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Diplomatie royaleLe Nigeria se prépare à l’arrivée de Mohammed VI mais réaffirme son soutien au Polisario

30.11.2016 à 11 H 53 • Mis à jour le 30.11.2016 à 11 H 53
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Le roi Mohammed VI est attendu demain au Nigéria pour une visite officielle axée sur le développement des relations bilatérales. Le président nigérian Muhammadu Buhari a néanmoins réaffirmé son soutien au Polisario en recevant lundi le nouvel ambassadeur de la RASD à Abuja, Malainine Sadik Bachir.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a reçu mardi à Abuja le cheikh de la Tariqa Tijania au Maroc, Mohammed El Kabir Ibn Ahmed Tijani, avant l’arrivée prévue jeudi du roi Mohammed VI, rapporte l’agence de presse nigériane NAN. Une visite officielle qui doit permettre de développer les relations bilatérales dans le cadre de la nouvelle approche du royaume vers le reste du continent.


La coopération religieuse, un des fers de lance de la diplomatie marocaine, devrait se développer entre le Maroc et le géant ouest-africain, en butte à l’extrémisme religieux et aux exactions du groupe terroriste Boko Haram au nord-est du pays. Plus d’une cinquantaine d’imams nigérians ont d’ailleurs déjà été envoyés en début d’année à l’Institut Mohammed VI de formation des imams à Rabat.


Le président du Nigéria Muhammadu Bouhari a reçu en juillet 2016 le ministre délégué aux Affaires étrangères Nasser Bourita et le patron de la DGED Yassine Mansouri. SUNDAY AGHAEZE


En proie à une grave crise économique et budgétaire liée à la baisse des cours mondiaux des hydrocarbures et aux attaques incessantes des rebelles sur les infrastructures pétrolières dans le Delta du Niger, Muhammadu Buhari, actuellement en chute libre dans les sondages d’opinion, mise également sur le développement de partenariats économiques avec le royaume.


Comme en Ethiopie, c’est l’OCP qui est en première ligne avec le projet d’implantation d’une usine d’engrais au Nigéria, qui a été discuté en juillet dernier à Abuja entre le président nigérian et les émissaires de Mohammed VI, Nasser Bourita et Yassine Mansouri. Mohammadu Buhari s’était félicité à cette occasion de l’impact anticipé d’un tel projet sur la sécurité alimentaire du pays et la création d’emplois. Les engrais constituent déjà, avec les conserves de sardines, un des principaux postes d’exportation vers le Nigéria (372 millions de dirhams en 2015 selon l’Office des changes). Outre l’agriculture, le Nigéria s’attend aussi au développement de projets dans le secteur de l’énergie solaire, selon l’agence NAN.


Lire aussi : Enquête sur l’influence réelle du soft-power de Mohammed VI en Afrique

Soutien affiché au Polisario

Si les relations bilatérales sont aujourd’hui au beau fixe – Mohammadu Buhari s’est d’ailleurs félicité de l’accueil qui lui a été réservé lors de son séjour à Marrakech pour la COP22 – le Nigéria ne semble pas encore prêt pour autant à revoir sa position sur le conflit au Sahara. Abuja reste un des principaux soutiens du Polisario sur le continent et le président nigérian a tenu à le faire savoir en déroulant le tapis rouge au nouvel ambassadeur de la RASD au Nigéria, Malainine Sadik Bachir, lors d’une rencontre officielle tenue lundi au siège de la présidence.


Le Nigéria ne s’oppose pas au retour du Maroc au sein de l’Union africaine, qui devrait être acté lors du prochain sommet de l’UA à Addis-Abeba fin janvier, mais ne devrait pas non plus soutenir une éventuelle exclusion ou suspension de la RASD de l’organisation continentale. Une position similaire à celle de l’Ethiopie, qui a affirmé dans le communiqué conjoint sanctionnant la récente visite de Mohammed VI à Addis-Abeba son ferme attachement aux « valeurs et principes » de la charte de l’Union africaine. L’acte constitutif de l’UA mentionne notamment « l’égalité souveraine  » de tous les Etats membres de l’Union ainsi que le « respect des frontières existant au moment de l’accession à l’indépendance ».


Outre l’Algérie et l’Afrique du sud, un autre poids-lourd du continent, le Kenya, s’est aussi prononcé dans ce sens lors du dernier sommet afro-arabe de Malabo, qui a vu le retrait du Maroc et de certains de ses alliés du Golfe suite à la présence d’un siège réservé à la RASD. Dans son discours à la tribune, la ministre kenyane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, candidate à la présidence de la commission de l’UA, avait réaffirmé son soutien au Polisario en rappelant que la RASD est un membre fondateur de l’UA et que cette position est « non-négociable  ».

Par @CGuguen
Le Desk Newsroom