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Maroc - ONUEnnemi juré de la nation il y a quelques mois, Ban Ki-moon accueilli en guest star à Marrakech

15.11.2016 à 12 H 03 • Mis à jour le 15.11.2016 à 12 H 06
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De l'eau a coulé sous les ponts depuis mars dernier où la tension était à son paroxysme entre Rabat et le Secrétaire général de l’ONU autour de la question du Sahara. En fin de mandat, Ban Ki-moon est reçu aujourd’hui à bras ouverts à Marrakech

Ban Ki-moon, a exprimé, mardi à Marrakech, sa « profonde admiration et son respect à l’égard de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à son gouvernement et à l’égard du peuple marocain », en faisant part de sa « gratitude » suite à la décision du souverain d’accueillir à la 22ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique. « Tout au long de mon mandat à la tête des Nations Unies, j’ai travaillé en étroite collaboration avec Sa Majesté le Roi et j’attends avec impatience la rencontre bilatérale avec le souverain », a souligné le Secrétaire général de l’ONU, lors d’une conférence de presse en marge des travaux de la COP22.


Ban Ki-moon lors de son point presse ce matin à la conférence sur le climat COP 22 à Marrakech. ONU


Le SG de l’ONU copieusement insulté

Un discours qui tranche avec la crise ouverte il y a quelques mois entre le Maroc et le SG de l’ONU. En mars dernier, Ban Ki-moon disait « regretter » le fait qu’il ait parlé « d’occupation marocaine » au Sahara lors de sa tournée dans la région, sans pour autant s’excuser comme l’exigeait Rabat, qui pour la circonstance avait organisé une manifestation contre le SG de l’ONU durant laquelle il avait été copieusement insulté, autant par la foule chauffée à blanc par les médias d’Etat que par certains politiques.


Les manifestants, venant de toutes les régions du Maroc grâce à un dispositif logistique sans précédent déployé par l’Etat, avaient fustigé l’ « absence de neutralité » de Ban Ki-moon dans le dossier épineux du Sahara. Dans un communiqué Ban Ki-moon avait exprimé « sa profonde déception et sa colère concernant la manifestation (…), qui l’a ciblé personnellement ».


13 mars 2016 à Rabat. Deux millions de personnes (agence MAP) ont marché dans les rues de Rabat pour protester contre les récentes déclarations sur la question du Sahara du Secrétaire général de l'O.N.U., Ban Ki-moon. DAVID RODRIGUES / LE DESK

 

Salaheddine Mezouar qui accueille aujourd’hui à Marrakech Ban Ki-moon en sa qualité de président du comité de pilotage de la COP 22, avait, en tant que ministre des Affaires étrangères émis un communiqué qui affirmait que « la situation provoquée par les propos et les actes inadmissibles du Secrétaire Général, ne peut se réduire à un simple malentendu. Il s’agit, en réalité, d’actes d’une gravité sans précédent, qui ne sont ni justifiables ni effaçables ».

 

Le mandat de la Minurso restauré

Dans son rapport au Conseil de sécurité en avril, le Secrétaire général exprimait aussi ses regrets que le gouvernement marocain « a renoncé à demander des clarifications à travers la voie diplomatique, émettant à la place des déclarations publiques et des communiqués et en organisant des manifestations de masse à Rabat et à Laâyoune ». Il avait également répété que ses déclarations et actions ne signifiaient pas une prise de position en faveur d’une des parties ni un changement d’approche des Nations Unies sur le dossier du Sahara. Il demandait aussi au Conseil de sécurité de « restaurer et soutenir » le mandat de la Minurso dont les membres avaient été expulsés du pays, estimant que le départ des Casques Bleus ou leur incapacité à accomplir leur mandat augmenterait significativement le risque d’une reprise du conflit armé.


Le Conseil de gouvernement réuni fin mars avait estimé que les décisions prises par le Maroc concernant la Minurso « sont proportionnelles aux graves dérapages du Secrétaire général de l’ONU qui ont porté atteinte à l’intégrité territoriale et au peuple marocain, et sont irrévocables ». Fin septembre, Mezouar indiquait que la mission onusienne avait « retrouvé la plénitude de ses fonctions ».

 

A la mi-octobre, l’Assemblée générale des Nations Unies, suivant les recommandations du Conseil de sécurité désignait officiellement l’ex-Premier ministre portugais, Antonio Guterres comme prochain Secrétaire général de l’ONU. Un mandat qui va démarrer le 1er janvier prochain pour une durée de cinq ans.

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Le Desk Newsroom