GenZ212 : colère dans la rue, El Mansouri admet l’échec des politiques publiques
Se poursuivant depuis samedi dernier, malgré une vaste vague d’interpellations, les manifestations menées par le mouvement GenZ212 ont pris une tournure violente dans la soirée du mardi au mercredi. Alors que les jeunes y prenant part poursuivent leur mobilisation pour faire entendre leurs voix et revendications, cette colère sociale vient démasquer les défaillances qui ont longtemps rongé des secteurs sociaux vitaux au Maroc.
Lors d’une rencontre tenue le 30 septembre avec des jeunes membres du parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre de l’Habitat et coordinatrice nationale du parti, a livré un constat sans détour sur les mouvements sociaux récents et les attentes de la jeunesse marocaine. Selon la responsable ces protestations sont la preuve des échecs qu’ont connus à plusieurs égards les programmes gouvernementaux menés à ce jour dans différents domaines.
« Si nous avions réussi, nous n’aurions pas entendu aujourd’hui ces voix dans les rues et sur les réseaux sociaux, et cette colère n’existerait pas. Donc nous n’avons pas réussi », a tonné la responsable, également présidente du conseil communal de Marrakech, lors de cette rencontre qui intervenait juste après une réunion des dirigeants des trois partis de la majorité gouvernementale.
Admettant les limites des politiques publiques en matière sociale, la ministre a toutefois souligné que certains progrès ont été réalisés : « Nous avons réussi dans certaines stations… on ne peut pas dire que le Maroc de 2025 est le même Maroc des années 1980 et 1990 (…) mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas des problèmes. De vrais problèmes persistent ».
El Mansouri a également évoqué la nature du mouvement social actuel, qu’elle a qualifié de « nouvelle génération ». Les revendications de ces jeunes, a-t-elle poursuivi, « sont des revendications de dignité. Elles concernent l’éducation, la santé et la lutte contre la corruption », a-t-elle rappelé.
Pour la responsable du PAM, les slogans des manifestations traduisent « une réalité amère » pour les Marocains, une réalité que son parti porte depuis sa création. « Nous avons toujours considéré que la jeunesse marocaine avait son mot à dire sur la scène publique et qu’il fallait l’écouter », a-t-elle insisté, réaffirmant la nécessité de prendre en compte les aspirations des jeunes dans le débat politique national.
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