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DiplomatieSahara-UA: l’Algérien Chergui écarté, mais le Sud-africain Ramaphosa coopté à la troïka

12.02.2019 à 00 H 23 • Mis à jour le 12.02.2019 à 00 H 23
Par Kenza Filali
Le Conseil paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine ne pourra plus « soulever, citer ou se référer à la situation au Sahara occidental de quelque manière que ce soit ». Un avis juridique établit que le CPS devra se conformer aux décisions prises par les chefs d’État. Or, au niveau de la troïka africaine en charge du dossier, l’allié de Rabat, le Guinéen Alpha Condé cède sa place au sud-africain et soutien du Polisario, Cyril Ramaphosa…

Le Conseil paix et sécurité de l’Union africaine (CPS) ne pourra plus interférer dans le processus de résolution du conflit du Sahara Occidental. Un avis émis par le Conseiller juridique de l’UA, rapporte Telquel.ma, qui donne une portée juridique à cette décision comme l’indique un courrier daté du 8 février 2019, établi par Bankole Adeoye, le représentant permanent du Nigéria auprès de l’UA, et adressé aux représentants permanents des pays membres de l’organisation panafricaine.


La décision prise par les chefs d’État et de gouvernement lors du 31ème Sommet de Nouakchott en juillet dernier d’accorder un mandat d’information à une troïka de sages, avait encouragé le Commissaire à la paix et la sécurité, l’Algérien Smail Chergui à continuer à mener la charge contre le Maroc. Sous sa houlette, le CPS avait décidé de promouvoir Joaquim Chissano en tant que Haut représentant de l’UA pour le Sahara. Il avait annoncé aussi sa volonté d’ouvrir un bureau à Laâyoune et d’y effectuer des missions d’inspection incluant le monitoring des droits de l’Homme.


La lettre de Bankole Adeoye établit dorénavant que le CPS ne pourra plus « soulever, citer, ou se référer à la situation au Sahara occidental de quelque manière que ce soit ». Aussi, toute référence au sujet sera expurgée du prochain rapport du CPS.


Satisfecit de Nasser Bourita exprimé à la presse

« Le 32eme sommet de l’Union africaine tenu à Addis-Abeba, a consacré la mise en œuvre de la décision du Sommet de Nouakchott qui avait décidé que la question du Sahara est traitée au niveau des Nations Unies et que l’UA doit apporter son appui et son soutien au processus onusien », a affirmé le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita.


Le sommet d’Addis-Abeba a « consacré la mise en œuvre de la décision du Sommet de Nouakchott qui avait décidé que la question du Sahara marocain est au niveau des Nations unies et que l’UA doit apporter son appui et son soutien à ce processus et ne doit aucunement créer un processus parallèle ou une littérature différente de celle des Nations Unies », a souligné Bourita dans une déclaration à la presse.


Le chef de la diplomatie a noté que le sommet d’Addis-Abeba est le premier qui ne prend pas de décision sur la question du Sahara parce que les décisions sont prises à l’ONU à New York.


« C’est le premier sommet dans lequel le rapport du Conseil de paix et de sécurité du l’Union africaine ne contient aucune référence à la question du Sahara marocain », a relevé Bourita, indiquant que cela a fait l’objet d’un long débat et d’une bataille juridique.


« Le Conseiller juridique a statué, que sur la base de la décision du Sommet de Nouakchott, des documents juridiques de référence de l’UA et de l’acte constitutif de l’UA, le Conseil de paix et de sécurité du l’UA ne peut d’aucune manière au niveau des ambassadeurs et des ministres, aborder, citer ou se référer à la question du Sahara marocain », a ainsi répété le ministre, faisant référence à l’avis juridique.


« Il s’agit là d’une clarification juridique importante pour mettre fin à tout débat sur une interprétation de cette décision ou un détournement de ses dispositions pour ressaisir le Conseil de paix et de sécurité de l’UA de cette question », a souligné Bourita qui a affirmé que le sommet d’Addis-Abeba a consacré l’alignement progressif mais réel de l’Union africaine sur les dispositions et la littérature des Nations unies sur la question du Sahara.


« Aujourd’hui tous les documents ont été nettoyés, ceux sur les droits de l’Homme, les réfugiés et les questions politiques », a-t-il dit.


L’allié Condé part, le soutien du Polisario, Ramaphosa arrive… 

Cependant, Le chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, allié indéfectible du royaume, a cédé sa place au sein de la troïka africaine à son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, qui prendra en 2020 la présidence tournante de l’organisation continentale, fait remarquer Yabiladi.


Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat a annoncé le 10 février sur son compte Twitter que « le nouveau mécanisme » s’attèlera à arrêter « une feuille de route (…) pour permettre à l’UA d’apporter une contribution significative aux efforts de l’ONU et de jouer pleinement le rôle qui lui revient dans ce dossier ». 



« L’empreinte de l’Afrique du Sud sur la « feuille de route » sera visible, notamment si Ramaphosa parvient à remporter le scrutin présidentiel prévu cette année », analyse la même source qui indique que la diplomatie marocaine surveillera de près les prochaines législatives africaines du 8 mai qui renseigneront sur le poids de l’ANC autant sur la scène intérieure de la première puissance continentale que dans le dossier du Sahara Occidental.

Par Kenza Filali
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