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Cimenterie
CIMAF Gabon d’Anas Sefrioui mise 48 M$ pour produire du clinker localement

12.01.2026 à 17 H 45 • Mis à jour le 13.01.2026 à 09 H 48 • Temps de lecture : 3 minutes
Par Issam El Yadari
Un opérateur d'une cimenterie de CIMAF Gabon

Ciments de l’Afrique (CIMAF) a récemment annoncé un investissement de 27 milliards de francs CFA, soit environ 48 millions de dollars (M $), destiné à la construction au Gabon d'une nouvelle usine de production de clinker, composant essentiel dans la fabrication du ciment.


Cette initiative intervient dans un contexte précis : à partir du 1er janvier 2027, le Gabon interdira les importations de clinker. En anticipant cette échéance, CIMAF renforce son ancrage dans le pays tout en soutenant les ambitions de souveraineté économique portées par Libreville.


La production locale permettra de sécuriser l'approvisionnement du marché national gabonais et de réduire l'exposition aux aléas des coûts logistiques internationaux. Une fois opérationnelle, l'unité portera la capacité de production de CIMAF Gabon à 1,85 million de tonnes de ciment par an, soit plus du double de la demande actuelle estimée à 900 000 tonnes. Cette marge vise à accompagner les grands chantiers d'infrastructures prévus dans le pays.


Mi-décembre 2025, les relations entre CIMAF et le Gabon ont franchi un nouveau cap. Lors d'une audience avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le président-directeur général du groupe, Anas Sefrioui (également patron du groupe immobilier Addoha), a acté la signature de nouvelles conventions. L'État gabonais acquiert désormais 10 % du capital de la filiale locale, faisant évoluer le schéma précédent où il ne détenait que 5 %.


Le chef de l'État gabonais a posé les termes de cette nouvelle doctrine sans ambiguïté. Selon la présidence, il a affirmé que « l'époque des conventions déséquilibrées était révolue  » et que la présence de l'État dans les secteurs stratégiques constituait désormais un principe non négociable.


Au-delà des aspects capitalistiques, les discussions ont porté sur les sites de production d'Owendo et de Franceville (prévu pour être opérationnel en septembre 2026), appelés à soutenir les politiques publiques en matière de logement et d'aménagement du territoire.


Oligui Nguema a également insisté sur la « gabonisation » de l'emploi et de la sous-traitance. CIMAF a été invité à privilégier les compétences locales dans la mise en œuvre de ses projets. L'accélération des programmes de logements sociaux à Owendo, conformément aux engagements pris par l'entreprise, figure aussi parmi les attentes exprimées.


CIMAF a bâti sa croissance sur une stratégie d'implantations industrielles à travers le continent. Il fait du Gabon l'un de ses pôles stratégiques en Afrique centrale.

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