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MaghrebHôpitaux, école…un climat de contestation sociale gagne l’Algérie

31.01.2018 à 21 H 43 • Mis à jour le 31.01.2018 à 21 H 43
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Différents mouvements de protestation se sont multipliés en l’espace d’un mois en Algérie paralysant des pans entiers des secteurs sociaux et de l'administration. Une situation de blocage qui devrait durer accentuant le marasme socio-économique ambiant

Des hôpitaux, des lycées, des collèges, des primaires et d’autres établissements publics sont paralysés depuis plusieurs jours par des grèves observées par les travailleurs. La situation de blocage qui caractérise les négociations ne favorise pas un dénouement rapide de la situation. TSA fait le point sur les différents mouvements de protestation qui se sont multipliés en l’espace d’un mois.


Les médecins résidents poursuivent leur grève illimitée

Hier mardi, les médecins résidents ont décidé de poursuivre leur grève illimitée à l’issue d’une rencontre avec des responsable du ministère de la Santé. Le ministère a réagi en détaillant les réponses apportées aux revendications des médecins résidents dont celles liées au logement et au regroupement familial.


Insuffisant pour les médecins grévistes. « Parmi nos revendication, l’abrogation du caractère obligatoire du service civile. Est-ce qu’il a été abrogé ? Non », indique Mohamed Taïleb, médecin et membre du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra).


« Nous avons également demandé la révision du statut. On l’a eu ? Non. S’il parle du logement de fonction, c’est un acquis depuis 1984. Ils nous ont rien proposé. Leur seule volonté est de casser la grève notamment à travers les intimidations et la guerre psychologique », dénonce ce médecin résident.


La grève illimitée du Cnapeste

 C’est hier aussi que les enseignants affiliés au Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapeste) ont entamé leur premier jour de grève illimitée dans les établissements scolaires. Les revendications des protestataires portent notamment sur le logement, la médecine de travail, la prime de zone et la retraite.


En réponse, Nouria Benghabrit, ministre de l’Éducation nationale, a notamment souligné que le tribunal avait déclaré la grève du Cnapeste illégale. Mais cela n’a pas entamé la détermination de l’organisation syndicale qui a confirmé, en fin de journée, le maintien du mouvement de grève illimitée « après avoir constaté que les portes du dialogue du ministère eues été fermées ».


Aujourd’hui, les enseignants affiliés au Cnapeste ont entamé leur deuxième journée de grève illimitée. Selon Messaoud Boudiba, le taux de suivi au niveau national reste important. « Il est toujours à 80 % dans les lycées », assure-t-il. Le département ministériel de Nouria Benghabrit ne les a toujours pas contactés pour une réunion de conciliation, selon le syndicaliste.


Risque d’une année blanche

À Blida, Tizi Ouzou et Béjaïa, la grève des enseignants affiliés au Cnapeste qui a commencé à la fin du mois de novembre 2017 pose déjà problème. Des parents d’élèves protestent depuis plusieurs jours contre ce qu’ils qualifient de prise d’otages de leurs enfants qui sont désormais sous la menace d’une année blanche.


Mais pour le syndicat, les parents d’élèves se trompent de cible. « Les parents d’élèves ont le droit de défendre leurs enfants et d’avoir peur pour eux. Ils n’ont donc qu’à se diriger vers le ministère de l’Éducation nationale puisque la tutelle ne fait rien pour calmer la situation », a déclaré le porte-parole du Cnapeste.


Les paramédicaux rejoignent le mouvement

Les paramédicaux ont observé une grève cyclique de trois jours avant de décider d’aller vers une grève nationale illimitée à partir du 5 février prochain. « Nous avons des revendications relatives aux postes supérieurs qu’on a demandés, au système LMD et au problème d’évolution de carrière des aides-soignants », explique Lounès Ghachi, président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).


Dans son communiqué, le SAP a regretté le « manque de sincérité et l’absence de prise de décision à même de conforter la corporation paramédicale dans ses revendications ». Il a dénoncé « la mauvaise volonté de la tutelle » et déploré « l’absence de la moindre lueur palpable venant satisfaire aussi peu soit-il » ses revendications.


Grève nationale de l’intersyndicale le 14 février

Le 14 février prochain, c’est l’intersyndicale composée de plusieurs organisations syndicales dont le Cnapeste, le Snapest (Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique), le SNPSP (Syndicat national des praticiens de la santé publique) qui va organiser une grève nationale et un sit-in le 14 février.


L’intersyndicale dont les revendications portent sur la retraite, le code du travail et le pouvoir d’achat se réunira le 17 février pour faire l’évaluation avant d’aller vers d’autres actions de protestations. « Demain, l’intersyndicale organisera un sit-in de soutien au syndicat des postiers à Bab Ezzouar », précise Meziane Meriane, du Snapest.

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