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EconomieLa directrice du FMI appelle le Maroc à maintenir l’effort de réforme

15.02.2020 à 20 H 59 • Mis à jour le 15.02.2020 à 21 H 24
Par et
A la veille de sa visite au Maroc, la directrice du Fonds monétaire international (FMI) Kristalina Georgieva, a estimé que la résilience de l’économie du royaume « a été renforcée ». Sa croissance, inférieure à 3%, « devrait accélérer progressivement » toutefois, note-elle, l’effort de réforme doit être maintenu pour réduire les inégalités sociales et régionales

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a indiqué que le Maroc « a bien avancé dans la mise en place de conditions propices à une croissance plus élevée et plus inclusive, en dépit d’un environnement extérieur difficile ».


Dans un entretien à la MAP à Washington, à la veille de la visite de travail qu’elle entame lundi dans le Royaume, Mme Georgieva a relevé que « la résilience de l’économie a été renforcée, et la croissance devrait accélérer progressivement à moyen terme ».


« Toutefois, l’effort de réforme doit être maintenu : la croissance, aujourd’hui inférieure à 3 %, n’est pas assez forte pour créer suffisamment d’emplois et réduire les inégalités sociales et régionales. Le chômage demeure élevé, surtout parmi les jeunes et les femmes », a souligné la Cheffe de l’institution financière internationale.


Lire aussi : Education, santé… : des crises sociales dues au diktat du FMI


Pour Georgieva, « les autorités marocaines sont déterminées à continuer de mener une politique économique de qualité. Les principales réformes ont accéléré depuis 2018, surtout celles visant à améliorer la gouvernance publique (par exemple grâce à la promotion du programme e-government) et le climat des affaires (avec une intensification de la concurrence sur le marché national) ».


Evoquant l’agenda de sa visite, la première depuis sa prise de fonction à la tête du FMI en octobre 2019, elle a indiqué qu’elle chercherait à « mettre en avant le solide partenariat » qui existe entre le Maroc et le FMI, ainsi qu’à préparer avec les autorités marocaines l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale qui se tiendra en 2021 à Marrakech.


« Nous appuyons vigoureusement l’intention de nos partenaires du gouvernement d’accorder la priorité à l’inclusion sociale, aux réformes de l’éducation, à la décentralisation budgétaire et à d’autres mesures qui permettront de passer à une croissance davantage tirée par le secteur privé, inclusive et porteuse d’emplois », a indiqué la DG du FMI en soulignant que pour rehausser le potentiel de la croissance, il sera essentiel de « mener à bien » les différentes réformes en cours, ainsi que « de continuer à renforcer la gouvernance et à réduire la corruption, comme le reconnaissent d’ailleurs les autorités ». « Il s’agira aussi, pour y parvenir, d’accélérer les réformes fiscales à la suite des assises nationales 2019 sur la fiscalité, de continuer d’assouplir le régime de change afin de limiter les retombées éventuelles des chocs externes sur l’économie et de continuer d’améliorer la coordination et le ciblage des programmes sociaux », a-t-elle noté.


Le Maroc, un modèle de coopération avec le FMI

Pour Georgieva, « le Maroc est un modèle de véritable coopération entre le FMI et ses pays membres, avec une relation étroite sous la forme d’un mécanisme de précaution. Ce mécanisme fait office de ligne de crédit, en vue d’offrir au pays une solution de repli et de rassurer les investisseurs, ainsi que de renforcer la résilience de l’économie, d’accélérer la croissance et d’intégrer davantage le pays dans l’économie mondiale ».


L’assemblée annuelle, prévue l’an prochain à Marrakech, « constituera un jalon important pour le Maroc et le FMI, et nous permettra de réaffirmer notre partenariat étroit », a-t-elle encore souligné dans cet entretien. Et d’ajouter : « le Maroc est un endroit idéal pour l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui constitue un des rassemblements les plus importants et les plus ouverts de grands décideurs économiques du monde entier ».


« Nous sommes reconnaissants au Maroc d’avoir accepté d’organiser cette assemblée », a dit la DG du Fonds monétaire international qualifiant le Royaume « d’acteur économique de plus en plus incontournable et de passerelle vers l’Afrique et le Moyen-Orient ». Signe de l’importance de ce rendez-vous international, l’Assemblée annuelle comprend, explique-t-elle, « un ensemble de manifestations en marge de la réunion annuelle des conseils des gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale, qui représentent nos 189 pays membres ».


Lire aussi : Les objectifs macro-économiques du Maroc, déjà fixés avec le FMI jusqu’en 2021


Ce conclave rassemble en effet des gouverneurs de banque centrale, des ministres des finances, des représentants du monde universitaire, des chefs d’entreprise, des parlementaires, des membres d’organisations de la société civile, et des journalistes, qui ont ainsi l’occasion de débattre de questions d’envergure mondiale, dont les perspectives économiques, la stabilité financière, les politiques fiscales et budgétaires, la croissance et l’emploi, l’élimination de la pauvreté, le développement ou encore l’efficacité de l’aide.


Organisée tous les trois ans dans un des pays membres, l’assemblée annuelle réunit environ 12.000 personnes pour toute une semaine. La dernière assemblée organisée en Afrique remonte à 1973 à Nairobi, au Kenya.


« L’assemblée constitue pour le Maroc un tremplin sans égal pour se projeter sur la scène mondiale, présenter ses réalisations et mettre en avant son potentiel économique pour l’investissement et la croissance, ce qui pourrait se révéler bénéfique bien après la fin de l’événement », a indiqué la Directrice générale du FMI.


Dans cette interview accordée à la MAP, Giergieva a évoqué, d’autre part, le manque à gagner de la faible intégration économique au Maghreb et émis l’espoir que « les démarches diplomatiques en cours contribueront à une résolution pacifique et rapide du conflit libyen », soulignant que la « réduction des problèmes de sécurité et de l’incertitude géopolitique de manière plus générale renforcerait la confiance dans la région ».


« Le Maghreb est l’une des régions les moins interconnectées au monde sur le plan économique, et son potentiel d’intégration nous semble immense : les retombées seraient considérables. D’après notre analyse, le renforcement de l’intégration pourrait contribuer à long terme à relever la croissance d’un point de pourcentage en moyenne dans chacun des pays du Maghreb. En stimulant l’investissement, le commerce extérieur et la croissance, cette intégration créerait des emplois qui font cruellement défaut dans une région où un jeune sur quatre est au chômage », a affirmé la DG de l’institution monétaire internationale.

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