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SubventionsLahcen Daoudi promet l’aide directe aux pauvres dès 2020

29.01.2018 à 17 H 32 • Mis à jour le 29.01.2018 à 17 H 40
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En 2018, les subventions aux produits de base devraient coûter à l'État 13 milliards de dirhams, un chiffre qui a augmenté ces deux dernières années en raison de la hausse des prix des hydrocarbures sur le marché mondial. Le gouvernement envisage d'installer un système de ciblage des classes défavorisées inspiré du modèle indien Aadhar

Le gouvernement prépare un plan ambitieux pour mettre fin au système actuel de subventions aux produits de base et passer à un modèle qui lutte spécifiquement contre la pauvreté, inspiré du modèle lancé en Inde avec des cartes biométriques.


Selon le ministre des Affaires Générales, l’islamiste Lahcen Daudi, chargé de gérer la « patate chaude » du démantèlement des subventions, « il existe actuellement un désordre total » et une « mauvaise gestion » des politiques sociales.


Il y a deux semaines, le ministre a causé un mini scandale au Parlement en déversant le contenu d’un sachet de sucre en poudre devant les députés pour dénoncer un système qui profite injustement aussi bien, « aux hôtels cinq étoiles » qu’aux plus pauvres .


Au prix d’aujourd’hui, l’Etat marocain paye un tiers de chaque kilo de sucre et 60 centimes de dirhams du prix réel d’une bouteille de gaz butane, avec laquelle la plupart des ménages marocains cuisinent tous les jours et se chauffent en hiver, en plus de subventionner la farine utilisée pour faire du pain et du couscous dans certaines régions rurales.


Cette année, les subventions à ces trois produits devraient coûter à l’État 13 milliards de dirhams (environ 1,2 milliards d’euros), un chiffre qui a augmenté ces deux dernières années en raison de l’augmentation des hydrocarbures sur le marché mondial.


Unifier les services sociaux en un système

Le Parti de la Justice et du Développement auquel appartient Daoudi, qui dirige le gouvernement depuis 2011, a osé, il y a trois ans, retirer les subventions étatiques aux carburants automobiles (essence et gazole) en profitant d’un cycle pétrolier baissier, sans causer les troubles sociaux redoutés.


Maintenant, reconnaît Daoudi, le défi est d’unifier tous les services sociaux tels que les subventions alimentaires, l’aide monétaire aux veuves et aux étudiants, les programmes de soutien scolaire Tayssir ou le service médical de base pour les pauvres Ramed, pour cibler en un système les plus pauvres en fonction de leurs besoins.


Pour cela, le Maroc a décidé de copier le modèle des « cartes à puce » appliqué en Inde « adapté à la réalité marocaine ».


Ces cartes, qui sont données à toutes les familles qui en font la demande, comprennent des données biométriques (elles sont lues à travers les empreintes digitales ou l’iris de l’œil) et contiennent les informations nécessaires pour identifier le degré de pauvreté d’une famille.


Doté de cette carte, l’utilisateur indien peut ainsi entrer dans n’importe quel magasin de quartier où un lecteur de cartes a été mis en place et a le droit d’acheter des produits de base à un prix très subventionné. De cette façon, le produit bon marché ne profite plus aux plus aisés mais seulement à ceux qui en ont vraiment besoin.


En 2019, l’Etat compte installer toute la technologie nécessaire –  très bon marché, dit Daoudi -, dont le nouveau modèle sera inclus dans les budgets. En 2020, il sera opérationnel, promet le ministre.


Les familles marocaines estimées à un million visées par cette solution, –  parfaitement identifiées depuis le dernier recensement de 2014- bénéficieront également d’une aide en espèces pouvant atteindre 1 500 dirhams par mois (environ 135 euros), un chiffre significatif dans les régions zones rurales, où la pauvreté est concentrée.


Daoudi reconnaît que les classes moyennes inférieures souffriront également du démantèlement des subventions existantes, en notant que les cartes sont également conçues pour eux. Elles recevront ainsi l’aide leur permettant d’accéder à des prix de base bon marché.


Le ministre a affirmé que le gouvernement reçoit pour ses plans l’assistance financière et technique de l’Union Européenne (UE), du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de l’UNICEF et de la Banque Mondiale (BM), institutions avec lesquelles se réunit fréquemment pour décrire les détails du nouveau modèle.


Si l’ensemble du gouvernement s’accorde sur la philosophie et le « modèle indien », il reste nécessaire de parvenir à un consensus sur la masse monétaire qui sera consacrée au nouveau service d’assistance.


Daoudi estime que la société marocaine acceptera volontiers le nouveau système : « Il n’y a pas de résistance sociale en ce moment », dit-il, malgré les protestations répétées dans les zones rurales du Maroc dues au manque d’emplois et de services de base. .


Il reconnait toutefois que l’accès à l’eau et la création d’emplois sont les deux questions en suspens qui peuvent faire que tous les nouveaux projets réussissent ou non et permettent au Maroc de quitter le train des pays pauvres.

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Le Desk Newsroom