Connectez-vous

ou

Abonnez-vous !
60 DH

1 mois
Découvrir les offres
Newsroom

CommerceElalamy veut réviser les accords de libre échange nuisibles à l’économie

29.11.2019 à 07 H 10 • Mis à jour le 08.12.2019 à 15 H 24
Par La rédaction
Le ministre de l'Industrie et du commerce a souligné que le gouvernement était prêt à considérer de manière globale tous les partenariats nuisibles à l'économie marocaine et à étudier les dossiers de manière rationnelle. Depuis 2006, les milieux d'affaires marocains réclament à grands cris une révision des accords commerciaux marocains parce qu'ils sont, à leurs yeux, injustes.

Face à la croissance alarmante de son déficit commercial, le Maroc reconsidère les accords de libre-échange qu’il a conclus avec d’autres pays, constate The Arab Weekly qui rappelle que les échanges commerciaux entre le Maroc et la Turquie ont atteint 2,7 milliards de dollars en 2018 et que Rabat avait, par mesure de protection, annulé l’exonération fiscale pour les textiles turcs.


Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie et du Commerce a déclaré que, dans une démarche considérée par beaucoup comme audacieuse et conforme aux plans de réforme économique, son département préparait une évaluation de tous les accords de libre-échange.


Bien qu’Elalamy n’ait pas identifié les accords ciblés, il a souligné que son ministère pourrait annuler ceux qui nuisent à l’économie du pays.


Les analystes s’entendent pour dire que les accords ne prévoyaient pas de mécanismes pour protéger les entreprises locales de la concurrence étrangère féroce. Ils ont déclaré que la décision de Rabat de réévaluer ses accords de libre-échange était le résultat de dommages causés à l’économie locale, comme l’indiquent les enquêtes du ministère qui ont confirmé le dumping global des marchandises importées, notamment de Turquie, sur le marché local.


Selon les analystes, les réalités imposent une nouvelle approche des accords commerciaux fondée sur l’adoption de ces accords avec les groupes régionaux, par opposition aux accords bilatéraux, afin d’éviter les chocs de concurrence.


Elalamy a souligné que le gouvernement était prêt à considérer de manière globale tous les partenariats nuisibles à l’économie marocaine et à étudier les dossiers de manière rationnelle.



Depuis 2006, les milieux d’affaires marocains réclament à grands cris une révision des accords commerciaux marocains parce qu’ils sont, à leurs yeux, injustes.


Les données de l’Office des changes indiquent que le déficit commercial du Maroc a augmenté de 2,4 % au cours des neuf premiers mois de 2019 par rapport à 2018. Entre le début de 2019 et la fin de septembre, le déficit a augmenté de 15,8 milliards de dollars, soit une augmentation d’environ 370 millions de dollars par rapport à la même période en 2018.


Les échanges commerciaux entre le Maroc et la Turquie ont atteint 2,7 milliards de dollars en 2018. Rabat a donc annulé l’exonération fiscale pour les textiles turcs, une décision prise par le ministère il y a plus d’un an pour protéger le secteur textile local. Les mesures transitoires de modification visées à l’article 17 de l’accord de libre-échange entre le Maroc et la Turquie concernant certains produits textiles et d’habillement ont également été appliquées.


La valeur des taxes sur les importations turques de produits textiles et d’habillement a été portée à 9 %. Le gouvernement marocain a justifié cette décision par les effets négatifs des importations turques sur le secteur textile local et les autres fournisseurs étrangers au Maroc.


Il y a 80 entreprises turques établies au Maroc qui travaillent dans les secteurs du textile, de l’alimentation et de l’ameublement et dans d’autres secteurs tels que l’immobilier, les travaux publics et les infrastructures.


De nombreux secteurs se plaignent d’inonder le marché de produits qui nuisent à leur position sur le marché local. L’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement a déclaré que c’était le cas dans le secteur du textile et de l’habillement.


L’association a accusé certains partenaires du commerce extérieur de mauvaises intentions dès le début puisqu’ils n’ont pas respecté leurs engagements d’importer des marchandises marocaines. Les exportations marocaines de textile et de cuir, par exemple, ont diminué de 1,2 % pour s’établir à 1,9 milliard de dollars, soit 12,9 % des exportations totales du Maroc.


Les exportateurs locaux ont souligné la nécessité de réviser l’accord de libre-échange du Maroc signé il y a 13 ans avec les Etats-Unis. Ils ont réclamé un accès plus facile pour de plus grandes quantités de produits marocains au marché américain et pour de meilleures opportunités de tirer profit des possibilités offertes par celui-ci.


Le président de l’association, Hassan Sentissi, a déclaré que l’accord de libre-échange avec Washington offre une série d’opportunités sur le marché américain que les exportateurs marocains n’ont pas pleinement exploitées. Il a attribué cette situation aux mesures strictes auxquelles ils sont confrontés et a appelé à une révision de l’accord et à la prise en compte des spécificités des petites et moyennes entreprises locales.


Le groupe parlementaire de la Confédération générale des entreprises marocaines a souligné que Rabat dispose d’un vaste réseau d’accords préférentiels et de libre-échange qui lui donnent accès à un marché potentiel d’un milliard de consommateurs à fort pouvoir d’achat dans le monde, mais que le fait de profiter de ces accords pose des défis majeurs.


L’ouverture et le libre-échange résultant de ces accords ont entraîné une forte accélération des importations, ce qui a entraîné un déficit commercial structurel. En 2000, le déficit s’élevait à environ 3 milliards de dollars. Il a grimpé à 5 milliards de dollars en 2003 et a doublé au cours des dernières années.


Les données du ministère de l’Économie indiquent que la hausse des exportations marocaines au premier semestre 2019 n’a pas eu d’incidence positive sur le déficit commercial. Les importations ont augmenté de 2,9 % pour atteindre 34 milliards de dollars, contre 19 milliards de dollars pour les exportations, malgré une hausse de 3,2 %.


Compte tenu du déficit commercial chronique du Maroc, la Direction des études financières et prospectives a recommandé une révision complète des accords de libre-échange du pays et la recherche de moyens de rééquilibrer les relations commerciales avec les entreprises les plus importantes.


Le rapport souligne la nécessité de renforcer l’arsenal de mesures protectionnistes pour lutter contre la concurrence déloyale et de renforcer les contrôles aux frontières pour lutter contre la contrebande, les fausses déclarations et la fraude, ce qui permettrait de préserver l’intégrité du marché intérieur.


Source : The Arab Weekly

Par La rédaction
Le Desk Newsroom