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Crise diplomatiqueLe Maroc et huit autres pays arabes se retirent du sommet arabo-africain de Malabo

23.11.2016 à 01 H 26 • Mis à jour le 23.11.2016 à 02 H 14
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Le Maroc et huit autres pays arabes, à savoir l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Bahrein, Qatar, le Sultanat d’Oman, la Jordanie, le Yémen et la Somalie, ont claqué la porte du 4ème sommet arabo-africain qui se tient à Malabo, capitale de la Guinée Equatoriale en raison de la participation du Polisario

Le Maroc et huit autres pays arabes, à savoir l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes unis, Bahrein, Qatar, le Sultanat d’Oman, la Jordanie, le Yémen et la Somalie, se sont retirés du 4ème sommet arabo-africain qui se tient à Malabo, capitale de la Guinée Equatoriale, à cause « de la présence de l’emblème d’une entité fantoche dans les salles de réunions », a indiqué le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération dans un communiqué relayé par l’agence MAP tard hier soir, qui ne précise pas pour autant la présence effective d’une délégation du Polisario.


La décision était déjà évoquée depuis 48 heures en marge des réunions préparatoires du sommet. L’Arabie saoudite et les Emirats, pays alliés traditionnels du Maroc avaient déjà annoncé leur retrait des travaux en raison de la participation d’une délégation de la « RASD », selon diverses sources médiatiques arabes.


Le sommet s’est ouvert le 17 novembre. Un forum d’affaires a eu lieu le 18. Malabo accueillait lundi 21 la réunion des ministres des Affaires étrangères et celle des ministres des Finances. Durant celle des ministres des Affaires étrangères préparatoire à celle des chefs d’Etat et de gouvernement devant se tenir aujourd’hui, la délégation marocaine, menée par Anis Birou, ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration, avait, selon l’agence de presse Andadolu, quitté la salle plénière où les couleurs de la« RASD »  avaient été levées. La presse panarabe basée à Londres avait alors déjà annoncé un retrait imminent du Maroc et certains de ses alliés du sommet.


Le premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Koweït, Cheikh Sabah Khaled Al-Hamad Al-Sabah, qui co-présidait cette réunion au nom du bloc arabe, avait alors déployé des efforts diplomatiques « pour sauver la réunion ministérielle de l’effondrement », rapporte l’agence Anadolu.Des tractations auxquelles ont participé par ailleurs les représentants du Caire et de Khartoum, selon la correspondante d’une chaine de télévision égyptienne, et qui avaient abouti dans un premier temps à un ajournement des travaux du conseil ministériel à une date non spécifiée. Deux réunions d’urgence avaient été tenues dans la foulée par les pays africains membres de l’UA, d’une part, et d’autre part par les pays qui ont suivi le Maroc dans son retrait, alors que les chefs d’Etat et de gouvernement commençaient déjà à affluer en Guinée équatoriale, dont ceux d’Egypte, du Nigéria, du Zimbabwe et du Gabon.


Des divergences de vue irréconciliables

Des sources diplomatiques citées par plusieurs médias arabes ont confirmé que les « divergences de vues entre les pays africains membres de l’UA et les pays arabes membres de la Ligue arabe étaient irréconciliables », les premiers estimant que l’expulsion d’un Etat membre de l’UA était « inacceptable » au regard de la charte de l’instance panafricaine, alors que le camp arabe faisait valoir que la « RASD », n’était ni membre des Nations Unies, ni Etat siégeant à la Ligue arabe. La dénomination même de ce type de sommets avait pourtant été modifiée pour ne pas les identifier formellement à l’Union africaine et éviter se faisant ces contraintes diplomatiques et protocolaires.


De son côté, la Guinée équatoriale, pays hôte qui se prépare à l’organisation de ce sommet depuis un an, n’a pas été non plus en mesure d’éviter son échec. Certaines parties lui reprochent de n’avoir pas su gérer la situation en amont, comme l’avait fait le Koweït en novembre 2013, en refusant la participation de la « RASD » avant l’ouverture du sommet.


