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ECONOMIEArabie saoudite : Ben Salmane acte le début de l’ère post-pétrole

25.04.2016 à 20 H 49 • Mis à jour le 26.04.2016 à 10 H 01
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Ce lundi 25 avril, Mohammed Ben Salmane, l’omniprésent vice-prince héritier de la dynastie saoudienne et ministre de la défense était attendu sur les plateaux de la chaîne Arabiya pour présenter la refonte économique et sociale du modèle saoudien, sous le label Vision 2030. Dans les grandes lignes, le réformateur met la barre vers la sortie de la dépendance pétrolière en s’appuyant sur un programme libéral de compression des dépenses publiques qui pour certains signifie la rupture du pacte social saoudien.

Ce jour-ci, le marché n’attendait pas tant l’annonce des prévisions de croissance 2016 du FMI pour les pays du Golfe que les annonces de Vision 2030 sous les caméras de la chaîne saoudienne Al-Arabiya. Le prince réformateur n’a pas attendu les recommandations du FMI de couper dans les dépenses publiques et diversifier ses recettes, face à une croissance en repli à 1,2 % en 2016 (contre 3,4 % en 2015) et un environnement de prix bas pour le pétrole. Parmi les annonces-phares, le prince a confirmé la vente partielle du géant pétrolier Aramco en bourse, entreprise publique, et sa réorganisation.  Au-delà de cette annonce attendue, c’est un changement de culture au sommet de l’État saoudien qu’avance le vice-premier ministre basé sur la transparence, la lutte contre la corruption et surtout la fin de l’État-providence.

Un fonds à 2000 milliards de dollars pour drainer les investissements non-pétroliers

L’offre d’introduction en bourse concernera 5 % de la société-mère Aramco ainsi que ses filiales, « la plus grande offre publique initiale de l’histoire » selon les termes de MBS. La société pétrolière, poule aux oeufs d’or de la pétromonarchie, évaluée à plusieurs milliards de dollars, sera réorganisée en holding, avec un conseil d’administration élu. Cette ouverture au marché promet plus de transparence dans la gestion de la production pétrolière, alors que la société est accusée de communication insuffisante sur ses revenus.


Ces deux opérations doivent permettre de mettre à flot le nouveau fonds souverain avec 2000 milliards de dollars, et en faire un véhicule d’investissements non-pétroliers dynamique. Le prince a ainsi annoncé à la chaîne TV vouloir faire de l’Arabie saoudite un « acteur international » en sortant de la dépendance toxique au pétrole. « Le royaume peut vivre en 2020 sans dépendance au pétrole…L’addiction saoudienne au pétrole a perturbé le développement de plusieurs secteurs dans les années passées » a t-il déclaré.

La fin du pacte social

Parmi les mesures d’allégement de la dépense publique, le Royaume annonce poursuivre les coupes dans les subventions publiques sur l’eau et l’énergie. Déjà entamées dans la deuxième moitié de 2015, le réformateur promet de limiter leur impact sur les citoyens. La levée des subventions doit avoir pour contrepartie l’aide directe aux classes pauvres et intermédiaires qui en dépendent. Poussé sur le terrain de l’équité par ses détracteurs, le prince promet que la coupe concernera tout le monde, « y compris les princes et ministres ».


Le plan prévoit également pour alléger le train de vie de l’État, l’augmentation de la TVA, la vente d’actifs publics et la réduction des dépenses publiques fonctionnelles.


Si la mesure satisfait les milieux libéraux, l’enthousiasme ne se fait pas autant sentir chez les conservateurs, qui accusent le prince de rompre le contrat social saoudien, par lequel la population jouit des dividendes de la rente pétrolière en échange de leur allégeance à la famille Al Saoud.

La relance par la défense et les infrastructures

Confronté à un chômage croissant des jeunes saoudiens, la vision 2030 inclut également l’ambition de réduire l’inactivité de 11,6 % à 7 %.


Dans le programme de réformes, deux orientations industrielles se dessinent. La première ambition industrielle concerne la défense. « Comment pouvons-nous être le 3e importateur d’armes sans disposer d’industrie militaire ? ». MBS entend ainsi mettre en place une holding d’industries militaires d’ici 2017, détenue à 100 % dans un premier temps par l’État, avant d’être introduite sur la bourse saoudienne.


La deuxième ambition concerne les grandes infrastructures. Le pont Roi Salmane qui traversera la mer Rouge, reliant ainsi l’Europe et l’Asie, annoncée la semaine dernière en Egypte, doit permettre d’accroitre les flux commerciaux entre les deux continents.


Le tourisme enfin est une des facettes de la réorientation économique du Royaume, qui entend capitaliser plus que jamais sur ses atouts non-pétroliers.


Avec agences

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Le Desk Newsroom