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DiplomatieZuma: Rabat a tendu la main à Pretoria sans conditions préalables

03.12.2017 à 15 H 25 • Mis à jour le 04.12.2017 à 01 H 51
Par Issam El Yadari
Dans un entretien accordé à un média sud-africain, le président Zuma explique que le rapprochement inédit du Maroc et de l’Afrique du Sud scellé à Abidjan avec Mohammed VI a été à l’initiative du royaume. Les relations entre les deux poids lourds du continent seront rétablies malgré leurs divergences sur le dossier du Sahara

Le président sud-africain Jacob Zuma a souligné « l’importance de renforcer les relations avec le Maroc, un pays africain qui avait accordé un précieux soutien à la lutte du peuple sud-africain contre le régime de l’apartheid ».

 

« Le Maroc est une nation africaine avec laquelle nous devons avoir des relations », a dit Zuma dans une interview relayée dimanche par le quotidien sud-africain City Press« Nous n’avons jamais eu de problèmes avec eux de toute façon  ils ont été les premiers à retirer leurs relations diplomatiques ». Le Maroc avait rappelé unilatéralement son ambassadeur d’Afrique du Sud en 2004 après que l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki ait reconnu la “RASD” .


« Ils ont estimé que même si nous sommes différents sur les questions du Sahara Occidental, les deux pays devraient avoir une relation », a déclaré Zuma à propos de la position des responsables marocains exprimée lors sa rencontre inédite avec Mohammed VI à Abidjan.


Ce développement intervient suite aux entretiens qui ont eu lieu mercredi à Abidjan entre le roi Mohammed VI et le président Zuma en marge du 5ème Sommet Union Africaine-Union Européenne (UA-UE).


Des remous à venir au sein de l’ANC ?

La position officielle du gouvernement de l’Afrique du Sud –  comme l’a réaffirmé Zuma dans l’un de ses discours sur l’état de la nation –  est de soutenir « l’autodétermination et la décolonisation du Sahara occidental ».


La décision de rétablir les liens avec le Maroc risque cependant de susciter des remous au sein du parti de l’African National Congress (ANC) au pouvoir en Afrique du Sud, dont Zuma est le leader, estime Reuters.


L’ANC –  l’un des plus anciens mouvements de libération d’Afrique –  soutient depuis longtemps ceux qui cherchent l’indépendance du Sahara occidental et a accusé à maintes reprises le Maroc d’occuper la territoire.


Le Président sud-africain a rappelé le soutien apporté par le royaume au peuple sud-africain durant sa lutte pour la libération du régime de la ségrégation raciale.


Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Afrique du Sud n’a pas pu être joint par Reuters pour des commentaires ce dimanche.


« Le Maroc devra désigner un ambassadeur à Pretoria comme premier signe de la volonté des deux pays de relever le niveau de leurs représentations diplomatiques dans les capitales des deux pays », a dit le président sud-africain. A ce propos, le roi Mohammed VI et le président Zuma ont décidé que le cadre de la représentation diplomatique sera relevé par la désignation d’ambassadeurs de haut niveau à Rabat comme à Pretoria.


Le Maroc a été l’un des pays où l’ancien Président Nelson Mandela s’était rendu pour chercher un expérience militaire au début des années 1960 et pour former les militants d’Umkhonto weSizwe (NDLR : l’aile armée du parti de l’African National Congress (ANC), a rappelé Zuma, soulignant : « ils (Les Marocains) nous ont beaucoup aidé ».


« C’est pour ces raisons que Mandela a senti, après sa remise en liberté (en 1990), qu’il était nécessaire de se rendre au Maroc pour remercier les Marocains », a ajouté le président Zuma.

 

Lors de leurs entretiens à Abidjan, le roi Mohammed VI et le président Zuma ont convenu de « travailler ensemble, main dans la main, pour se projeter dans un avenir prometteur, d’autant plus que le Maroc et l’Afrique du Sud constituent deux pôles importants de stabilité politique et de développement économique, respectivement à l’extrême nord et l’extrême sud du continent », rapporte la MAP.


Ils ont aussi convenu de maintenir un contact direct et de se lancer dans « un partenariat économique et politique fécond afin de construire des relations fortes, pérennes et stables et dépasser ainsi l’état qui caractérisait les relations bilatérales », poursuit l’agence.

Par Issam El Yadari
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