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Révélations« LuxLeaks » : en quoi ce scandale concerne aussi le Maroc ?

30.04.2016 à 19 H 08 • Mis à jour le 25.07.2016 à 05 H 27
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Alors que le rôle des lanceurs d’alerte fait grand débat en Europe en marge du procès des fameux « LuxLeaks » qui se tient au Luxembourg, Le Desk a enquêté sur le volet marocain de l’affaire jusqu’ici complètement négligé. Comme pour les Panama Papers, il contient son lot de révélations.

Les documents « LuxLeaks » rendus publics en 2014, ont pour la première fois éclairé sur un vaste système, celui de l’évitement fiscal d’une multitude de multinationales en Europe et ailleurs dans le monde.


En recourant aux services de cabinets comptables spécialisés qui mettent sur pied des montages complexes, à la frontière de la légalité, ces entreprises organisent, en toute discrétion, leur insolvabilité fiscale par de subtils artifices validés par des Etats complaisants. Dans le cas d’espèce, il s’agit du Grand-Duché du Luxembourg, passé maître dans ces pratiques.


Le mécanisme répond à une définition froide, celle de l’optimisation fiscale qui profite donc à la fois aux bénéficiaires économiques finaux de ces entreprises, aux grands cabinets comptables et aux États associés à ces montages. La principale conséquence, ce sont des sommes astronomiques envolés chaque année qui manquent dans les caisses des pays où ces entreprises exercent leur activité. Celles-ci se soustraient ainsi au financement des services publics dont elles bénéficient pourtant dans les secteurs collectifs comme l’éducation, la santé, la justice, les infrastructures…


Alors que s’est ouvert il y a quelques jours le procès retentissant des lanceurs d’alerte à l’origine des « LuxLeaks » au Luxembourg, accusés pour « vol, violation du secret professionnel et du secret des affaires, blanchiment et complicité », et que les sociétés impliquées ne sont pas inquiétées, se prévalant du paravent de la légalité, Le Desk a décidé d’enquêter sur le volet marocain de l’affaire qui a totalement été négligé par la presse lorsque les documents des « LuxLeaks » ont été éventés.

Deux entreprises citées par les LuxLeaks

Deux entreprises, dont des bénéficiaires sont marocains, y sont citées : Maghreb Investments Ltd et Dalia Développement. A l’instar de l’affaire des Panama Papers avec le cas de Mohamed Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi Mohammed VI, qui, pour le compte de ce dernier et via la SMCD Limited nichée dans les Iles Vierges britanniques, a investi en toute discrétion au Maroc dans le groupe immobilier Alliances, comme l’a révélé dernièrement Le Desk, les actionnaires de ces deux entités ont cherché, par des montages byzantins, à contrôler dans le secret des entreprises locales depuis le Luxembourg afin que leurs bénéfices ne soient pas taxés.


Pour le cas de Maghreb Investments Ltd, nos investigations nous ont mené jusqu’aux marches du Palais, le prince Moulay Rachid et certaines personnes de son entourage ont été par ce véhicule d’investissement logé à Jersey puis au Luxembourg, les actionnaires cachés de la banque d’affaires casablancaise Upline. Dans celui de Dalia Développement, il s’agit de Hind Al Achchabi, une ancienne hôtesse de l’air reconvertie dans les affaires dont elle s’assure du contrôle à partir du Luxembourg.


Voici le récit documenté des accords qu’ils ont conclus avec les autorités fiscales du Grand-Duché. Des accommodements qui vont à l’encontre de l’équité fiscale et de toute éthique et morale.

Par @MarocAmar
Le Desk Newsroom