Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

DiplomatieLa construction du nouveau consulat américain de Casablanca débutera mi-2020

01.08.2019 à 15 H 19 • Mis à jour le 01.08.2019 à 15 H 24
Par
Le consulat des Etats-Unis à Casablanca quittera bientôt ses locaux du boulevard Moulay Youssef pour un nouvel édifice ultra-moderne à Casa Anfa qui coûtera jusqu’à 195 millions de dollars. Son design a été confié au cabinet d’architecture Miller Hull. Les principales entreprises marocaines du BTP ont été sollicitées pour participer à sa construction, mais sous conditions

Le consulat général des États-Unis à Casablanca entame le projet de construction de son nouveau complexe confié au cabinet The Miller Hull Partnership, connu pour son design architectural épuré. Il a déjà réalisé deux ambassades américaines à Guatemala City et Niamey (Niger), ainsi que le consulat de Merida au Mexique.


Les 25 et 26 juillet, le Consulat et le Bureau des Opérations de Construction relevant du Département d’Etat américain ont tenu une rencontre avec des entreprises marocaines de BTP, « afin de susciter l’intérêt des entreprises et des fournisseurs souhaitant participer à la construction du nouvel édifice », informe par communiqué la représentation diplomatique américaine.


« La conférence, qui a eu lieu dans un grand hôtel de la ville, a attiré une quinzaine d’entreprises marocaines souhaitant collaborer avec les entreprises américaines sélectionnées pour construire le nouveau complexe », ajoute la même source.


 « Le cabinet d’architectes qui a conçu le projet a parcouru le Maroc pour inclure des éléments de design inspirés des traditions architecturales marocaines », poursuit-elle. Les travaux de construction devraient démarrer durant la deuxième moitié de l’année 2020.


Un terrain de près de 3 ha au coeur de Casa Anfa

En plein shutdown budgétaire, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo avait lancé le 27 décembre dernier, une consultation pour la construction de ce nouvel édifice pour un montant compris entre 165 et 195 millions de dollars.


Washington avait obtenu dans ce sens de la part de l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (AUDA), un terrain de plus de 28 000 m² situé au cœur de Casa Anfa, le nouveau quartier résidentiel et d’affaires qui abrite en particulier les tours de Casablanca Finance City, et celles des futurs sièges d’Attijariwafa bank et de la Banque Populaire.


Selon l’avis de sollicitation de soumissions pour la pré-qualification d’entreprises du bâtiment émis par le Bureau des opérations des bâtiments d’outre-mer (OBO) du Département d’Etat américain que Le Desk avait pu consulter, la diplomatie américaine projette la construction de ce nouveau complexe consulaire selon des normes dites « exceptionnelles ».


La Consule Générale Rasamimanana lors de la présentation du projet de construction du nouveau consulat aux entreprises marocaines. Courtesy US Consulate


Le site du projet, situé à 6,5 km au sud-ouest du centre-ville et du consulat actuel des États-Unis est desservi par des routes importantes et une ligne de tramway qui relie le centre-ville et le front de mer de la Corniche. C’est dans le quartier essentiellement résidentiel de l’ancienne Cité de l’Air délimité par la Rue de la Mer au nord, la rue de la Liserons à l’ouest, la rue de la Cité de l’Air à l’est, qu’une friche industrielle, fournie par le gouvernement marocain, et dont toutes les structures hors sol ont été retirées, que sera érigé le nouveau compound consulaire américain, peut-on lire sur l’avis.


Des conditions drastiques pour les contractants marocains

Il comprend la conception et la construction d’un nouveau bâtiment selon les normes environnementales les plus poussées pour le consulat, d’une annexe de support, de pavillons d’accès composés, d’un centre de filtrage du courrier, d’un bâtiment de services publics et de quartiers de gardes de sécurité maritimes. Le programme hors bâtiment comprend une clôture de périmètre, une piscine et un parking souterrain.


Les géants du BTP marocain sollicités devront ainsi démontrer de la réalisation de travaux de construction similaires et de même complexité d’une valeur contractuelle ou de sous-traitance d’au moins 124 millions de dollars tels que définis dans le cadre de la loi américaine Omnibus de 1986 sur la sécurité diplomatique et l’antiterrorisme.


BL Harbert International avait ainsi remporté en 2011 le contrat de construction de la nouvelle ambassade des Etats-Unis à Rabat, pour la bagatelle de 150 millions de dollars. Le groupe américain (qui avait déjà construit le compound à Tunis, en 2000) l’avait remporté sur ses rivaux Caddell Construction, ECC International, AICI-SP, et une joint-venture entre VCC et Futron Inc.


Le Département d’Etat américain cherche depuis une dizaine d’années, et pour des impératifs de sécurité (une opération kamikaze avait eu lieu en 2007 à proximité du lieu qui jouxte un centre de langue américain), à délocaliser son actuel consulat de Casablanca situé sur le boulevard Moulay Youssef, une artère très passante de la capitale économique.


Une note diplomatique confidentielle datant de mars 2008, révélée par Wikileaks, décrit, comment le Consulat fut victime de tentatives de corruption quand il voulut acheter un terrain pour disposer d’un lieu plus sécurisé. D’après ce courrier, transmis au Département d’État, il est indiqué que « plus de 30 endroits ont été identifiés, mais une vingtaine ont du être enlevés de la liste parce que les vendeurs ne voulaient pas signer un contra légal (…) D’autres ont refusé de vendre car ils attendaient que les prix montent (…) Parmi ceux qui étaient disposés à vendre nombreux étaient ceux qui voulaient de l’argent sous la table (… ) ».

Par
Le Desk Newsroom