Le Maroc et les huit pays arabes « ont été contraints de se retirer du sommet pour ne pas cautionner le non respect des principes de l’action arabo-africaine et ne pas être comptables devant l’histoire du renoncement aux acquis communs », souligne le ministère des Affaires étrangères dans son communiqué précisant que « la participation aux activités organisées par les deux parties, en tant que l’un des principes inhérents au respect de l’unité territoriale des Etats, doit se limiter aux seuls pays membres de l’ONU, chose qui n’a pas été respectée à travers la présence de l’emblème d’une entité fantoche aux salles de réunions ».


Le Maroc évoque le respect de la souveraineté des Etats

Le Maroc et les autres pays arabes qui ont annoncé leur retrait du sommet, souligne le communiqué, ont « toujours été et demeurent totalement conscients de l’importance du partenariat arabo-africain, des enjeux qu’il représente pour le renforcement de la place de ces deux groupements et de leur rôle dans l’instauration de la paix et de la stabilité dans le monde et pour répondre aux aspirations des peuples au développement et à la préservation de la dignité du citoyen arabe et africain tout en respectant la souveraineté des Etats, leur unité territoriale et leur traitement sur le même pied d’égalité ».


« L’attachement de ces pays à ces principes a toujours été et restera fort tout comme leur souci constant de se conformer aux principes communs ayant permis de lancer le partenariat arabo-africain, à travers le deuxième sommet tenu en 2010 à Syrte et le troisième sommet organisé au Koweit en 2013 », affirme le communiqué.


Parmi ces principes, relève la diplomatie marocaine, « la participation aux activités organisées par les deux parties, en tant que l’un des principes inhérents au respect de l’unité territoriale des Etats, doit se limiter aux seuls pays membres de l’ONU, chose qui n’a pas été respectée à travers la présence de l’emblème d’une entité fantoche aux salles de réunions ».


Toutefois, note la même source, « la situation n’a pas changé en dépit des efforts responsables et sincères déployés par ces pays, ainsi que par d’autres Etats, pour imposer le respect de ces principes consacrés par les précédents sommets arabo-africains, ajoutant que ces pays ont été malheureusement dans l’obligation de se retirer des travaux du sommet pour ne pas cautionner le non respect des principes de l’action arabo-africaine et ne pas être comptables devant l’histoire du renoncement aux acquis communs devant permettre aux arabes et africains d’édifier l’avenir et faire face aux défis sécuritaires et de développement qui se posent devant eux ».


« Le Royaume du Maroc et d’autres pays arabes et africains ont veillé à apporter tout le soutien et garantir les meilleurs conditions pour le succès de ce sommet qui se tient dans ce pays africain ami et renouvellent leur grande considération à la Guinée Equatoriale, président, gouvernement et peuple, pour les grands efforts déployés dans ce sens », ajoute le communiqué.


Lors de la précédente édition en 2013 qui se tenait au Koweït, les Etats du Golfe avaient promis à l’Afrique un milliard de dollars d’ici 2018 dans le cadre du Fonds koweïtien du développement économique. Durant le sommet équato-guinéen, les Etats africains et du Golfe se disaient déterminés à vouloir aller au-delà des déclarations de principes et tirer profit du potentiel du continent. Un mécanisme financier arabo-africain pour accélérer les flux de capitaux arabes vers l’Afrique devait être au centre des discussions lors de ces rendez-vous. Les rencontres cruciales et inédites des ministres des Affaires étrangères et ceux de l’Economie, des Finances et du Commerce avaient pour principal objectif la mise en œuvre des décisions prises trois ans plus tôt au Koweït, pays qui lui a décidé de ne pas suivre le Maroc dans son boycott.


« La plupart des pays ont soutenu cette position claire et conforme aux principes du droit international, dont en premier lieu le respect de la souveraineté des Etats et de leur unité territoriale », a indiqué le communiqué des Affaires étrangères. Ni la Guinée équatoriale, ni l’Union africaine n’ont encore réagi à la décision de retrait du Maroc et de ses alliés.

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