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IranLe général iranien Soleimani tué par une frappe américaine, Téhéran menace

03.01.2020 à 22 H 46 • Mis à jour le 03.01.2020 à 22 H 46
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Réuni dans la journée, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a dénoncé « la plus grande erreur stratégique américaine » dans la région, ajoutant que Washington paierait cet « aventurisme criminel ».

L’Iran a promis vendredi de venger la mort du général Qassem Soleimani, fer de lance de l’influence militaire de Téhéran au Moyen-Orient, tué dans une frappe menée en Irak à la demande expresse de Donald Trump, un événement aux conséquences imprévisibles dans un contexte de tensions déjà fortes entre Washington et Téhéran.


Qassem Soleimani était le commandant de la force Al Qods, l’unité d’élite des Gardiens de la révolution, un rôle qui lui valait d’être considéré comme le deuxième personnage le plus puissant du régime iranien derrière le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei.


L’armée américaine a procédé à son assassinat dans la nuit de jeudi à vendredi en bombardant le convoi dans lequel il se trouvait, à l’aéroport de Bagdad, tuant également Abou Mehdi al-Mouhandis, conseiller du général Soleimani et membre de haut rang de la milice irakienne Hachd al Chaabi.


L’opération a été lancée sur ordre de Donald Trump, une mesure « défensive » prise pour « protéger le personnel américain à l’étranger », a expliqué le Pentagone dans un communiqué.


« Cette frappe est destinée à dissuader l’Iran de tout projet d’attaque ultérieur », a précisé le département américain de la Défense, soulignant que les Etats-Unis continueraient de prendre les mesures nécessaires pour protéger leurs ressortissants et leurs intérêts dans le monde.


Washington soupçonnait Qassem Soleimani d’avoir “orchestré”  des attaques contre des bases de la coalition en Irak ces derniers mois et le tenait pour responsable des « attaques » survenues cette semaine contre l’ambassade américaine à Bagdad.


Les incidents de ces derniers jours ont envenimé les relations déjà délétères entre Washington et Téhéran, qui disposent chacun d’alliés dans la région –  Israël et l’Arabie saoudite dans le camp américain, le Hezbollah libanais et le Hamas, à Gaza, du côté iranien.


Dans un tweet diffusé plusieurs heures après la mort du général iranien, Donald Trump a déclaré que Soleimani préparait secrètement la mort de nombreux ressortissants américains, après en avoir déjà tué ou gravement blessé des milliers au fil des ans. « Il aurait dû être éliminé il y a de nombreuses années ! » a ajouté le président américain.


Selon le représentant spécial des Etats-Unis pour l’Iran, Brian Hook, Qassem Soleimani préparait une attaque contre des installations et des travailleurs américains en Irak, au Liban, en Syrie, entre autres pays, qui aurait pu coûter la vie à des centaines d’Américains. Le sénateur américain Marco Rubio a affirmé que Soleimani manigançait un coup d’Etat en Irak.


Inquiétudes d’Israël…

En Iran, les réactions indignées se sont succédé, du chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif condamnant une “escalade extrêmement dangereuse et insensée” , au chef de l’Etat, Hassan Rohani.


« Il n’y a aucun doute sur le fait que l’Iran et les autres nations en quête de liberté dans la région le vengeront », a prévenu le président iranien dans un communiqué, précisant que le « martyre de Soleimani » renforçait la volonté de Téhéran de résister encore davantage à « l’expansionnisme américain ».


Véritable détenteur du pouvoir en Iran, le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, a lui aussi prévenu qu’une terrible vengeance attendait les « criminels » ayant assassiné le général Soleimani.


Réuni dans la journée, le Conseil suprême de sécurité nationale a dénoncé « la plus grande erreur stratégique américaine » dans la région, ajoutant que Washington paierait cet « aventurisme criminel ».


L’Iran a officiellement protesté auprès d’un diplomate de l’ambassade de Suisse, qui représente les intérêts américains en Iran depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, dans la foulée de la révolution islamique de 1979.


Cette nouvelle poussée de fièvre suscite des inquiétudes dans de nombreux pays, particulièrement en Israël, où l’on craint des représailles de l’Iran.


Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a décidé d’écourter un déplacement en Grèce, a exprimé la solidarité de l’Etat hébreu avec son allié américain dans son « juste combat ». Selon la radio de l’armée israélienne, le niveau d’alerte des forces de sécurité du pays a été relevé d’un cran.


Macron veut éviter « une escalade dangereuse »

De nombreux pays de la région ou en Europe ont appelé toutes les parties à la retenue.


Emmanuel Macron s’est entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine et les deux hommes “sont convenus de rester en contact étroit au cours des prochains jours pour éviter une nouvelle escalade dangereuse des tensions” , a indiqué l’Elysée.


Les compagnies aériennes jordanienne et bahreïnie ont suspendu leurs vols vers Bagdad jusqu’à nouvel ordre.


La tension était déjà montée d’un cran après les frappes américaines menées contre des sites du Hezbollah irakien (Kataïb Hezbollah), un mouvement armé fondé par Al Mouhandis et soutenu par Téhéran. A la suite de ces frappes, de violentes manifestations se sont tenues mardi devant l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad.


Les cours du pétrole ont bondi de plus de 4 % vendredi en Asie après l’annonce de la mort du général.


Agé de 62 ans, le général Qassem Soleimani était depuis 1998 à la tête de la force Al Qods, une unité d’élite des Gardiens de la révolution chargée des interventions sur les théâtres extérieurs.


Figure des forces iraniennes dans son pays comme à l’étranger, il avait un rôle majeur dans l’influence grandissante de l’Iran au Moyen-Orient et avait notamment resserré les liens de Téhéran avec le Hezbollah, le gouvernement syrien de Bachar al Assad et des milices chiites en Irak.


Qassem Soleimani avait échappé ces vingt dernières années à plusieurs tentatives d’assassinat menées par des services occidentaux, israéliens et arabes.


Pour lui succéder, Ali Khamenei a nommé son adjoint depuis plus de vingt ans, le général Esmail Ghaani, précisant que la feuille de route de la Force al Qods ne changeait en rien.

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