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Coup de gueulePierre Bergé entre en guerre contre la mode islamique

30.03.2016 à 13 H 35 • Mis à jour le 30.03.2016 à 14 H 41
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Plusieurs grandes marques de vêtements proposent désormais des collections destinées aux femmes voilées. Un scandale pour l'ancien compagnon d'Yves Saint-Laurent qui défend sa marocophilie.

Des vêtements de bain à mi-chemin entre le bikini et la Burqa chez Marks &  Spencer, des hijabs chez Uniqlo… Les grandes enseignes de prêt-à-porter, mais aussi des créateurs comme Dolce &  Gabanna, lorgnent de plus en plus le Moyen-Orient et la clientèle islamique. Une tendance qui n’a pas manqué de faire bondir Pierre Bergé, compagnon d’Yves Saint-Laurent et ancien président de la chambre syndicale du prêt-à-porter des couturiers et créateurs de mode.


Traditionnellement catholique, la marque Dolce & Gabbana, basée à Milan, a dévoilé en janvier une collection Abaya composée de hijabs et d’abayas. Les pièces – quatorze silhouettes au total – sont de couleurs sobres, arborent des motifs fleuris -marguerites, roses- et des broderies délicates à l’italienne. COURTESY DOLCE & GABBANA

 

« Les créateurs de mode n’ont rien à faire sur le terrain de la mode islamique »

Invité du Grand Direct de l’Actu sur Europe 1, il explique les raisons de son coup de gueule : « Renoncez au fric, ayez des convictions ! Vous êtes là pour embellir les femmes » a lancé l’ancien compagnon d’Yves Saint Laurent ce mercredi dans un appel aux créateurs qui se lancent dans la mode islamique, les conjurant de « ne pas enfermer les femmes dans des voiles, comme des prisons, plus dur que cela en a l’air ». « Les créateurs de mode n’ont rien à faire sur le terrain de la mode islamique. Je suis scandalisé. Moi qui a été près de 40 ans au côté de Yves Saint Laurent, j’ai toujours cru qu’un créateur de mode était là pour embellir les femmes, pour leur donner la liberté, pas pour être le complice de cette dictature qui impose cette chose abominable qui fait qu’on cache les femmes, qu’on leur fait vivre une vie dissimulée », a dit Pierre Bergé en direct sur la radio française.


La firme japonaise Uniqlo s’est engouffrée dans le créneau de l’habillement des femmes musulmanes. En juillet 2015, la marque choisit la styliste et blogueuse anglo-japonaise et musulmane Hana Tajima pour lancer une collection spéciale vendue en boutique à Singapour et en ligne. PARKER FITZGERALD/ COURTESY UNIQLO


« Dans la vie, il faut se ranger du côté de la liberté. Il faut au contraire apprendre aux femmes à se dévêtir, à se révolter, à leur apprendre à vivre comme la plupart des femmes dans le monde entier », a ajouté le président de la Fondation Bergé/Saint Laurent. « On n’est pas dans un pays (NDLR : la France) qui a inventé les Droits de l’Homme pour faire ces choses là. C’est absolument inadmissible. Ce n’est pas tolérable », a-t-il souligné.


Pierre Bergé et Yves Saint Laurent. COURTESY PIERRE BERGE-YSL FONDATION


« Je ne suis pas islamophobe, je vis au Maroc  »

Pour Pierre Bergé, « ces créateurs qui participent à l’asservissement de la femme, devraient se poser des questions (…) D’une certaine manière, ils sont complices, tout cela pour faire du fric. Les convictions doivent passer avant l’argent », a-t-il ajouté. « Les femmes ont droit de se voiler, mais je ne vois pas pourquoi on va vers cette religion, ses habitudes, ses mœurs absolument incompatibles avec celles de la liberté qui sont les nôtres, occidentaux », soutient celui qui fut un proche de François Mitterrand. Alors que sa prise de position, déjà exprimée dans Le Parisien, n’a pas manqué de déchaîner de nombreuses critiques sur les réseau sociaux, l’intéressé se défend de tout discours islamophobe « Je vis la plupart du temps au Maroc : je ne suis pas islamophobe, vraiment pas ! », a assuré Pierre Bergé, qui par ailleurs a consacré le créateur marocain Noureddine Amir dans une rétrospective à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.


Avec AFP et Europe 1

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