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MigrantsHuman Rights Watch dénonce le «traitement inhumain» infligé aux migrants en Algérie

28.06.2018 à 22 H 46 • Mis à jour le 28.06.2018 à 22 H 46
Par Yacine Babouche
Des centaines de migrants subsahariens ont été abandonnés par les autorités algériennes aux confins du désert jouxtant le Nigéria et le Mali. Selon l’agence AP, 13 000 migrants auraient connu le même sort en 14 mois, dont certains sont morts dans des conditions atroces. L’ONG HRW dénonce un crime d’Etat

L’ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé ce jeudi le « traitement inhumain » auquel sont soumis des milliers de migrants de la part des autorités algériennes.


« Depuis janvier 2018, l’Algérie a expulsé des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vers le Niger et le Mali dans des conditions inhumaines et, dans de nombreux cas, sans tenir compte de leur statut légal en Algérie ou de leurs vulnérabilités spécifiques », affirme HRW dans un communiqué publié ce jeudi, indiquant s’être entretenu avec 30 migrants en provenance de différents pays d’Afrique subsaharienne.


Selon AP, qui a diffusé les images ci-dessus, l’Algérie a abandonné ainsi plus de 13 000 personnes dans le désert du Sahara au cours des 14 derniers mois, y compris des femmes enceintes et des enfants, les expulsant sans eau ni nourriture et les forçant à partir à pied, souvent par la menace d’une arme. Certains sont morts dans des conditions atroces



Ces derniers ont déclaré que « les autorités algériennes avaient effectué des descentes dans des zones où se trouvaient des migrants, en procédant à des arrestations en pleine rue ou sur des chantiers de construction et à des expulsions massives à la frontière avec le Niger ou le Mali, la plupart du temps sans leur donner de vivres ni d’eau ». Les migrants ont également expliqué « avoir été contraints de marcher des dizaines de kilomètres à travers le désert, par des températures élevées, avant de rallier des localités où ils ont pu obtenir une aide ou avoir accès à des moyens de transport privés ».


Des raids nocturnes dans les quartiers à forte concentration de migrants

Les migrants ont en outre affirmé « avoir été rassemblés avec des dizaines, parfois des centaines d’autres migrants subsahariens, dans les rues, lors de raids nocturnes dans les quartiers à forte concentration de migrants, ou sur leurs lieux de travail ». Dans la plupart des cas les policiers ou les gendarmes ne demandaient pas à vérifier leurs papiers, affirme l’ONG.


« L’Algérie a le pouvoir de contrôler ses frontières, mais cela ne signifie pas qu’elle peut regrouper les gens en fonction de la couleur de leur peau et les larguer dans le désert, indépendamment de leur statut juridique et en l’absence de garanties de procédure équitables », a dénoncé Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.


« La police algérienne a passé à tabac des migrants, rejeté leurs demandes de récupérer leur argent et leurs effets, et à plusieurs reprises ont saisi leurs téléphones et autres possessions. Des expulsions sommaires ont également séparé des familles », affirme Human Rights Watch.


« Le gouvernement algérien devrait mettre fin aux expulsions arbitraires et sommaires des migrants et développer un système de prise en charge équitable et légal des migrants en situation irrégulière. Ce système devrait inclure le droit pour les migrants de faire appel de leurs expulsions et faciliter le rapatriement librement consenti de ceux qui souhaitent retourner dans leur pays d’origine », préconise l’ONG.

Par Yacine Babouche
En partenariat avec TSA
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