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Rabat - MoscouAlep : un officier de renseignement marocain détenu par les Russes ?

19.12.2016 à 05 H 22 • Mis à jour le 19.12.2016 à 05 H 50
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Des sources russes et syriennes affirment que plusieurs officiers de renseignement étrangers, dont un Marocain, ont été capturés alors qu’ils se trouvaient dans un bunker d’Alep. Une arrestation qui a précédé d’un jour la visite surprise à Rabat du plus haut responsable sécuritaire russe

Selon plusieurs sources médiatiques pro-russes, alors que l’évacuation d’Alep-Est avait été autorisée pour les jihadistes et leurs familles –  vers Idlib pour les affidés à Al Qaïda et vers Raqqa pour ceux acquis à Daech -, l’armée russe, secondée par des éléments des forces gouvernementales syriennes aurait procédé à l’arrestation mercredi 14 décembre au matin dans le sous-sol d’un bunker présenté comme une cache gérée par l’OTAN d’au moins 14 officiers de renseignement étrangers de diverses nationalités.


Un Marocain parmi les officiers étrangers… 

8 Saoudiens, 1 Qatari, 1 Turc, 1 Américain, 1 Israélien, 1 Jordanien et 1 Marocain ( Mohamed E. I.) figurent sur la liste non exhaustive qui a été dévoilée par le député et président de la Chambre de commerce d’Alep, Faris Shihabi sur son compte Facebook le jeudi 15 décembre.



Le notable de la ville, connu pour sa défense inconditionnelle du régime de Bachar al-Assad, a expliqué que la présence de ces officiers a été une des causes du retard pris pour l’évacuation des civils de ce secteur de la ville.


Il aura fallu selon lui l’intervention de la Turquie auprès de Moscou pour que ces officiers étrangers confinés « dans une salle d’opérations spéciale » située dans le soubassement d’un bâtiment du Souk Sad al-Louz situé dans le quartier d’Al Chiaâr, en soient extraits sains et saufs. « Les négociations ont été rendues plus compliquées à cause d’eux », a indiqué Shihabi.


L’information avait été immédiatement confirmée par ailleurs par le journaliste pro-régime de Bachar al-Assad, Said Hilal Al Charifi qui rallongeait quelque peu les nationalités des supposés détenus sur son compte Facebook.



Relayée par quelques sites et blogueurs acquis à Damas et pour certains il est vrai conspirationnistes, la nouvelle n’a pas été jugée suffisamment crédible par les grands organes de la presse occidentale alors qu’elle était fuitée au moment où le Conseil de sécurité des Nations unies entamait à New York une réunion à huis clos sur la Syrie.


La raison de la visite expresse de Patrouchev à Rabat ?

Coïncidence frappante, le 14 décembre en début de soirée, l’agence de presse officielle russe RIA Novosti annonçait le déplacement à Rabat de Nikolaï Patrouchev, principal responsable sécuritaire du pays qui dirige le Conseil de sécurité depuis 2008 et qui était auparavant à la tête du Service fédéral de sécurité russe (FSB) et du Comité national antiterroriste (NAK). Une visite expresse de deux jours –  les 15 et 16 décembre –  qui n’avait pas été communiquée côté marocain. Celle-ci est intervenue au lendemain d’une réunion du Conseil de sécurité russe tenue à Moscou par le président Vladimir Poutine consacrée à la situation en Syrie – à Alep et dans la région de Palmyre – à laquelle Patrouchev a assisté aux côtés des principaux dignitaires et hauts gradés du pays.


Vendredi 16 décembre, le cabinet royal faisait état d’une audience accordée par le roi Mohammed VI à Nikolaï Patrouchev, en présence du conseiller royal Fouad Ali El Himma et du ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad. Une rencontre qui « s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique renforcé, scellé à Moscou lors de la rencontre entre le souverain et le président Vladimir Poutine », avait précisé sans plus de détails le communiqué du Palais, qui soulignait que « le roi a réitéré sa détermination à travailler, main dans la main, avec le président russe afin de renforcer et approfondir la coopération stratégique dans l’ensemble des domaines ».

 

Selon les informations du Desk, Nikolaï Patrouchev avait tenu des réunions de travail la veille avec Fouad Ali El Himma qu’il avait déjà rencontré à Moscou en janvier 2016 et Abdellatif Hammouchi, patron du pôle sécuritaire DGSN-DGST avec qui il a avait eu des entretiens en Russie en avril 2016.


Plusieurs raisons avaient été évoquées par la presse pour tenter d’expliquer la visite inattendue de Patrouchev au Maroc, dont les propos critiques du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane sur l’engagement russe en Syrie qui lui ont valu de vives remontrances du Palais … Le cas de l’officier de renseignement marocain arrêté à Alep, si l’information venait à se confirmer, serait alors à considérer.

Par @MarocAmar
Le Desk Newsroom