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DiplomatieConférence sur la Libye: le Maroc très irrité par son exclusion

18.01.2020 à 18 H 03 • Mis à jour le 18.01.2020 à 18 H 34
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Le Maroc, qui avait présidé aux Accords de Skhirat en 2015, a exprimé, samedi, son « profond étonnement quant à son exclusion de la conférence prévue le 19 janvier à Berlin, en Allemagne, au sujet de la Libye », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Il estime que l’Allemagne, pays hôte, est « loin de la région et des complexités de la crise libyenne »

Le Maroc a exprimé, samedi, son « profond étonnement quant à son exclusion de la conférence prévue le 19 janvier à Berlin, en Allemagne, au sujet de la Libye ».


Un communiqué du ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’Etranger souligne que « le Royaume du Maroc a toujours été à l’avant-garde des efforts internationaux pour la résolution de la crise libyenne », relevant que Rabat « a joué un rôle décisif dans la conclusion des accords de Skhirat, qui sont, à ce jour, le seul cadre politique – appuyé par le Conseil de Sécurité et accepté par tous les protagonistes libyens – en vue de la résolution de la crise dans ce pays maghrébin frère ».


« Le Royaume du Maroc ne comprend ni les critères ni les motivations qui ont présidé au choix des pays participant à cette réunion », ajoute la même source, notant que « le pays hôte de cette conférence, qui est loin de la région et des complexités de la crise libyenne, ne saurait la transformer en instrument de promotion de ses intérêts nationaux ».


« Le Royaume du Maroc, quant à lui, poursuivra son engagement aux côtés des frères libyens et des pays sincèrement intéressés et concernés, afin de contribuer à une solution à la crise libyenne », conclut le communiqué.


Tripoli regrette l’absence de Tunis et Doha, mais pas celle de Rabat

Par ailleurs, la chancelière Angela Merkel a retiré de la liste des invités, le président tunisien Kaïs Saïed même si elle l’avait convié auparavant. Pourtant, la Tunisie est un pays frontalier de la Libye et la crise libyenne impacte durablement ses affaires intérieures.


En réplique, le ministère des Affaires étrangères du gouvernement de Fayez al-Sarraj a déclaré que : « la Tunisie est d’une importance capitale car elle est une voisine frontalière, abritant des milliers de déplacés libyens et sa sécurité fait partie de la sécurité de la Libye. »


Idem pour le Qatar, également écarté. Tripoli a estimé que la participation de la Tunisie et du Qatar pourront « soutenir les pourparlers de paix et l’instauration de la sécurité et la stabilité en Libye ». Cependant, note Yabiladi, le camp al-Sarraj n’a pas fait mention de la mise à l’écart du Maroc, alors que Rabat l’avait soutenu dans le cadre de l’accord de Skhirat de 2015, aujourd’hui manifestement dépassé.


Merkel recevant al-Serraj à Berlin. DR


L’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a estimé que ce pays avait « besoin que toutes les ingérences étrangères cessent », dans un entretien avec l’AFP samedi, à la veille de la conférence internationale à Berlin pour tenter de mettre fin au conflit libyen.


« Toute ingérence étrangère peut avoir un effet d’aspirine à court terme », a dit Salamé dans une allusion notamment au cessez-le-feu entré en vigueur le 12 janvier en Libye, à l’initiative de Moscou et d’Ankara.


« Mais la Libye a besoin que toutes les ingérences étrangères cessent. C’est un des objectifs de cette conférence » dans la capitale allemande, a-t-il assuré.


Le maréchal Haftar, homme fort de l'est libyen. DR


S’y retrouveront dimanche les dirigeants des puissances mondiales et des pays impliqués dans le conflit en Libye pour en particulier « consolider le cessez-le-feu ».


« Parce qu’on a aujourd’hui simplement une trêve. Nous voulons la transformer en un véritable cessez-le-feu avec observation, séparation (des deux camps rivaux, ndlr), repositionnement des armes lourdes (en dehors des zones urbaines), etc. »


« Il faut que cette trêve tienne », a-t-il insisté.


Le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU, Fayez al-Sarraj, et l’homme fort de l’est, Khalifa Haftar, dont les forces s’opposent depuis plus de neuf mois aux portes de Tripoli, dans l’ouest, avaient été invités à signer un accord de cessez-le-feu lundi à Moscou.


Ankara soutient Sarraj, y compris militairement, tandis que Moscou, malgré ses dénégations, est soupçonné d’appuyer le maréchal Haftar avec des armes, de l’argent et des mercenaires.


Si Fayez al-Sarraj a signé lundi le texte de l’accord, son rival est finalement reparti, à la surprise générale, sans le faire, après avoir d’abord demandé un délai de réflexion.


Les deux hommes ont été invités à Berlin, mais Salamé « ne croit pas » qu’ils puissent conclure un accord au cours de la conférence.


Dans leur déclaration finale, les chefs d’Etat devraient aussi s’engager à respecter l’embargo sur les armes imposé à la Libye depuis 2011, mais resté lettre morte.


Ils doivent aussi souligner leur appui à la relance du processus politique, par le biais d’une réunion inter-libyenne prévu pour avant la fin du mois à Genève, selon Salamé.


Lire aussi : Libye : les dessous de l’échec de l’Accord de Skhirat

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