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Education nationale
A Essaouira, vent de colère contre la cession d’un institut public d’art à une école française

17.09.2021 à 21 H 11 • Mis à jour le 17.09.2021 à 21 H 13
Par Issam El Yadari
La cession par le ministère de l'Education nationale d'un institut public d'art a suscité la colère des syndicats de l'enseignement qui y voient une « une catastrophe » pour les élèves de la région

Sept syndicats de l’enseignement dans la province d’Essaouira (UNTM, UGTM, CDT, FNE, ODT, UMT et FDT) ont tenu ce vendredi un sit-in dans la ville pour protester contre la « cession » d’un institut public d’ouverture artistique à une école française privée. L’établissement en question est l’Institut Hassania 2 d’ouverture artistique et littéraire, d’après un communiqué conjoint des organisations syndicales consulté par Le Desk.


Cette opération que les syndicats qualifient de « complot avéré dont le but est de priver les enfants du peuple de leurs établissements publics », a été décidée « lors des derniers instants du mandat de Saaid Amzazi au sein du gouvernement sortant », nous explique une source syndicale locale.


Selon nos informations, l’école française mentionnée est le groupe scolaire Eric-Tabarly, ouvert en septembre 2006 dispensant des cours de la petite section à la classe de troisième, dernier niveau du collège dans le système français. L’établissement fait effectivement partie du réseau de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).


Pour les militants syndicaux d’Essaouira, ce serait « une catastrophe » pour les jeunes de la ville, cet établissement étant le seul du genre dans la région. D’après le secrétaire provincial du Syndicat national de l’enseignement relevant de la Fédération démocratique du travail (FDT), Abdeljalil Labrini, « ni la direction pédagogique, ni les professeurs ne connaissent leur sort dorénavant ».


« Les documents que nous avons consultés mentionnent un projet de rasage de l’établissement, dont la superficie est comprise entre 5 000 et 6 000 m2 », s’alarme-t-il, expliquant que l’institut date du 19ème siècle et est considéré comme étant « un patrimoine architectural de la ville ».


Lors de la dernière saison, l’école a accueilli près de 1 000 élèves, malgré le contexte de la pandémie, lit-on sur un communiqué du syndicat de l’enseignement de la FDT. Des cours d’arts plastique, de langue espagnole, de théâtre, d’audiovisuel, de musique ont été dispensés, conclut la même source.


Une école française à la situation scolaire pourtant peu « soutenable »


Dans un message publié sur le site de l’école, la directrice du groupe scolaire Eric-Tabarly, Marie-Christine Marcelino a annoncé, pour l’année scolaire 2021-2022, la « relocalisation » de l’établissement, mentionnant « le projet de mise à disposition de l’ancienne école Auguste Beaumier », l’ancien nom de l’Institut Hassania 2, du temps où elle appartenait à l’Alliance israélite universelle (AIU).


En 2017, dans une correspondance entre le Syndicat national unitaire des instituteurs (SNUuipp) et la Mission laïque française, l’association qui anime un large réseau d’établissements scolaires français à l’étranger, dont le groupe scolaire Tabarly, la MLF a indiqué que l’école « survit malgré un manque réel d’élèves inscrits ». Le document consulté par nos soins fait état d’une situation scolaire peu soutenable et d’une évolution peu positive. D’après la même source, « Essaouira, malgré le fait que la ville se considère comme cité à projet culturel international, n’a pas une demande éducative soutenant l’existence d’une école française, contrairement aux autres villes marocaines ».

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