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ATTENTATLeila Alaoui : l’attitude de Paris critiquée, selon l’AFP

19.01.2016 à 17 H 16 • Mis à jour le 19.01.2016 à 17 H 29
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L'agence officielle AFP rapporte que l'attitude de la France a été critiquée par l'entourage immédiat de la jeune artiste décédée, citant notamment la nonchalance des autorités consulaires françaises à Ouagadougou. Une enquête a été ouverte par le Quai d'Orsay.

La photographe franco-marocaine Leïla Alaoui, décédée à la suite de l’attentat de Ouagadougou, devrait être enterrée mercredi au Maroc, tandis que sa famille a déploré l’attitude des autorités françaises durant son hospitalisation au Burkina.


La dépouille de la photographe de 33 ans, reconnue dans son milieu professionnel sera rapatriée au Maroc aux frais du royaume, a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Rabat. Leïla Alaoui sera ensuite enterrée à Marrakech probablement mercredi, selon ses proches.


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La jeune femme est décédée d’un arrêt cardiaque lundi soir dans la clinique de la capitale burkinabé où elle avait été transportée après avoir été blessée lors de l’attaque jihadiste menée vendredi soir contre un hôtel et un café, qui a fait 30 morts. Elle se trouvait, avec son chauffeur, Mahamadi Ouédraogo, qui a été tué, à bord d’une voiture prise pour cible par les assaillants.


Amnesty International, pour laquelle Leïla Alaoui était en reportage à Ouagadougou, a expliqué que l’aggravation de son état de santé n’avait pas permis son évacuation.


Des critiques ont toutefois été émises par des proches de la photographe sur la manière dont la France avait réagi après l’attentat. « Les autorités française ne se sont manifestées que le lundi vers 14H00 ou15 heures pour la voir à l’hôpital », alors que « j’avais appelé personnellement le consul dimanche matin », a déclaré son frère Soulaymane, interrogé depuis Ouagadougou par l’AFP.


Il a souligné avoir été accueilli à l’aéroport burkinabé par des représentants de l’ambassade du Maroc, qui « étaient les seuls à être là ». Egalement contactée, la mère de la photographe, qui s’était émue de l’attitude des autorités françaises alors que sa fille était hospitalisée, n’a pas souhaité faire de commentaire.


Une enquête ouverte au Quai d’Orsay

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a annoncé mardi qu’un « rapport » avait été demandé à l’Inspection générale du ministère sur les circonstances du décès. « Les équipes médicales et psychologiques françaises accompagnent la famille dans ce drame », a assuré son porte-parole, Romain Nadal. Le président François Hollande a présenté ses condoléances à la famille, tandis que le gouvernement et les députés ont observé mardi une minute de silence en hommage à toutes les victimes de l’attaque.


Née à Paris en 1982, Leïla Alaoui vivait et travaillait principalement entre Marrakech et Beyrouth, après avoir fait des études de photographie à New York. Elle exposait depuis 2009 dans le monde entier, combinant des approches documentaire et artistique. L’écrivain Tahar Ben Jelloun a salué sur son blog « une artiste passionnée et qui savait débusquer le réel derrière l’apparence, montrer la splendeur d’un corps derrière le voile des préjugés ». Les réactions ont été nombreuses au Maroc. « On a tué l’art, on a tué la jeunesse, On a tué la lumière », a dit Rachid Badouli, un responsable de la Fondation Orient-Occident à Rabat, avec laquelle Leila Alaoui avait collaboré sur la situation des migrants. A Paris, la Maison européenne de la photographie (MEP), où le travail de la jeune photographe était exposé jusqu’à dimanche dernier dans le cadre d’une Biennale, a également exprimé sa « profonde tristesse ».


AFP

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