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CensureBanni de Twitter, Le Desk envisage une action en justice

18.07.2018 à 14 H 17 • Mis à jour le 19.07.2018 à 01 H 20
Par Ali Amar
Le réseau social a décidé à la suite d’une dénonciation calomnieuse nous visant de suspendre notre compte officiel le 10 juillet. Malgré les explications fournies sur notre qualité de média établi et les appels répétés de nos lecteurs, confrères et partenaires tant au Maroc qu’à l’international, Twitter ne réagit toujours pas. L’option de poursuites judiciaires à son encontre est désormais envisagée

Il y a deux ans, Le Desk révélait qu’un obscur photographe marocain du nom d’Achraf Baznani avait plagié le travail de Joël Robison, un artiste canadien connu et apprécié de ses pairs et de son public.


Baznani, dont nous nous sommes rendus compte de sa mythomanie tant il s’évertue à se forger une identité et un statut qu’il n’a pas, s’attribuant des prix imaginaires jusqu’à concevoir à sa fausse gloire des sites internet aussi ridicules que fantasques, a entrepris de saper la présence du Desk sur les réseaux sociaux.



Il a, à ce titre, fait régulièrement feu de tout bois pour bloquer le compte Facebook du Desk, tout comme il l’a fait à l’encontre de certains membres de notre équipe ou des internautes qui ont relayé sur les réseaux sociaux la vérité sur son travail de pillage des œuvres d’autrui.


Aujourd’hui, alors que Twitter a décidé de nettoyer de son réseau les faux comptes qui nuisent à sa réputation et à celle de ses membres, Baznani a profité des règles imposées par l’oiseau bleu pour le tromper en désignant celui du Desk (@LeDesk_ma) comme un vulgaire compte violant ses droits d’auteur.



Sa manipulation grossière a été d’affirmer à Twitter, par une rafale de signalements diffamatoires dont nous avons reçu notification, que le fait de montrer à notre lectorat son plagiat, le comparant à celui qu’il a copié, constituait une atteinte à son travail au nom du sacro-saint copyright.


En somme, le plagiaire a fait valoir auprès de Twitter un droit qui ne lui revenait pas et pour lequel il avait été confondu, preuve à l’appui.


L’algorithme de Twitter, manifestement bête et brutal, a conclu que le compte du Desk devait être suspendu alors que son contenu relève d’un travail journalistique d’intérêt public.


Face à cette situation pour le moins kafkaïenne, nous avons pris soin d’expliquer à Twitter, via l’interface qu’il a mis à disposition des victimes d’abus, qu’il commettait une effroyable injustice à l’endroit d’un média établi, servant ainsi de moyen de censure à un malfrat.


Nous avons ainsi porté à sa connaissance qu’il avait sanctionné un titre de presse reconnu dans son pays pour la qualité de ses enquêtes, mais aussi à l’international, étant partenaire au Maroc de Mediapart, média de référence en France, et aux Etats-Unis, en sa qualité de membre associé au Consortium International des Journalistes d’Investigation (ICIJ). Ce réseau est notamment à l’origine de l’enquête mondiale sur les Panama Papers, à laquelle Le Desk a activement contribué. Un travail collectif aux répercussions planétaires qui a reçu le Prix Pulitzer en 2017.


Dès son lancement en 2015, Le Desk avait été consacré comme un projet prometteur et, à ce titre, avait reçu le soutien de l’Union européenne et de CFI dans le cadre de son programme Ebticar-Média, valorisant les médias numériques innovants dans la région MENA.


Aux Etats-Unis, il y a encore quelques semaines, le New York Times et le Washington Post reconnaissaient au Desk sa contribution à l’enquête sur Scott Pruitt, le ministre de l’environnement dont le président Trump a du se séparer après une série de révélations accablantes, dont celles du Desk dans le volet marocain de l’affaire… Preuve en est de notre influence au-delà du Maroc.



Autant de faits argumentés expliqués dans notre appel à Twitter pour le convaincre de notre identité et de notre sérieux, sans compter les réactions de soutien multiples de nos lecteurs et de nos confrères auxquels nous tenons à exprimer ici nos plus vifs remerciements. Comme nous, ceux-ci ont interpellé Twitter sur son erreur de jugement, en vain. Toute cette formidable mobilisation n’aura pas suffi à susciter la moindre réaction de sa part depuis une semaine si ce n’est d’accuser mécaniquement réception de notre appel.



Le fait que Le Desk soit sanctionné de la sorte par Twitter ne constitue pas en soi une fatalité pour son audience. A ce propos, nous ne sommes pas particulièrement dépendants, comme le sont d’autres médias, de l’exposition de nos contenus sur les réseaux sociaux. Notre modèle économique n’étant pas fondé sur la recherche effréné du clic. Cette décision inique nous prive cependant d’un lien précieux cultivé sur la durée avec une communauté qui nous est chère tant elle s’est mobilisée à nos côtés à maintes occasions lors de nos moments les plus difficiles et constitue par ailleurs un lieu d’échanges et de débats souvent passionnés particulièrement appréciables.




La décision unilatérale imposée aveuglément par Twitter en contradiction flagrante avec l’esprit de ses règles d’adhésion, est de nature à endommager ce lien patiemment construit au fil des ans. Par principe, passé le délai imposé de dix jours que s’octroie le réseau social pour répondre, c’est à dire au 20 juillet, nous agirons par toutes les voies légales possibles pour recouvrer nos droits et requérir réparation de Twitter si celui-ci persiste à nous ignorer, car cette affaire, symptomatique de la relation asymétrique entre médias et réseaux sociaux, est suffisamment significative pour qu’elle soit considérée comme un dangereux précédent.



A ce titre, nous lançons ici un appel à toutes les organisations nationales et internationales de défense des intérêts de la presse et de la liberté d’expression, dans un souci de préservation du rôle et de la pluralité des médias, pour les sensibiliser sur ce fléau qui permet de détourner l’usage des moyens de communication numériques de masse pour porter atteinte en toute impunité aux intérêts d’une publication professionnelle, à ceux de ses partenaires, de son lectorat et du bien public en général.



Par ailleurs, et en tout état de cause, nous porterons devant les tribunaux marocains le cas de Baznani, coupable à notre endroit de harcèlement, de diffamation et de sabotage. Une décision à laquelle nous avions décidé de surseoir en 2016 par mesure de tempérance et que nous sommes aujourd’hui déterminés à mener jusqu’à son terme pour mettre fin aux nuisances continuelles de cet individu.


A nos lecteurs : la situation a été rétablie au soir du 18 juillet.

Par Ali Amar @MarocAmar
Le Desk Newsroom