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Polémique L’administration pénitentiaire gênée par les déclarations du journaliste Hamid El Mahdaoui

22.07.2020 à 12 H 37 • Mis à jour le 22.07.2020 à 13 H 00
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A peine sorti de prison, Hamid El Mahdaoui s'attire déjà les foudres de l'administration pénitentiaire. En cause, ses interviews vidéos où il revient sur ses conditions d'incarcération mais aussi celles des autres détenus

Deux jours auront suffi pour que la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) se fende d’un communiqué reprochant à Hamid El Mahdaoui « ses déclarations irresponsables visant à porter atteinte à l’image de l’institution pénitentiaire ». En cause, pas moins d’une dizaine d’interviews accordées à des médias de la place, dont certaines dépassant les 10 minutes, où l’ancien patron de Badil.info revient sur ses conditions d’incarcérations et les différentes péripéties l’ayant opposé à l’administration dirigée par Mohamed Saleh Tamek.


Le journaliste avait été libéré ce 20 juillet, après avoir purgé sa peine de trois ans de prison ferme, pour « non-dénonciation d’une tentative de nuire à la sécurité intérieure de l’Intérieur ». Devant la prison de Tifelt 2, le journaliste a été accueilli par sa famille, ses proches, des journalistes et de nombreux militants des droits humains l’ayant soutenu. Avant Tifelt 2, Hamid El Mahdaoui séjournait notamment à la prison de Ain Sebaa.


Dans ses interviews réalisées depuis la porte de la prison, le seuil de sa maison ou encore son salon, Hamid El Mahdaoui étrille, dans un verbe auquel il avait habité les nombreux spectateurs de ses vidéos Youtube, notamment la nourriture servie aux détenus. « On nous ramène un poisson étrange, haché, que personne n’arrive à manger », insistant sur « les plats qui ont l’air de tout, sauf d’être équilibrés » et rappelant qu’à chaque fois qu’on dénonce ces conditions, « un communiqué de Tamek vient te démentir. Nous sommes devenus un pays des communiqués ». Dans son communiqué, l’administration pénitentiaire explique que la nourriture est sous-traitée à une société qui respecte toutes les conditions nécessaires.


Au sujet de son état de santé, El Mahdaoui affirme également avoir souffert d’un problème au niveau de la peau, du aux vêtements qu’on impose aux détenus de porter, avant chaque consultation médicale. « Il est de mon droit aujourd’hui de porter plainte contre l’administration pénitentiaire. Elle engage sa responsabilité civile vu qu’en entrant chez eux, je ne souffrais d’aucun problème de peau », raconte-t-il, dans un récit similaire à de nombreux médias, dont notamment Alhayatalyaoumia, aldar.ma ou encore Hespress.



Dans ses interventions, Hamid El Mahdaoui insiste sur le fait que souvent, en prison, « le sécuritaire » prend le pas sur ce qui est relatif au respect des droits humains. « On réfléchit à mettre un lit et un matelas pour que le prisonnier puisse dormir tranquillement, mais on l’enlève parce qu’il a peur qu’il le brûle », cite comme exemple, parmi tant d’autres, l’intéressé.


Autant d’exemples donnés à la presse, dans un style propre au journaliste Hamid El Mahdaoui, qui ont rapidement gêné l’administration pénitentiaire. Dans son communiqué prenant la forme d’un démenti, l’institution dirigée par Tamek n’hésite pas à rappeler que le journaliste a eu la possibilité de consulter à « 50 reprises un médecin généraliste, en plus de 47 consultations chez le dentiste et un seule consultation chez un dermatologue ». Au sujet du vêtement imposé à Hamid El Mahdaoui, la DGAPR précise qu’il était à chaque fois propre.


Dans une de ses interview, El Mahdaoui affirmait notamment qu’aucune précaution sanitaire, due à la pandémie du Covid-19, n’était observée par les fonctionnaires de la prison ou encore par les détenus. Ce que la DGAPR nie dans son communiqué.


Pour conclure son communiqué, la DGAPR ajoute que si «  l’individu en question croit en la primauté du droit et le considère comme étant issu de la volonté du peuple, il devrait de ce fait respecter les institutions, dans la mesure où les déclarations qu’il a pu donner sont contradictoires et touchent à ces institutions et à ses lois ». Pour la DGAPR, « certaines parties poussent et utilisent El Mahdaoui en vue de porter atteinte aux institutions ».


Dans ses nombreuses déclarations données à la presse, Hamid El Mahdaoui, sur un tout autre sujet, n’hésite pas à exprimer sa déception face au travail du CNDH qu’il dit l’avoir abandonné. Répondant aux questions des journalistes, le journaliste ne manque également pas de souligner que son site Badil.info refera surface et qu’il n’est question que de temps.





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Le Desk Newsroom