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RifHirak: les arrestations d’enfants mineurs se multiplient

21.12.2017 à 13 H 07 • Mis à jour le 21.12.2017 à 13 H 07
Par Issam El Yadari
Accusés de « troubles à l’ordre public » et « participation à une manifestation non autorisée », de nombreux enfants et adolescents (le dernier en date ayant à peine 10 ans), qui participent régulièrement à la contestation sociale en défense des prisonniers du Hirak rifain, sont arrêtés un à un dans des conditions qui soulèvent l’indignation sur les réseaux sociaux

Si depuis l’été, une soixantaine de jeunes détenus ont bien été libérés, différentes sources attestent que des arrestations de mineurs, accusés d’avoir participé à diverses manifestations du Hirak rifain en soutien aux prisonniers, se multiplient dans des conditions intolérables. Selon Amnesty International, plusieurs dizaines de cas sont à dénombrer. Leurs photographies sont publiées et largement relayées sur les réseaux sociaux, provoquant l’émoi des internautes.



Youssef C., 10 ans, cousin de Nasser Zafzafi, est poursuivi en état d’arrestation pour « rassemblement non-autorisé ». Plusieurs autres enfants, de moins de 14 ans sont actuellement incarcérés dans l’aile pour mineurs à la prison de Nador, rapporte le journaliste Omar Radi sur son compte twitter.



Parmi eux, Ayoub Q., a été « violemment battu », lors de son interpellation, selon ses proches qui ont affirmé sur les réseaux sociaux qu’ , « il a été poussé dans le dos à l’aide d’une clé de voiture, ce qui lui a causé une plaie purulente et de la fièvre. Il a été laissé dans une pièce sans chaise ou matelas pendant six heures jusqu’à que ses aient enflé du froid. Aucun médicament ne lui a été administré alors qu’il souffre d’anémie ».



Des cas qui ne sont pas isolés. Aissa M., enfant d’Imzouren, a été arrêté le 19 décembre par la police. Dix autres mineurs avaient été placés en détention suite à une manifestation organisée dans la même localité.



En juillet dernier, Sayf Eddine, un enfant de 6 ans, qui avait été convoqué par la police suite à son apparition dans des vidéos invitant la population rifaine à sortir pour manifester, avait été interrogé par la police pendant 4 heures. Les autorités ont régulièrement adressé des convocations à de nombreux enfants âgés de moins de 14 ans à se présenter au commissariat d’Al Hoceima pour y être entendus.


Abderrahman A., 14 ans, arrêté le 9 août en marge des funérailles de Imad El Attabi, le jeune homme décédé après avoir été grièvement blessé lors de la marche du 20 juillet à Al Hoceima était considéré comme le plus jeune détenu du Hirak. Il avait été privé de passer la fête de l’Aïd en compagnie de sa famille. Le parquet général lui avait refusé la liberté provisoire selon l’avocat Abdassadak El Bouchataoui, la police avait produit une photographie de l’adolescent une pierre à la main. Abderrahman qui se trouvait dans un établissement pénitentiaire pour mineurs de la ville de Nador, a finalement été relaxé le 21 novembre, après 105 jours de détention aux côtés de trois autres détenus qui, eux aussi, ont été relâchés, selon l’agence de presse espagnole EFE.


Kamal, 17 ans, fils du prisonnier Mohamed Jelloul, activiste du Hirak qui avait entamé une grève de la faim à la prison de Oukacha, à Casablanca, avait été arrêté le 13 août, lors de la grande manifestation d’Imzouren.


Le jeune Abdelhafid H., malade, diabétique de naissance, a été arrêté avec d’autres mineurs lors de la marche de 20 août à Al Hoceima. Abdelhafid a été condamné à 2 ans et 6 mois de prison ferme pour avoir déclaré à la chaine Al Jazeera : « ils nous répriment, ils tirent sur nous avec du gaz lacrymogène, nous n’avons aucun droit dans ce Maroc, nous ne cherchons pas la confrontation, nous sommes pacifistes, nous revendiquons des droits, ils ne veulent rien nous donner, c’est tout ce que j’ai à dire. »


Le tribunal d’Al Hoceima avait condamné un mineur à 15 ans de prison, accusé d’avoir provoqué un incendie dans une résidence de policiers à la fin du mois de mars dernier à Imzouren.


L’article 138 du code pénal marocain ne dispense de responsabilité pénale qu’en deçà de l’âge de 12 ans.

Par Issam El Yadari
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