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Al HoceimaLa défense du Hirak dénonce des conditions de détention déplorables

17.06.2017 à 15 H 50 • Mis à jour le 17.06.2017 à 15 H 50
Par La rédaction
Nourriture de mauvaise qualité, isolement, durée des visites limitée à 10 minutes… Les droits fondamentaux des prisonniers ne sont pas respectés, s'insurgent les avocats

Plusieurs nouvelles arrestations, dont celle du directeur du site d’information RifPress, Mohammed Al Hilali, continuent d’être signalées à Al Hoceima, épicentre de la contestation qui secoue depuis sept mois le nord du Maroc, alors que le conclave réuni à Tanger par Ilyas El Omari faisait état au même moment de ses recommandations pour l’élargissement des détenus.



Plus d’une centaine de personnes ont été interpellées depuis fin mai à Al Hoceima, dans une vague d’arrestations visant le noyau dur d’un mouvement de contestation populaire réclamant depuis des mois le développement du Rif.



Ces principaux meneurs du Hirak, dont son leader Nasser Zafzafi, ont été emprisonnés à Casablanca et sont accusés notamment « d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».


Cinq d’entre eux, parmi lesquels Zefzafi et Nabil Ahamjik, protestent contre leurs conditions de détention et ont menacé d’entamer une grève de la faim de trois jours, a-t-on appris vendredi auprès de leurs avocats.


« Nourriture de mauvaise qualité, isolement, durée des visites limitée à 10 minutes… Les droits fondamentaux des prisonniers ne sont pas respectés », a accusé Me Rachid Benali, coordinateur du Comité de défense des détenus d’Al Hoceima.


« Ils sont en cellule d’isolement, ce qui s’apparente à une mesure punitive alors même qu’ils n’ont pas été jugés », a dénoncé Abdessadek El Bouchattaoui, un autre avocat des détenus.



Le militant Rabii Elablak est lui déjà en grève de la faim depuis dix jours, et « son état de santé s’est beaucoup détérioré », a affirmé Me Benali.


Un proche de l’un de ces détenus a dénoncé auprès de l’AFP des « conditions de détention déplorables », même si le prisonnier en question « n’a pas subi de violences physiques ».


« Il porte les mêmes vêtements depuis son arrestation (…), il a beaucoup maigri », a accusé ce proche, affirmant que les gardiens de la prison interdisent aux détenus de parler rifain avec leurs visiteurs.


Contactée par l’AFP vendredi, l’administration pénitentiaire n’a pas fait de commentaires.


Dans un communiqué mercredi, elle avait assuré « respecter scrupuleusement » les droits des détenus, rejetant les « rumeurs selon lesquelles ils seraient en grève de la faim ».


Les premières audiences du « groupe de Casablanca » débuteront lundi à et s’étaleront sur près d’un mois, avec une comparution de Zafzafi le 10 juillet. La défense demandera la remise en liberté provisoire des militants, selon Me Benali.


Vendredi, deux personnes ont été remises en liberté après leur audition à Casablanca, toujours selon les avocats.

Par La rédaction
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