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DiplomatieA Libreville, Mohammed VI en médiateur entre Ali Bongo et Jean Ping?

04.11.2016 à 11 H 55 • Mis à jour le 05.11.2016 à 20 H 16
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La visite discrète du roi au Gabon aurait pour objectif, selon la presse locale, de faciliter l’ouverture d’un dialogue entre le président réélu Ali Bongo et son rival Jean Ping qui conteste toujours le résultat du scrutin de septembre. Une initiative qui avait été précédé d’un appel de la diplomatie marocaine à une réconciliation nationale

La presse d’opposition gabonaise croit savoir que le roi Mohammed VI, arrivé discrètement à Libreville le 1er novembre après avoir écourté son voyage en Afrique de l’Est en raison de l’insécurité qui règne en Ethiopie, devrait séjourner dans le pays pour au moins cinq jours.


Un déplacement inattendu et non officialisé qui aurait pour principal objectif, selon la presse locale, de tenter une médiation pour l’ouverture d’un dialogue entre Ali Bongo et son rival Jean Ping à la suite d’une élection présidentielle tumultueuse au terme de laquelle le président sortant a été réélu d’une courte tête.


Rabat avait pris acte de la décision rendue fin septembre par la Cour Constitutionnelle de la République gabonaise, validant la réélection du président Ali Bongo Ondimba. « Cette importante décision conclut le processus d’élection présidentielle dans ce pays africain frère », avait souligné un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « A cette occasion, le Maroc, fortement attaché aux liens exceptionnels entre les deux pays, appelle l’ensemble des protagonistes à respecter cette décision émanant de la plus haute juridiction du Gabon et à faire prévaloir les intérêts supérieurs de la Nation, sa stabilité et la prospérité de son peuple », avait ajouté la même source.


Rabat pour un « un dialogue inclusif et apaisé »

« Le royaume du Maroc est confiant que l’ensemble des forces politiques gabonaises agiront dans un esprit d’unité, d’entente et d’ouverture et s’engageront dans un dialogue inclusif et apaisé », avait notamment relevé un communiqué relayé par l’agence officielle MAP le 24 septembre 2016.


L’initiative royale qui découlerait de cet appel à la tempérance aurait été précédée d’un intense ballet diplomatique que la France soutiendrait en coulisses, soulignent certains médias gabonais qui évoquent toutefois les réticences de Jean Ping « à normaliser ses relations conflictuelles avec Ali Bongo ».


Par ailleurs, le roi, qui compte saisir la tenue de la COP 22 à Marrakech (7-18 novembre) pour organiser un mini sommet africain voudrait à l’évidence s’assurer de la présence du chef de l’Etat gabonais, un de ses indéfectibles alliés en Afrique centrale, malgré la situation délétère qui prévaut encore dans son pays.


Dans un éditorial au vitriol paru jeudi 3 novembre, Les Echos du Nord, un journal d’opposition réputé pour son hostilité au régime en place, a sévèrement critiqué ce qu’il a désigné comme une ingérence du Maroc dans les affaires internes du Gabon, titrant « Le Gabon n’est pas une province du Maroc ». Le même jour, il subissait une descente musclée des forces de l’ordre menant à l’arrestation d’une vingtaine de personnes, journalistes et personnel administratif.


Le porte-parole du gouvernement gabonais, Alain-Claude Bilie By Nze, a cependant expliqué que ces interpellations n’ont pas de lien avec la présence du roi à Libreville, mais font suite à la publication d’un article mettant en cause de hauts officiers gabonais, et notamment un général, accusé d’avoir préparé une tentative de coup d’Etat et qui aurait pour cette raison été arrêté. Article mensonger, selon le gouvernement gabonais, et sur lequel les journalistes interpelés sont donc sommés de s’expliquer.

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Le Desk Newsroom