VaticanLe cardinal Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat « papabile » malgré lui
Le cardinal Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat, émerge comme une figure marquante dans les discussions entourant le prochain conclave prévu pour le 7 mai 2025, destiné à élire le successeur du pape François. Bien qu'il rejette toute ambition personnelle, son parcours singulier et son engagement en faveur du dialogue interreligieux attirent l'attention de nombreux observateurs.
Né en 1952 à Vélez-Rubio, en Andalousie, Cristóbal López Romero entre chez les Salésiens à l'âge de 12 ans. Ordonné prêtre en 1979, il consacre une grande partie de sa vie missionnaire en Amérique latine, notamment au Paraguay et en Bolivie, où il occupe plusieurs postes de direction au sein de la congrégation salésienne.
En 2003, il est envoyé au Maroc pour diriger un centre de formation professionnelle à Kénitra. Après un retour en Bolivie en 2011, il revient au Maroc en 2014 pour diriger la communauté salésienne. En 2017, le pape François le nomme archevêque de Rabat, et en 2019, il est créé cardinal.
À la tête d'une Église minoritaire dans un pays à majorité musulmane, le cardinal López Romero se distingue par son engagement en faveur du dialogue interreligieux. Il décrit l'Église de Rabat comme un « pont entre l'Europe et l'Afrique, entre musulmans et chrétiens, entre riches et pauvres ».
En mars 2019, il accueille le pape François lors de sa visite au Maroc, renforçant ainsi les liens entre le Vatican et le monde musulman.
Bien qu'il soit considéré comme un « papabile » — un candidat potentiel au pontificat —, selon la presse du Vatican, le cardinal López Romero rejette cette idée avec humour. Il a déclaré : « Si je suis élu, je m'enfuis en Sicile ». Il insiste sur le fait que l'Église doit être au service du monde et non centrée sur elle-même, prônant une approche inclusive et ouverte aux autres religions.
Le cardinal López Romero est un fervent défenseur de la synodalité, estimant que l'Église doit écouter et intégrer les voix de tous ses membres. Il critique le cléricalisme et appelle à une Église plus humble et tournée vers les périphéries. Il dénonce également les politiques migratoires européennes, qu'il qualifie d'égoïstes et de xénophobes.
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