.


Cette déclaration a suscité une vive réaction parmi les acteurs du secteur. Dans une lettre ouverte adressée au ministre, l’Association nationale des cliniques privées (ANCP) a ainsi exprimé son « étonnement », puisque, selon elle, « aucune clinique privée membre de l'Association n'a bénéficié de telles subventions ni pour son fonctionnement ni pour ses équipements ».


Les déclarations de Tehraoui, poursuit l’association présidée par Rédouane Samlali, « par leur portée, peuvent créer une confusion dans l'opinion publique et donner une image inexacte d'un secteur qui, depuis des décennies, participe activement à la mission de santé publique aux côtés du secteur étatique ».


Pour éviter une telle confusion, l’ANCP demande à la tutelle de préciser les textes de loi ou dispositifs réglementaires concernés et d'en publier la liste complète, « afin d'assurer une transparence totale vis-à-vis de nos concitoyens  ». Et d’ajouter : « S'il existe effectivement des bénéficiaires, il serait souhaitable de les nommer clairement, ainsi que les montants concernés, afin d'éviter toute confusion et de garantir une information publique exacte ».


Le groupe Akdital, numéro 1 du secteur, qui mène actuellement un vaste programme d'investissement, n'a pas non plus tardé à réagir, niant à son tour avoir bénéficié de la moindre subvention. « Le groupe Akdital n'a jamais bénéficié d’un soutien public ou gouvernemental à l’investissement, que ce soit de manière directe ou indirecte », assure-t-il dans un communiqué.


Le groupe rappelle au passage qu'il est, comme toutes les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca, soumis à une obligation de transparence financière édictée par l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC). « En vertu de cette obligation, les comptes ainsi que les rapports financiers trimestriels et annuels du groupe sont accessibles au public sur les sites Internet de l’AMMC, de la Bourse de Casablanca et du groupe Akdital », poursuit le communiqué.


« L’ensemble des investissements du groupe Akdital sont financés par l’autofinancement, le recours à l’emprunt bancaire et aux levées de fonds sur le marché boursier national », ajoute le communiqué, soulignant que le groupe s’associe à la demande formulée par l'ANCP pour demander que la liste des établissements ayant bénéficié d’un éventuel soutien public à l’investissement soit rendue publique.


« Quand je suis intervenu en commission des investissements, nous en étions à environ 400 ou 500 millions de dirhams d'autorisations en suspens. C'est un statu quo que j'assume, et sur lequel je n'ai pas l'intention de revenir », avait indiqué Amine Tehraoui lors de son intervention au Parlement.


Si le ministre a admis que « certaines cliniques contribuent à combler le déficit dans certaines régions », il a toutefois estimé que « dans de nombreux cas, leur installation ne résout pas les problèmes ». Il est allé jusqu'à affirmer que « lorsqu'un centre hospitalier universitaire (CHU) est construit et qu'une clinique privée s'installe juste en face, ce n'est pas un hasard. L'objectif est souvent de capter les ressources humaines, notamment les médecins du CHU, ainsi que ses patients  ».

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