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ContestationKhamenei accuse les « ennemis de l’Iran » de fomenter les troubles

02.01.2018 à 11 H 52 • Mis à jour le 02.01.2018 à 11 H 52
Par et
Environ 450 manifestants ont été arrêtés ces derniers jours à Téhéran et des postes de police ont été attaqués par des manifestants dans plusieurs villes de province, rapportent mardi les autorités de l'Iran

Le guide suprême de la Révolution iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, a accusé mardi les ennemis de l’Iran d’alimenter les troubles dans la République islamique, secouée depuis jeudi par une vague de contestation sans précédent depuis 2009.


« Ces derniers jours, les ennemis de l’Iran ont employé divers moyens, argent, armes, politique, appareil de renseignement, pour fomenter des troubles dans la République islamique », a dit le plus haut dirigeant du pays, s’exprimant pour la première fois depuis le début des événements.


Il a ajouté qu’il s’adresserait à la nation iranienne « en temps voulu ».


Environ 450 manifestants ont été arrêtés ces derniers jours à Téhéran et des postes de police ont été attaqués par des manifestants dans plusieurs villes de province, rapportent mardi les autorités de l’Iran.


Un membre des forces de sécurité a été tué lundi, ce qui porte à 14 au moins le nombre de personnes mortes depuis le début des manifestations jeudi dernier à Mashhad, la deuxième ville du pays.


La télévision publique a rapporté que des manifestants avaient incendié quatre mosquées dans des villages du comté de Savadkuh lundi dans le nord de l’Iran.


Musa Ghazanfarabadi, chef du tribunal révolutionnaire de Téhéran, a lancé mardi une mise en garde aux protestataires.


Les personnes interpellées, a-t-il dit, seront prochainement traduites en justice et les meneurs devront répondre de charges pouvant aller jusqu’à l’accusation de “mohareb”  (ennemi de Dieu), passible de la peine de mort.


Le chef de l’appareil judiciaire de la République islamique, Sadeq Larijani, a de son côté ordonné lundi aux procureurs de « punir sévèrement les émeutiers ».



Selon le gouverneur adjoint de la province de Téhéran, cité mardi par l’agence de presse Ilna, 450 personnes ont été arrêtées entre samedi et lundi dans la capitale iranienne.


« Deux cents personnes ont été arrêtées samedi, 150 personnes dimanche et une centaine lundi », a dit Ali Asghar Naserbakht.


90 % des personnes arrêtées ont moins de 25 ans

La situation dans la capitale est maîtrisée par les autorités, a assuré le gouverneur adjoint, ajoutant que la police n’avait pas demandé l’aide des gardiens de la Révolution, qui avaient supervisé la répression brutale du soulèvement de 2009 contre la réélection controversée de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.


Plusieurs centaines d’autres personnes ont été arrêtées en province depuis le début de la contestation.


Hossein Zolfaghari, vice-ministre de l’Intérieur, a déclaré que 90 % des personnes interpellées avaient moins de 25 ans, dans un pays où le taux de chômage des jeunes atteint près de 30 %.


Un responsable du pouvoir judiciaire cité par l’agence de presse Mehr a annoncé l’arrestation de plusieurs meneurs à Karaj, la quatrième ville du pays.


Des vidéos diffusées lundi sur les réseaux sociaux montrent un affrontement violent dans la ville de Qahderijan (centre) entre les forces de sécurité et des manifestants qui tentent d’envahir un poste de police, lequel est partiellement incendié.


Le mouvement de ces derniers jours, déclenché par des protestations contre la vie chère et la corruption des mollahs au pouvoir, a pris un tour politique avec des slogans hostiles au président Hassan Rohani, au guide suprême de la Révolution Ali Khamenei, et à l’intervention coûteuse de l’Iran dans les conflits régionaux, en Syrie ou en Irak.


Le président Rohani a jusqu’ici adopté un ton plutôt conciliant en disant vouloir comprendre une partie des problèmes dénoncés par les manifestants, tout en promettant de punir les fauteurs de troubles.


Ali Khamenei, qui a attendu mardi pour s’exprimer, a imputé les troubles aux « ennemis de l’Iran ».

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