Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

Islam de FranceDalil Boubakeur : « la France n’est pas une terre d’islam »

29.03.2017 à 19 H 12 • Mis à jour le 29.03.2017 à 19 H 12
Par
L’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris a élaboré une « proclamation de l’islam en France » définissant et décrivant l’islam tel qu’il est pratiqué par la « majorité des musulmans » dans l’Hexagone et doit être pratiqué par tous « au regard des réalités d’aujourd’hui »

L’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris a élaboré une « proclamation de l’islam en France » définissant et décrivant l’islam tel qu’il est pratiqué par la « majorité des musulmans » dans l’Hexagone et doit être pratiqué par tous « au regard des réalités d’aujourd’hui », rapporte Le Point qui publie l’intégralité du document.



« La France n’est pas une terre d’islam : elle est une terre où coexistent plusieurs religions, dont l’islam, ainsi que des habitants qui sont athées ou agnostiques. Dans ce contexte, tout musulman doit évidemment respecter les valeurs et les lois de la République française », affirme le texte daté du 28 mars et signé par Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui définit l’islam en France. La proclamation s’élève notamment contre les usurpateurs de l’islam : « Tout musulman doit prendre garde à ne pas chercher sa culture religieuse auprès de sources, de prédicateurs, de prêcheurs télévisuels, qui ne sont pas reconnus par les savants les plus respectés de la communauté ».


Condamnation de l’islam intégriste

La proclamation proscrit également toute velléité belliqueuse aux musulmans en France. « Il est explicitement interdit à tout musulman de déclencher une guerre, car ce type de djihad n’est permis qu’en situation de légitime défense contre un agresseur (Coran 2, 190). En outre, si l’adversaire est disposé à faire la paix, les musulmans ont le devoir de chercher eux aussi à obtenir la paix. Il s’ensuit que les criminels qui se prétendent djihadistes sont des usurpateurs impies du jihad et, par voie de conséquence, des usurpateurs impies de l’islam, qui est la religion de la paix ». Le texte condamne de plus l’islam intégriste, qu’il qualifie d’« interprétation erronée de l’islam, reposant sur une lecture du texte sélective, partiale et au premier degré, qui conduit à l’obscurantisme, à la pédanterie ignorante, à la misogynie, au sectarisme et au refus des valeurs républicaines ».


La proclamation interdit également « les châtiments corporels » ainsi que « la polygamie », tout en prônant un islam des lumières en expliquant que les « théories scientifiques actuelles les plus avancées », en particulier la théorie du big bang et la théorie darwinienne de l’évolution, sont « compatibles » avec l’islam.


Polygamie proscrite, port du voile non imposé

Bien que considérant légitime qu’un musulman se dise « blessé ou offensé » par les caricatures du prophète, la proclamation condamne cependant toute justification de l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo. « Nul musulman n’a le droit d’exiger que la France modifie ses valeurs et ses lois pour convenir à sa propre foi, tout comme nul chrétien, nul juif, nul athée, nul agnostique n’en ont le droit », édicte également le texte. La proclamation de l’islam en France n’impose également pas le port du voile aux femmes musulmanes, affirmant qu’« hommes et femmes de confession musulmane ont simplement le devoir de s’habiller d’une façon décente » et que l’« égalité entre hommes et femmes s’impose ».


La proclamation dénonce par ailleurs la création de la Fondation de l’islam de France, présidée par l’ancien ministre de l’Intérieur français Jean-Pierre Chevènement, y voyant une « tendance actuelle à vouloir désigner des autorités de tutelle n’étant pas de confession musulmane aux fins d’encadrer avec paternalisme l’expression du fait religieux musulman dans la société française : cela, au mépris de la liberté religieuse et de la séparation des Églises et de l’État ».

Par
Le Desk Newsroom