Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

TerrorismeLe dernier Marocain de Gitmo ne sera pas libéré par Trump

15.12.2017 à 23 H 43 • Mis à jour le 15.12.2017 à 23 H 52
Par
Après 15 ans de détention à Guantanamo, l’ancien « lieutenant » de Ben Laden, autorisé à être renvoyé au Maroc sous Obama en 2016, risque de demeurer en prison à vie. L’accord diplomatique a été donné par Rabat hors délai, quelques jours après l’élection de Trump. Celui-ci refuse aujourd’hui de le libérer

Abdellatif Nasir, dernier prisonnier marocain de Guantanamo, ne sera probablement jamais libéré. Pourtant, courant 2016, il apprenait que Washington considérait désormais qu’il ne représentait plus une menace pour les Etats-Unis t qu’il pourrait être expulsé vers le Maroc. « Je suis ici depuis 14 ans », avait-t-il déclaré à l’époque. « Quelques mois de plus ne sont rien. »


Lire aussi : Les rêves de retour d’Abdellatif Nasir, dernier prisonnier marocain de Guantanamo


Mais il a du déchanter. Un accord diplomatique qui lui aurait permis sa libération n’a été entériné par le Maroc que le 28 décembre 2016, soit huit jours au-delà de la date limite pour être parmi les derniers prisonniers à quitter le pays sous le président Barack Obama.


Il est l’un des cinq prisonniers que les États-Unis ont autorisé à quitter Guantanamo, mais dont la liberté est mise en doute par le président Donald Trump.


Le rapport du Pentagone daté du 22 octobre 2008 recommandant le maintien en détention d'Abdellatif Nasir au motif qu'il constitue une menace réelle contre les intérêts américains. US DEPARTMENT OF DEFENSE


« Nous avions espéré jusqu’au dernier moment qu’il pourrait encore être libéré », a déclaré son avocat, Shelby Sullivan-Bennis. L’administration Trump n’a libéré aucun prisonnier et n’en a pas de prévus sur la liste de ceux qui pouvaient rallier leur pays ou un pays tiers. Il y en avait 197 sous son prédécesseur et plus de 500 sous le président George W. Bush.


Trump avait déclaré sur Twitter avant son entrée en fonction. « Ce sont des gens extrêmement dangereux et ne devraient pas être autorisés à revenir sur le champ de bataille ».


Le major de l’armée de l’air Ben Sakrisson, un porte-parole du Pentagone pour les questions liées à Guantanamo, a déclaré que les dossiers des détenus seraient toujours examinés périodiquement, mais le gouvernement « réfléchit toujours à la possibilité de transférer des détenus ».


Trump ne compte pas démanteler Guantanamo

Une porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Tara Rigler, a noté que le président a déclaré que le centre de détention « restera une option disponible dans la guerre contre le terrorisme ». Elle a déclaré qu’il prendrait toutes les décisions relatives aux détenus « au cas par cas et dans le meilleur intérêt des Etats-Unis », mais elle a refusé d’entrer dans les détails.


Nasir est un ressortissant marocain de 56 ans incarcéré à Guantanamo Bay depuis mai 2002. Cet ancien proche d’Oussama Ben Laden qui a dirigé la 55ème brigade arabe d’Al Qaida sur le front de Bagram, avait été arrêté à la frontière avec le Pakistan suite à l’invasion américaine en Afghanistan, avant d’être placé à Guantanamo, d’après un rapport du ministère américain de la Justice. US DEPARTMENT OF DEFENSE


La possibilité que les anciens prisonniers de Guantanamo reprennent des activités hostiles a longtemps été une préoccupation qui a joué dans le débat sur les libérations. Le bureau du directeur du renseignement national a déclaré cet été dans son dernier rapport sur le sujet qu’environ 17 % des 728 détenus qui ont été libérés sont « confirmés » et 12 % sont « soupçonnés » de se réengager dans de telles activités.


Les 41 prisonniers restants comprennent les cinq prisonniers autorisés à être transférés et les 10 autres inculpés par une commission militaire. Il en reste 26 en confinement indéfini qui pourraient éventuellement être examinés et ajoutés à la liste autorisée. Plusieurs peuvent encore être poursuivis et ne seront probablement pas libérés, mais les avocats pour le reste envisagent de déposer de nouvelles contestations juridiques, arguant qu’une politique de non-libération signifierait que leur confinement ne peut plus légalement être justifié comme mesure de guerre temporaire.


En plus de Nasir, les prisonniers qui ont été autorisés à être libérés viennent d’Algérie, du Yémen et de Tunisie. Un autre est né aux Emirats Arabes Unis mais a été identifié dans les documents du Pentagone comme un Rohingya apatride.

Par
Le Desk Newsroom