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Evasion fiscale
Ces Algériens cités dans les « Paradise Papers »

08.11.2017 à 19 H 29 • Mis à jour le 08.11.2017 à 19 H 29 • Temps de lecture : 4 minutes
Par Hadjer Guenanfa

« Paradise Papers » est la nouvelle enquête internationale du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les paradis fiscaux. Réalisé sur la base de sept millions de documents issus « d’une fuite massive de données en provenance d’un cabinet international d’avocats, Appleby, basé aux Bermudes », l’enquête révèle l’implication de très nombreuses personnalités notamment politiques à travers le monde dont des Algériens.


Yacef Saâdi, Yassine Rebrab et les Bedjadoui…

« Au moins 31 000 personnes physiques et morales citées dans les archives de Appleby sont des citoyens américains ou des résidents aux États-Unis – les Américains sont les premiers clients de Appleby, même si elle compte de gros clients britanniques, chinois ou autres canadiens », indique Le Soir d’Algérie, partenaire algérien de l’enquête, qui ajoute que parmi les résidents aux États-Unis dont le nom figure dans les archives d’Appleby figure le nom du « héros de la bataille d’Alger : Yacef Saâdi ».


« Les documents nous apprennent que le chef de l’organisation militaire du FLN à Alger de septembre 1955 à septembre 1957, loge une partie de sa fortune aux îles Caïman où il détient un « trust » administré par Appleby dans lequel il est associé avec sa fille Zaphira, une artiste plasticienne résidant aux États-Unis », écrit le journal qui rappelle que le nom Saâdi « est déjà apparu dans le listing de la filiale suisse de HSBC, révélé par ICIJ en 2015 ».


« Il dispose d’un compte qui, en 2006-2007, était pourvu de 400.000 dollars américains. Désigné comme membre du Conseil de la nation au titre du tiers présidentiel en 2001 pour un mandat de six ans renouvelé deux fois, Yacef Saâdi n’a pas d’activités lucratives connues en Algérie (…) Yacef Saâdi bénéficie d’une pension de moudjahid, touche une indemnité de sénateur et loue des biens immobiliers qu’il possède à Alger », poursuit la même source.


Sur la liste figure aussi le nom de Yassine Rebrab, fils d’Issad Rebrab, patron de Cevital et celui de Réda Béjaoui, frère de Farid Béjaoui et neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bejaoui. « Appleby gère une compagnie domiciliée aux îles Caïman, ‘Little Cayman East 91A 177’ pour le compte de Yassine Rebrab, fils du patron du groupe Cevital », précise le journal.


« Réda Bedjaoui (…) utilise une coquille singapourienne administrée par Asiaciti, Redbed Holdings Pte. Ltd, pour la gestion d’un compte suisse domicilié dans une agence genevoise de la banque Mirabaux&Cie. Réda Bedjaoui, qui a tenté une carrière d’avocat avant de créer avec son frère Farid Bédex Agrofood Interational et Mexicafé, deux sociétés spécialisées dans le négoce des produits agroalimentaires lesquelles ont été dissoutes il y a près de sept ans, se présente désormais comme analyste financier », explique Le Soir d’Algérie.


« Or, c’est à travers Ryan Asset Management FZ, domiciliée à Dubaï, fondée par son frère Farid et qui a bénéficié d’un dépôt de Sonatrach, qu’il s’est lancé dans des activités d’ingénierie financière. Il est installé au Québec où il est propriétaire de plusieurs biens immobiliers et vit entre Montréal et Dubaï où il réside au 2201, Burj Dubai Residence Tower. Sa dernière acquisition en date : un luxueux appartement sis Place Ramezay, à Montréal, acheté pour 1,8 million de dollars canadiens », divulgue le journal qui ajoute que l’homme a également acquis, trois mois plus tôt, « en copropriété la société montréalaise Appartements Acadia inc ».


Un ancien ministre de l’Énergie

Le quatrième Algérien cité dans le cadre de cette enquête est un ancien ministre de l’Énergie. Il s’agit de Nordine Aït Laoussine (1991-1992) qui est actuellement président de la société de consulting suisse Nacolsa SA. Cet ancien responsable « a été actionnaire dans la compagnie Madagascar Oil Limited via les îles Maurice. Il détenait 2.405 actions, soit 0,2 % du capital de la compagnie, aux côtés de trois fonds d’investissement nord-américains, à savoir Rab Special Situations Master Fund (73,8 %) Millennium Global Natural Ressources Fund (18,7 %), et Airlie Opportunity Master Fund (4,5 %) », détaille le journal algérien.


Interrogé par Le Soir d’Algérie, l’ex-ministre de l’Énergie assure qu’« il avait acquis ces actions gratuitement quand il était membre du conseil d’administration de cette compagnie ». « Ces actions faisaient partie de ma rémunération. Mais, je les ai vendues à un prix dérisoire, 180 dollars pour être précis, juste après ma démission il y a quatre ou cinq ans ».

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