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Covid-19Marocains privés de leur patrie: le drame face au silence de l’Etat

05.05.2020 à 16 H 34 • Mis à jour le 05.05.2020 à 16 H 34
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La situation des Marocains bloqués à l’étranger se complique de plus en plus. La peine de l’éloignement de leurs proches est doublée d’une situation humanitaire et sociale critique, tandis que le gouvernement continue de faire la sourde oreille

Le temps passe et la situation des Marocains bloqués à l’étranger semble toujours sans issue. Cela fait 53 jours que 18 226 personnes demeurent bloquées à l’étranger, suite à la fermeture des frontières maritimes, terrestres et aériennes officialisée le 14 mars.


Le chiffre, communiqué par la ministre déléguée chargée des MRE, Nezha El Ouafi, inclut également les 2 375 ressortissants qui ont pu être pris en charge, au 15 avril, par les missions diplomatiques (logement, frais d’hospitalisation si besoin et provisions). Les consulats sont d’ailleurs à pied d’œuvre pour tenter de soigner leur image en ces temps de crise, on en veut pour preuves les nombreuses interviews publiées dans la presse tant nationale qu’étrangère.



Adoptant un profil bas malgré les interpellations incessantes qui lui sont adressées, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères avait pour seule réponse fait diversion en accusant les autorités néerlandaises de trier leurs ressortissants encore présents sur le sol marocain, donnant d’après lui la priorité au retour aux porteurs de la seule nationalité batave.


Pourtant, son audition devant une commission parlementaire devait être consacrée au seul cas des Marocains pour lequel il a concédé le caractère « exceptionnel » renvoyant toutefois la balle vers son collègue de la Santé qui devrait accoucher d’un plan sanitaire afin d’organiser au mieux leur retour.



Mais depuis et en dépit des promesses, aucune solution n’a été mise sur la table. Seul le ministère de l’Intérieur, selon les propos de Abdelouafi Laftit devant la Commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants, a évoqué des démarches auprès des quelques centaines de Marocains coincés à Ceuta (Sebta) et Melilla. Selon des sources médiatiques, l’Espagne aurait même proposé d’effectuer les tests nécessaires à ce contingent avant leur rapatriement par Rabat.


Dans un texte largement partagé par les ressortissants bloqués, le silence des élus est dénoncé face à des Marocains se retrouvant « sans ressources, certains sans visas, tels des clandestins  ». « Les Marocains bloqués à l’étranger subissent la crise sanitaire doublée d’une crise humanitaire sans nom, sans visage et pire, sans écho », est-il indiqué.



Sur les réseaux sociaux, les Marocains bloqués n’hésitent pas à interpeller institutions, personnalités officielles et médias, témoignant de l’urgence de leur situation.


Un hashtag #On_Veut_Rentrer_Chez_Nous afin d’alerter sur la situation a été tout récemment initié par un groupe sur Facebook qui rassemblent déjà plus de 7 000 personnes.

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