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DatacentersLe Maroc, futur eldorado énergétique pour le Bitcoin ?

28.07.2018 à 01 H 32 • Mis à jour le 28.07.2018 à 01 H 32
Par Kenza Filali
Soluna, leader de cloud computing intégré dans le monde a annoncé le 27 juillet un méga-projet de blockchain-powering dans le sud marocain. La société soutenue par Dwight L. Bush, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Maroc compte y ériger une ferme éolienne de 900 MW pour alimenter des datacenters de crypto-monnaie, à l’image du site Moonlite en Islande

« Le Maroc est sur le point d’accueillir l’une des plus grandes opérations énergétiques de blockchain-powering dans le monde », a annoncé dans un communiqué Soluna Technologies Ltd, leader de cloud computing intégré dans le monde qui possède et contrôle ses propres sources d’énergie renouvelable.


En effet, Soluna, fondée en 2018 et financée par le fonds d’investissement Brookstone Partners, a dévoilé le 27 juillet ses plans pour développer une centrale électrique éolienne de 900 MW dans le sud marocain, dédiée à l’alimentation des technologies blockchain grâce à des installations informatiques qui nécessitent une débauche d’énergie nécessaire à la production informatique (« minage ») de cryptomonnaies.


Le Maroc sur les pas de l’Islande

Comme en Islande, place forte informatique du bitcoin grâce à ses ressources géothermiques, le Maroc qui s’est lancé dans un vaste programme de production d’énergie renouvelable, est désormais dans le viseur des « mineurs » de cryptomonnaies qui se ruent sur la puissance de calcul des datacenters pour assouvir leurs besoins énergétiques.


Cette activité consiste à faire tourner en permanence des serveurs surpuissants pour valider par des calculs complexes la blockchain propre aux cryptomonnaies comme le bitcoin. « Plus ces monnaies circulent, plus il y a de transactions à valider et plus les calculs sont lourds pour décrocher la rémunération sous forme de monnaie virtuelle créée », commentait récemment la presse.


Le projet marocain ressemble à d’autres centres miniers de crypto-monnaie, comme l’Islandais Moonlite qui a une capacité d’environ 15 MW. Soluna affirme que posséder et contrôler son propre pouvoir dans chaque site lui donne un avantage, ce qui lui permet de verrouiller les prix de l’énergie qui représentent environ 40 % des coûts opérationnels de cryptage.


Dans cette perspective, Soluna a choisi un site éolien de classe I, ce qui signifie que la vitesse du vent atteint plus de 22 miles/ h, ce qui couvre 37 000 acres dans le sud du Maroc. L’objectif est de produire un potentiel de 900 mégawatts. Il est également conçu comme une opération hors réseau, mais les lignes de transmission devraient atteindre le site d’ici mi-2019, précise la compagnie. La société est soutenue par Dwight L. Bush, ancien ambassadeur des Etats-Unis au Maroc.


Une industrie dévoreuse d’énergie…

La société affirme également que son indépendance hors réseau signifie que les gouvernements seront moins enclins à sévir, comme cela a été le cas pour certaines opérations « minières » en Chine, car elle ne dépend pas du pouvoir local et ne fait pas grimper les prix, commente le site spécialisé Inverse.

 

 « Avec l’annonce par le roi du Maroc en novembre 2016 de la création de plus de 6 000 mégawatts de projets d’énergie propre d’ici 2020, des projets comme Soluna pourraient déclencher une plus large transition vers des sources plus vertes », commente Inverse.


Cependant, des critiques ont soulevé le coût énergétique exorbitant de la crypto-monnaie dévoreuse d’énergie. Une analyse de Digiconomist montre que l’exploitation « minière » de Bitcoin consomme 71 térawattheures d’électricité par année, soit 10 % de la consommation électrique annuelle chinoise…D’où le recours à des énergies non fossiles…

Par Kenza Filali
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