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Justice
Affaire de l’or marocain de Kaloti: EY condamné à payer 11 M$ au lanceur d’alerte

21.04.2020 à 17 H 38 • Mis à jour le 21.04.2020 à 17 H 40
Par La Rédaction

La Haute Cour de Londres a ordonné à Ernst &  Young (EY) de verser à l’ancien partenaire d’audit d’EY Dubaï Amjad Rihan une compensation de 11 millions de dollars pour la perte de revenus passés et actuels.


Les détails sont révélés dans son jugement du 17 avril 2020.




EY, l’un des quatre grands cabinets comptables, fournit des services de conseil, d’assurance, de fiscalité et de transaction à l’échelle mondiale. Il opérait sous le nom d’EY Dubai aux Emirats Arabes Unis.


En 2013, Rihan, le lanceur d’alerte, a pris connaissance de graves irrégularités dans les opérations commerciales d’un client d’audit, Kaloti Jewellery International DMCC (Dubai Multi Commodities Centre). Les irrégularités ont soulevé la possibilité de blanchiment d’argent.


En 2014, le consultant avait levé le voile sur un trafic d’or orchestré deux ans auparavant par Kaloti, un raffineur d’or et d’autres métaux précieux établi à Dubaï. Ses révélations avaient fait état d’une quantité importante de lingots importés du Maroc et maquillés en argent.


L’affaire qui avait été dans un premier temps étouffée, avait été portée devant la justice britannique, comme l’expliquait en janvier 2018 une enquête du Desk.


Rihan a déclaré qu’il dirigeait l’équipe d’audit, qui a découvert que Kaloti avait importé du Maroc plus de 200 millions de dollars d’or recouvert d’argent et avait déclaré cet or en argent aux autorités marocaines et en or aux autorités de Dubaï.


Malgré la pression d’EY et du DMCC pour assainir son rapport d’audit et de conformité de Kaloti, Rihan et sa famille se sont sentis obligés de quitter temporairement Dubaï pour leur propre sécurité.


Quand EY a tenté de contraindre Rihan à retourner à Dubaï en 2014, il a été contraint de démissionner. Il dit qu’au cours des prochaines années, il a été mis sur liste noire et inemployable.


Le jugement du tribunal est axé sur la question de savoir si Rihan avait droit à des dommages-intérêts pour négligence et complot. La condamnation accable le rôle d’EY dans cette affaire qui demeure malgré tout un mystère au Maroc.

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