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Arabie SaouditeMBS fait arrêter deux princes rivaux accusés de haute trahison

07.03.2020 à 01 H 33 • Mis à jour le 07.03.2020 à 01 H 36
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Coup de force de Mohammed Bin Salman (MBS), héritier désigné du trône d’Arabie Saoudite, qui vient de faire arrêter ses deux rivaux pour la prise du pouvoir absolu : son cousin le prince Mohammed Bin Nayef (MBN) et son oncle, le prince Ahmed Bin Abdelaziz. Les deux personnalités les plus en vue du royaume sont accusés de tentative de coup d'État dans un contexte de tension absolue dans le royaume wahhabite

Les autorités saoudiennes ont arrêté un frère et un neveu du roi saoudien Salman Bin Abdelaziz Al Saoud et les ont accusés de trahison, selon une source proche de l’affaire citée par divers médias américains, dont l’agence Bloomberg. Une décision qui suit une série de mesures de répression contre les parents royaux du prince héritier Mohammed Bin Salman (MBS), l’héritier du trône.


L’ancien prince héritier Mohammed Bin Nayef (MBN), qui était en lice pour devenir roi avant d’être mis sur la touche, et le prince Ahmed Bin Abdulaziz Al Saoud –  un frère du roi actuel –  ont été arrêtés le 6 mars. Le frère de Mohammed Bin Nayef, Nawaf, a également été détenu avec lui lors d’un raid sur leur campement dans le désert. La nouvelle a été rapportée le Wall Street Journal. Les interpellations ont eu lieu tôt vendredi matin lorsque des gardes de la cour royale portant des masques et vêtus de noir ont débarqué chez les deux hommes, les ont placés en garde à vue et ont perquisitionné leurs domiciles, rapporte le journal américain.



L’ambassade saoudienne à Washington  n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de la part des médias américains.


Depuis que le roi Salman est monté sur le trône en 2015, son fils de 34 ans, le prince MBS a consolidé son pouvoir grâce à une offensive sans précédent contre les opposants potentiels de la famille, en arrêtant d’autres princes et en les démettant de postes clés alors qu’il prenait le contrôle de ministères et de grandes institutions. Le prince Mohammed Bin Nayef est son cousin aîné, le précédent héritier du trône et ministre de l’intérieur, avant d’être écarté en 2017.



Le prince Ahmed et MBN, tous les deux anciens ministres de l’Intérieur, et donc influents dans l’appareil sécuritaire saoudien, ont été marginalisés depuis que MBS a pris les rênes du royaume par la volonté de son père, le roi Salman.


Plus tard cette année-là, l’actuel prince héritier s’est lancé dans la plus vaste opération de répression contre d’autres membres de la famille royale de l’histoire du royaume, ordonnant aux forces de sécurité d’arrêter les princes seniors et les hommes d’affaires importants dans le cadre de ce qui a été déclaré comme une répression de la corruption.


Le prince milliardaire Al Waleed Bin Talal a été détenu à l’hôtel Ritz Carlton pendant des mois, et le prince Miteb, fils de feu le roi Abdullah, a été démis de ses fonctions de chef de la puissante Garde nationale. Bien qu’ils aient été libérés par la suite, de nombreux membres de la famille royale –  dont le prince Turki Bin Abdullah, un autre fils de l’ancien roi –  restent assignés à résidence où se voient interdire de voyager à l’étranger.



Pourtant, les arrestations de vendredi vont encore ébranler la hiérarchie du royaume. Un frère du roi Salman, le prince Ahmed, est l’un des seuls fils survivants du premier roi d’Arabie Saoudite, et était autrefois considéré comme un candidat potentiel au trône. Il est également un membre éminent du conseil d’allégeance, un groupe de dignitaires qui vote sur les questions de succession.


En 2018, il est apparu dans une rare vidéo s’adressant à des manifestants à Londres, suscitant la controverse sur les discordes potentielles dans les rangs de la famille au pouvoir. Il a ensuite publié une déclaration de clarification pour écarter les questions relatives à sa loyauté. En octobre 2018, il est revenu dans le royaume après une période passée à l’étranger.


La famille royale saoudienne compte des dizaines de milliers de membres. Si beaucoup d’entre eux jurent fidélité à l’actuel prince héritier, la consolidation de son pouvoir a marginalisé ou aliéné d’autres membres de la famille. La récente propagation du nouveau coronavirus, et avec elle la perspective d’une période prolongée de baisse des prix du pétrole, n’ont fait qu’intensifier les risques potentiels pour le royaume dépendant du pétrole.



Ces risques ont été exacerbés après que la Russie ait refusé vendredi d’accéder à la demande de l’Arabie Saoudite de réduire la production et de soutenir les prix, ce qui a fait chuter les prix du pétrole de plus de 9 %, le plus haut niveau depuis 2008.


« Les défis du leadership saoudien ont fait boule de neige ces derniers jours », a déclaré Ayham Kamel, responsable du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au sein du cabinet de conseil Eurasia Group. Il a ajouté que les récents développements pourraient avoir rendu la branche de la famille royale du roi Salman et du prince héritier Mohammed « plus sensible aux risques de coup d’État », et que « ces mesures élimineraient les obstacles les plus sérieux à un changement potentiel de direction ». La cour royale a déclaré aux membres du conseil d’allégeance que le prince Ahmed et le prince Mohammed bin Nayef préparaient un coup d’État, selon une source citée par l’agence Bloomberg.


Selon des informations non certifiées relayées sur les réseaux sociaux, le roi Salman, âgé de 84 ans, serait agonisant, c’est ce qui aurait poussé MBS à écarter ses deux rivaux qui pouvaient lui barrer la route du trône. La gravité des accusations pourrait sceller le sort des deux princes par un emprisonnement à vie, voire la peine capitale.

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Le Desk Newsroom