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Le gratin du conseil se bat pour numériser le ministère de Nizar Baraka

29.04.2026 à 07 H 37 • Mis à jour le 29.04.2026 à 09 H 07 • Temps de lecture : 3 minutes
Par Soufiane Sbiti
Nizar Baraka, ministre de l'Équipement et de l'Eau.

Cinq candidats se sont positionnés sur le marché d'étude de transformation numérique du ministère de l'Équipement et de l'Eau, budgétisé à 11 millions de dirhams. Selon les informations du Desk, les enveloppes administratives et techniques ont été ouvertes, révélant un plateau de soumissionnaires mêlant grands cabinets internationaux, acteurs du conseil stratégique marocain et une entité directement issue de l'écosystème du ministère lui-même.


CID Développement, filiale créée en mai 2024 dans le sillage du bureau d'études et d'ingénierie Conseil, Ingénierie et Développement (CID), lui-même rattaché au ministère de l'Équipement et de l'Eau, figure parmi les candidats déclarés admissibles.


Comme Le Desk le révélait dans une précédente enquête, cette entité fait partie d'un montage de trois filiales constituées autour de CID, impliquant notamment Abdelkébir Zahoud, directeur général de la Société nationale d'études du détroit de Gibraltar (SNED), Hamou Bensaadout, directeur général de l'Hydraulique au ministère, et Abdellatif Amrani, directeur général de l'Administration des douanes et impôts indirects (ADII), relevant du ministère de l'Économie et des Finances, qui assure également l'intérim à la tête de la Trésorerie générale du Royaume.


La présence de CID Développement dans cette consultation pose une question évidente de conflit d'intérêts : une structure dirigée par des hauts fonctionnaires du ministère commanditaire se retrouve parmi les soumissionnaires pour une étude commandée par ce même ministère.


Face à elle, The Boston Consulting Group, l'un des trois plus grands cabinets de conseil stratégique au monde, a également déposé une offre déclarée admissible. Le cabinet BCG, dont le bureau de Casablanca est l'un des plus actifs de la région Afrique et Moyen-Orient, est régulièrement mandaté par les administrations publiques marocaines pour des missions de stratégie et de transformation.


Massir Invest, cabinet marocain de conseil en stratégie et en investissement, a lui aussi été déclaré admissible. Moins connu du grand public, il opère principalement sur des missions d'accompagnement stratégique auprès d'acteurs publics et parapublics marocains. Fondé par Karim Ghellab, ex-ministre des Transports, il est aujourd’hui dirigé, comme nous le révélions, par Omar Hassouni, un ancien du ministère délégué chargé de l’Investissement.


Valyans Consulting, cabinet de conseil en stratégie et management créé par d'anciens consultants de McKinsey et de BCG, est admissible avec réserve. Bien implanté dans l'écosystème du conseil marocain, Valyans s'est taillé une réputation sur les grands projets de transformation organisationnelle et numérique des institutions publiques et privées du royaume.


A.T. Kearney Middle East, antenne régionale du cabinet américain de conseil en management A.T. Kearney, a quant à lui été purement écarté dès l'examen de son enveloppe administrative, sa candidature n'ayant pas franchi la première étape de sélection.


Les offres financières des quatre candidats retenus restent à ce stade fermées, dans l'attente de l'évaluation technique. Le marché, qui doit déboucher sur une feuille de route de modernisation numérique du ministère à l'horizon 2030, couvre un périmètre ambitieux : administration centrale, directions déconcentrées, établissements publics et opérateurs techniques relevant du champ du ministère, avec une mission étalée sur sept mois.

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Par @soufianesbiti