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Gender EqualityLe CFA souligne les enjeux de la parité dans les entreprises au Maroc

12.03.2020 à 13 H 52 • Mis à jour le 12.03.2020 à 13 H 52
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Le Club des Femmes Administrateurs d’entreprises au Maroc (CFA) qui regroupe une soixantaine de dirigeantes et de hauts cadres, a tenu un point de presse le 10 mars dans les locaux de la Bourse de Casablanca. Objectif : revenir sur les enjeux de la présence des femmes dans les organes de gouvernance et l’action de CFA dans ce cadre. Compte-rendu

La Bourse de Casablanca a annoncé lundi avoir pris part à l’initiative internationale « Ring the Bell for Gender Equality » organisée annuellement à l’occasion de la Journée internationale des droits des Femmes.


Initiée par International Finance Corporation (IFC), Sustainable Stock Exchanges (SSE) Initiative, ONU Global Compact, ONU Femmes, Women in ETFs et la Fédération internationale des Bourses (WFE), cette manifestation a pour but d’inciter la communauté financière internationale à favoriser l’accès des femmes à des postes de responsabilité.


Elle a également pour objectif de promouvoir l’égalité hommes-femmes et d’inciter les entreprises marocaines, notamment cotées, à adopter la parité des genres dans l’accès aux postes de responsabilité.


A cette occasion, le directeur général de la Bourse de Casablanca, Karim Hajji, cité dans un communiqué, a indiqué que la Bourse de Casablanca soutient fortement l’égalité Hommes-Femmes en général et dans le milieu professionnel en particulier, ajoutant qu’en prenant part au Ring the Bell international, « nous souhaitons promouvoir la parité des genres notamment auprès des sociétés cotées comme moyen de développement dans le secteur boursier et financier ».


Pour la 4ème fois, à l’instar des principales bourses internationales, la Bourse de Casablanca a pris part à cette initiative internationale à travers la symbolique cérémonie « Ring the Bell for Gender Equality » et une rencontre organisée en partenariat avec le Club des Femmes Administrateurs d’entreprises au Maroc (CFA).


CFA souligne l’intérêt général de la femme administrateur au Maroc

A cette occasion, CFA a tenu un point de presse pour revenir sur les enjeux de la présence des femmes dans les organes de gouvernance et l’action de CFA dans ce cadre.


Depuis sa fondation en mars 2012, le CFA, qui regroupe une soixantaine de dirigeantes et de hauts cadres, n’a cessé de militer en faveur d’une contribution renforcée des femmes au développement des entreprises du Maroc, dans le sillage de la stratégie de développement durable engagée par le royaume.


Doté d’organes de gouvernance, le CFA offre à ses adhérentes un espace d’échange et d’information en plus d’être depuis sa création membre du réseau international Women Corporate Directors (WCD). Il vient en outre de signer un partenariat avec The Boardroom Africa, un réseau panafricain.


Aujourd’hui en phase de maturité, le CFA est convaincu, comme l’a affirmé sa présidente, Amina Figuigui, que la présence renforcée des femmes à de hautes fonctions dans les entreprises tant publiques que privées est d’abord un enjeu d’intérêt général et de performance économique. Un point de vue partagé par Nezha Hayat, présidente de l’AMMC (régulateur des marchés des capitaux) et co-fondatrice du CFA qui a présenté à l’assistance en clôture de l’événement, les mesures prises par l’AMMC pour renforcer la présence des femmes dans les organes de gouvernance des sociétés faisant appel à l’épargne publique.


Le Maroc peut mieux faire pour atteindre les standards internationaux

A ce titre, il est à souligner que les sociétés cotées comptent au Maroc 15 % de femmes administrateurs, selon les données les plus récentes de l’AMMC, alors que ce chiffre n’était que de 7 % en 2012, selon une étude menée par MAGG, IMA et ONU-Femmes.


Si l’on se réfère à l’étude menée en 2015 par la Banque africaine de développement (BAD) sur les femmes dans les conseils d’administration des entreprises du continent, le Maroc était 11 ème sur les pays africains étudiés.


Une situation qui demeure encore loin de la parité souhaitée. En France, championne dans le domaine devant la Norvège (40 %), la féminisation de ces instances a atteint 43,7 % du SBF 120 (parmi lesquelles les entreprises du CAC 40), alors qu’il y a 20 ans, ce taux n’était que de 11 % dans les grandes sociétés de l’Hexagone. Un score aidé, comme dans d’autres pays européens, grâce à l’adoption d’une réglementation contraignante. Dans le monde, la moyenne observée des de 17,9 %.


L’effort dans ce sens se justifie par la corrélation entre la présence des femmes au sein des instances dirigeantes des entreprises et leur performance financière, non financière et boursière. Selon une étude de McKinsey en 2017, la marge opérationnelle est en moyenne 20 % à la moyenne sectorielle dans les 53 entreprises ayant le plus de femmes dans leurs conseils sur un échantillon de 210 sociétés monitorées.


Sur le plan mondial (un échantillon de 300 entreprises), celles comptant le plus de femmes dans leurs comités exécutifs affichent un écart positif de rendement des capitaux propres de 47 % et une proportion supérieure de 55 % des résultats d’exploitation par rapport à celles qui n’en comptent aucune, rapporte la même étude.


L’effet est significatif dès la première présence d’une femme dans leur board de direction, comme l’atteste une autre étude menée par le Crédit Suisse en 2018 : le rendement sur fonds propres bondit à 15,2 % dans ces cas, tandis qu’il plafonne à 11 % dans le cas de directions exclusivement masculines.


Un constat d’ailleurs partagé par un rapport du FMI datant de 2016 qui établit un lien direct positif entre diversité des sexes et performances financières et rendements d’actifs dans plus de 2 millions d’entreprises en Europe.


Ce n’est donc pas une surprise lorsque l’on sait que les agences de notation telles que Moody’s ou Fitch incluent cette norme de parité dans leurs batteries de critères pour évaluer les risques de gouvernance des compagnies non financières. Résultat : quand une entreprise affiche un taux de diversité inférieur à 30 %, elle s’écarte de ses normes globales. Aussi, les sociétés les plus notées comptent le plus de femmes parmi le top management, relève le média belge L’Echo dans un article du 2 mars 2020.


De nombreux fonds d’investissement ont à ce titre créé des compartiments fondés sur le genre. C’est le cas de BlackRock, premier gestionnaire d’actif au monde (+ 500 MM $ d’actifs sous gestion) qui, à l’instar d’autres, a fait savoir aux entreprises dans lesquelles il investit qu’elles devront se justifier quand moins de deux femmes siègeront à leur conseil d’administration, à défaut de quoi, elles s’exposent à des votes sanctions, rapporte l’étude de McKinsey…

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Le Desk Newsroom