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Dialogue social
Revalorisation des pensions: les retraités s’activent, des négociations entamées dès ce lundi

06.05.2024 à 16 H 53 • Mis à jour le 08.05.2024 à 07 H 11 • Temps de lecture : 3 minutes
Par Lina Ibriz
Restés sur leur faim après l’accord signé entre le gouvernement et les centrales syndicales, les fonctionnaires retraités s’apprêtent à monter au créneau. Les associations de ces derniers s’activent depuis quelques jours pour faire valoir leurs revendications, avec une réunion prévue ce lundi en fin d'après-midi

Les fonctionnaires retraités s’activent. L’accord gouvernement-syndicats signé le 29 avril dernier, à l’issue du dernier round du dialogue social a apporté un lot d’acquis pour les fonctionnaires, notamment à travers une augmentation de 1 000 dirhams (DH) des salaires et une réduction de l’impôt sur le revenu (IR). Cependant, cet accord a provoqué une nouvelle vague de colère chez les retraités qui, en outre d’être privés de cette augmentation, considèrent que leurs revendications de longue date ont été « ignorées ».


Après les premiers communiqués publiés au cours de la semaine dernière, les associations des retraités s’organisent aujourd’hui pour mener des actions de protestation pour faire entendre leur voix. En plus de leurs revendications « de longue date », ils revendiquent aujourd’hui en premier lieu que l’augmentation générale des salaires qui sera appliquée sur deux tranches soit répercutée sur leurs pensions. « Pour les actifs, l’augmentation des salaires conjuguée à une baisse de l’IR est un acquis important. Mais 80 % des retraités ont des pensions en-deçà du seuil d’imposition, et donc avec une simple réduction de l’impôt nous ne gagnons pratiquement rien », explique au Desk, Brahim Belghazi, président de l’Association des retraités de la Direction générale des impôts (DGI) et vice-président de la Fédération nationale Fédération des Associations Nationales des Retraités au Maroc (FANAREM).


Ne disposant pas du droit de s’organiser en formation syndicale et privés de représentation « forte et fiable  » qui puisse faire valoir leurs revendications au sein des centrales syndicales, ces derniers comptent désormais prendre les choses en main. Au niveau de la FANAREM, une action est en gestation, alors que les différentes associations regroupées sous son aile explorent les options et « moyens de pression » à leur disposition, nous fait savoir notre interlocuteur. Une action collective devra cependant attendre jusqu’au renouvellement de la présidence de la fédération, les élections internes étant prévues pour le 15 mai.


En parallèle, l’organisation que préside Belghazi ainsi que d’autres associations des retraités relevant de la Caisse marocaine de retraites (CMR) entament dès cette fin d’après-midi les discussions autour des actions à mener. Cette première réunion à Rabat sera consacrée à la trouver les formules pour l'application de l'augmentation consentie par l'Exécutif en fin avril pour ensuite élaborer une proposition « réaliste »,  mais surtout à l’examen des moyens à même de concrétiser leurs autres revendications, dont notamment la hausse du montant minimum des retraites et le règlement de « certains dossiers en suspens depuis près d’une décennie  », souligne notre source.


Ce fiscaliste à la retraite, mentionne dans ce sens les mesures introduites dans le cadre réforme du régime des pensions civiles enclenchée en 2017, et notamment la révision du coefficient s'appliquant au salaire de référence pour le calcul de la pension passé à l’époque de 2 % à 2,5 %. «  L’application de ces mesures aurait permis une augmentation tacite et générale de jusqu’à 3 000 DH des pensions pour l’ensemble des catégories des retraités. Or, la CMR, qui trouve toujours un moyen pour interpréter les lois à son guise et esquiver la revalorisation des indemnités, n’a pas appliqué cette augmentation sous prétexte que le salaire brut qui sert à prélever l’impôt, à prélever la retraite et à calculer la pension n’est plus utilisé, et qu’elle se base désormais sur le salaire de base ».


L’objectif de ces premières discussions est de trouver un terrain d’entente et des pistes de solution. « Nous espérons qu’un débat sera ouvert avec les retraités et que nous pourrons mener les négociations de manière constructive et calme », nous confie Belghazi. Cependant, la « crise de confiance » est le principal problème aujourd’hui, selon cet interlocuteur,  qui considère que les retraités ont été longtemps ignorés sans aucun interlocuteur à leur écoute. « Nous avions un peu d’espoir que ce dernier épisode du dialogue social permettra de répondre à une partie de nos revendications, mais après la grande déception que fut l’accord qui ne fait même pas mention des retraités, il est clair que nous n’avons pas autre choix que de hausser le ton  », regrette-t-il, avant d’ironiser : « en tant que retraités la seule grève que nous pouvons mener est celle de la faim. Cela nous permettra peut-être de faire des économies ».

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