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TurquieErdogan dénonce un complot contre la monnaie turque

11.08.2018 à 02 H 31 • Mis à jour le 11.08.2018 à 02 H 31
Par La rédaction
La livre turque a accéléré sa chute vendredi alors que Donald Trump a annoncé une forte hausse des taxes sur l'acier et l'aluminium turcs. Recep Tayyip Erdogan a de son côté demandé à ses concitoyens d'échanger leurs devises étrangères

La livre turque a accentué sa chute vertigineuse, vendredi 10 août, alimentée par la crise entre Ankara et Washington. Le président Recep Tayyip Erdogan a appelé à la « lutte nationale contre un complot ourdi de l’étranger », enjoignant ses concitoyens à échanger leurs devises étrangères. « Si quelqu’un a des dollars ou de l’or sous son matelas, qu’il aille les échanger contre des livres dans nos banques  c’est une bataille intérieure, nationale », a-t-il dit à Bayburt, une ville du nord-est de la Turquie.


La devise turque, qui a perdu près de la moitié de sa valeur face au billet vert depuis le début de l’année, s’échangeait à 6,4 pour un dollar à 16 h GMT, enregistrant une baisse vertigineuse de 16,4 % sur la journée.


Guerre économique sur fond de tensions politiques

Dans la soirée, le ministre du Commerce turc Ruhsar Pekcan a imploré Donald Trump de retourner à la table des négociations, ajoutant que le désaccord commercial entre deux alliés de l’OTAN pouvait et devait être résolu par le dialogue.


Donald Trump avait un peu plus tôt autorisé une forte augmentation des droits de douane sur l’acier et l’aluminium turcs. Ces droits, a-t-il précisé sur Twitter, seront désormais de 20 % sur l’aluminium et de 50 % sur l’acier. « Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment », a ajouté le président américain.



Erdogan promet de défier le dollar

Recep Tayyip Erdogan, cité par l’agence étatique Anadolu, avait un peu plus tôt assuré que la Turquie parviendrait à surmonter la situation tout comme elle surmonterait des inondations qui ont frappé ces derniers jours la province d’Ordu, dans le nord du pays. « Le dollar ne peut se mettre en travers de notre route  ne vous inquiétez pas », a encore dit le président Erdogan.


Les tensions entre Washington et Ankara ont en effet connu une brusque escalade, la semaine dernière, en lien avec l’incarcération en Turquie d’un pasteur américain, accusé par les autorités turques de « terrorisme » et « d’espionnage ». Andrew Brunson, qui nie fermement ces accusations, a été placé en résidence surveillée fin juillet après un an et demi de détention.


Par ailleurs, Ankara qui a mis en place une coopération énergétique avec Téhéran ont annoncé sa volonté de poursuivre les échanges avec l’Iran, alors que Washington a lancé un ultimatum à la planète contre tous ceux qui ne se plieraient pas à ses exigences suite à son retrait de l’accord nucléaire.

Par La rédaction
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